Bertrand (Piet) VAN HARSSEL – 1918-1985

Bunyuka, 1948.
« Ce matin, j’ai reçu votre lettre, datée du 16 avril ou 16 août
1947, dans laquelle vous m’annoncez que ‘sur ma demande, le P. Général m’a
affilié à la Province de Belgique. Pour éviter des difficultés pour plus
tard, je crois devoir vous faire savoir
que je n’ai jamais demandé cette affiliation. Je sais qu’à beaucoup
d’autres missionnaires au
Congo, on a demandé officiellement de quelle Province ils voulaient faire
partie. Quant à moi, quelque temps avant mon départ au Congo, le P.
Provincial de
Belgique m’a transmis une lettre d’obédience: notum te translatum fuisse de
Prov. Hollandiae ad Prov. Belgii pro
sexennio. La lettre a été signée à Paris le 27 août 1946 par le P. Jude
[Verstaen]. J’ai donc pensé que pour moi cette affaire avait été arrangée
et qu’après ces six ans je pourrais encore choisir. Seulement je tiens à
vous faire savoir que je suis pleinement d’accord avec la décision du P.
Général et que si l’on m’avait demandé de faire mon choix, j’aurais choisi
en faveur de l’affiliation à la Province de Belgique. Je vous demande
donc de ne pas revenir sur la décision prise et de maintenir mon
affiliation temporaire. J’espère ne pas vous procurer trop de difficultés à
ce sujet ». P. Bertrand.

Religieux de la Province des Pays-Bas. Débuts. Petrus-Antonius Van -Harssel est né le 26 novembre 1918 à Tilburg aux Pays-Bas. En 1930, il entre à l’école apostolique Sainte-Thérèse de Boxtel pour ses études secondaires (1930-1937). Le 26 septembre 1937, il prend l’habit, sous le nom de Frère Bertrand, au noviciat de Taintegnies. Le 27 septembre 1938, il y prononce ses premiers voeux. Le P. Domitien Meuwissen écrit à cette occasion: « Le Frère Bertrand voudrait acquérir davantage d’énergie. C’est à combattre sa rnollesse qu’il s’est surtout appliqué. Il a fait de grands progrès dans le domaine de la piété et de la mortification. Il manifeste des goûts pour la peinture ». Après avoir étudié la philosophie au scolasticat de Saint-Gérard et après avoir connu la France au début de la guerre, il fait sa théologie à Bergeyk. Il est profès perpétuel le 27 septembre 1941 à Bergeyk et il est ordonné prêtre le 23 avril 1944. Après une première année à Moergestel et une seconde à Blerick, le Père Bertrand qui par la suite reprendra son premier prénom de baptême sous la forme Piet, part en mission au Congo belge où il va oeuvrer en différents postes (Bunyuka pendant six ans, Béni pendant trois ans, Luofu pendant 4 ans), de 1946 à 1964. Missionnaire au Congo. Le P. Piet est passé par plusieurs postes successivement. Par deux fois, en 1961 et en 1964, il doit rentrer aux Pays-Bas pour se refaire une santé et retrouver son équilibre. Volontaire au delà de ses possibilités, il retrouve la mission, mais ne se trouve nulle part à son aise. C’est ainsi qu’il passe très vite de Luofu à Béni-Cité et à Bunyuka. C’est à ce poste que le docteur lui conseille de rentrer définitivement en Europe. Lui-même d’ailleurs ne cache pas ses préférences pour telle ou telle assignation.. Page :207/207 Sans doute par instinct idéaliste, il cherche à introduire des habitudes de paroisse dans un diocèse très vaste: c’est ainsi qu’il souhaite acclimater la pratique inadaptée d’une messe scolaire quotidienne pour les élèves d’une seule classe. Ministère aux Pays-Bas. Pour raison de santé, en 1964, le Père Piet rentre aux Pays. Rattaché à la communauté de Herkenbosch, il se livre au ministère dans diverses paroisses, puis devient vicaire à Saint- Antoine de Best. La hantise de la mission le fait revenir au Congo, devenu Zaïre, en avril 1966. Il ne fait que passer d’un poste à l’autre. Après les événements que la région a vécus pendant ses deux ans d’absence, il ne retrouve pas la mentalité d’antan. Sa santé l’oblige à nouveau à rentrer dans son pays natal en mai 1967. Après un temps de convalescence, il devient vicaire à la paroisse Saint-Pierre de Boxtel, charge qu’il remplit jusqu’en 1984. Un an durant, il rend encore quelques services dans la même paroisse. Hospitalisé en mars 1985 à Bois-le-Duc, il y est opéré d’une tumeur aux reins. Après une année de souffrances, réconforté par le sacrement des malades, il décède à l’hôpital le 28 avril 1985. Après la célébration de l’Eucharistie en l’église Saint-Pierre de Boxtel, il est inhumé au cimetière de la Province, à Boxtel, le 3 mai. Aperçu sur la fondation de la mission Assomptionniste au Congo-Zaïre. ]La fondation de la mission assomptionniste au Congo par la Province alors unie de Belgique- Hollande débute en octobre 1929. Elle se développe dans le cadre de la province du Kivu, à l’Est de cet immense pays d’Afrique équatoriale qui fut une colonie personnelle du roi Léopold 11, accéda à l’indépendance en juin 1960. L’Assomption reçoit comme territoire de mission une portion du grand diocèse de Stanleyville et établit son centre à Béni. Le P. Henri Piérard (1893- 1975) qui fait partie de la première équipe en 1929, est placé à la tête de ce qui devient en 1934 une mission sui juris, avant d’être nommé vicaire apostolique en 1938 du nouveau diocèse de Béni. La mission se développe rapidement. Mgr Piérard se préoccupe de susciter un clergé indigène en fondant le séminaire de Musienene en 1942 et des Congrégations religieuses autochtones, notamment les Sœurs de la Présentation (1946) et les Frères de l’Assomption (1954). Page :208/208

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 116-117. De Scha e (210-3). Marc Champion, Province du Zaïre, religieux défunts 1929-1994, Butembo, 1994, p. 60-61. P. Lieven Bergmans, Cinquante ans de présence assomptionniste au Nord-Ki- vu 1929-1979, 1979, 195 pages. Lettre du P. Bertrand Van Harssel au P. Gervais Quenard, Bunyuka, 14 août 1948. Dans les ACR, du P. Bertrand Van Harssel, notes sur la mission au Congo (Mbao, Luofu), correspondances publiées dans De Schakel (1947-1964). PP. Marc Champion et Denis Malonga, Un siècle d’évangélisation de Butembo-Béni, 1998, 34 pages.