Bonaventure (Firmin Adolphe) BLANC – 1886-1958

Faire-part.

« Mon Père, Je vous fais par venir le document de profession du Frère
Andrew O’Dell. Il fera profession perpétuelle au cours du mois de janvier.

La maison est en deuil pour le moment, à cause de la mort de notre
bien-aimé sous-prieur le P. Bonaventure Blanc qui était un des fondements
de la maison, Le jour même de sa mort, nous venions
d’apprendre des Inspecteurs du Ministère d’Education que le collège
d’Hitchin est définitivement reconnu par le gouvernement. Vous vous
rappeliez qu’il y a cinq ans
nous n’étions reconnus que provisoirement.

Le P. Bonaventure avait passé ses derniers jours à prier continuellement
pour le succès de cette inspection et il nous semblait curieux qu’il fût
mort subitement, moins d’une heure après que nous avions reçu la bonne
nouvelle! La messe de Requiem et l’enterrement auront lieu mercredi
prochain le 19 à 11.30 a.m.

Je m’excuse de vous avoir infligé cette longue épître et je recommande la
communauté et le collège à vos bonnes prières ».

Philipe Lemmon, Hitchin

16 nov.1958.

Religieux français de la Province d’Angleterre.

Un dauphinois de souche.

Né à Auberives-en-Royans dans l’Isère, au pied du Vercors le 12 janvier 1886, le jeune Firmin fait ses classes primaires à l’école de son village de 1891 à 1899. Il entre alumniste à Miribel-les- Echelles (Isère) de 1899 à 1904. Après un temps de postulat à Louvain, sous la direction du P. Benjamin Laurès, il prend l’habit le 18 septembre 1904 sous le nom de Fr. Bonaventure et, trois mois plus tard, part pour Jérusalem où il achève son année de noviciat canonique sous la direction du P. Léonide Guyo. Il y prononce ses premiers vœux le 16 octobre 1905 et re- vient à Louvain pour la deuxième année où il commence l’étude de la philosophie (1906- 1909). Selon la coutume, il interrompt le temps des études pour une maison d’œuvres, le Bizet (Belgique) où il enseigne deux ans, de 1909 à 1911: ses élèves ont gardé de lui le souvenir du professeur un peu rude d’aspect, mais d’humeur égale, bon et soucieux de leur bien. Il repart alors pour Jérusalem faire ses études de théologie à Notre-Dame de France (1911-1914): il y est ordonné prêtre le 17 mai 1914 par Mgr Camassei, patriarche latin. En le présentant au sacerdoce, son supérieur le signale comme un bon religieux, confiant, surnaturel, compensant par un grand dévouement ce qui lui manque peut- être en distinction. En août 1914, ses 28 ans le rendent mobilisable dans la 14ème section d’infirmiers et il prend part aux opérations de l’armée d’Orient, en Macédoine jusqu’en septembre 1919.

Au service de l’Assomption anglaise 35 ans.

En novembre 1919, ses supérieurs l’envoient comme professeur et formateur au petit alumnat de Londres, à Bethnal Green, alumnat fondé en 1911 d’où proviennent les dix premiers assomptionnistes du pays.

En 1925, le P. Bonaventure est nommé au collège Saint-Michel d’Hitchin où la Congrégation vient prendre la relève des religieux de St-Edme. C’est là que le P. Bonaventure prend la décision de se faire naturaliser anglais et qu’il va passer le reste de sa vie. Il y enseigne les lettres classiques, latin, grec et français. En 1946, il demande officiellement à être affilié à la Province d’Angleterre nouvellement créée et l’année suivante, souffrant déjà d’une myocardite accentuée, il quitte le professorat, tout en restant actif, se livrant au ministère de la confession dans plusieurs couvents de religieuses. Sa santé le préoccupe déjà fortement si nous en croyons sa lettre du 12 décembre 1946: « Il y a un mois, le P. James m’avait fait part de votre intention de me faire revoir Jérusalem. Cette idée m’avait toujours souri, mais je crains fort que, pour le moment du moins, mon état de santé ne me permette de répondre à cette invitation. Dès 1943, le Dr de Bethnai Green m’avait trouvé une myocardite accentuée. Je suis revenu à Hitchin en 1944. Dernièrement le Dr de Letchworth qui me connaît depuis 20 ans m’a ausculté et a déclaré au P. James que le cœur n’était pas en bon état et que je devais prendre les choses en douce. C’est la traduction de l’anglais ‘take things quietly’. Il a dit que pour le moment ce n’est pas ‘advisable’ d’aller faire un voyage en Orient..».

Une mort-surprise.

En 1957, le P. Bonaventure a un sérieux accident de santé qui l’oblige à se ménager davantage. C’est en novembre 1958 qu’il entre à l’hôpital français de Brighton. Il y est visité le 12 novembre par le P. Ambrose Moss, curé de New Haven, lequel le trouve dans un grand état de fatigue. Le 13 novembre, après sa promenade habituelle dans le jardin de l’hôpital, le P. Bonaventure se met au lit, se plaignant du froid. Vers 16 h. on le trouve mort dans son lit. Compagnon très aimable, professeur dévoué, il laisse l’impression d’un grand vide, son décès subit créant une surprise pénible. Il est inhumé le mercredi 19 novembre 1958 à Hitchin.

Bibliographies

Bibliographie et documentation : B.O.A. juin 1959, p. 56. Lettre à la Famille, 1959, n° 262, p. 149-150. The Assumptionist (Hitchin), 1958, 9d, p. 16-17. Le P. Bonaventure Blanc a laissé dans les archives de Rome une correspondance nourrie (1909-1947), notamment pendant les années de la guerre 1914-1918.