Camille (Albert-Francois) LAMBOTTE – 1915-1954

Portrait.
« Du point de vue intellectuel, l’étudiant Frère Camille est remarquables
Très doué, il obtient de grands succès en philosophie. En théologie, il a
une facilité étonnante et une grande mémoire. Du point de vue religieux,
déjà au noviciat, on remarque son humilité. C’est un étudiant sérieux,
profond, qui cependant peut être enjoué. Il est toujours content, toujours
timide aussi. A la veille de son ordination, son supérieur, le P. Polyeucte
Guissard, observe qu’il est délicat, convaincu et qu’il gagne à être connu.
Ceux qui
ont eu le bonheur d’entrer dans son intimité, savent que, sous un extérieur
un peu négligé, se cachaient des qualités magnifiques. Le Père était très
bon prêtre, excellent religieux. Il était travailleur consciencieux.
Pendant 13
ans, il a mené une vie régulière de professeur, soucieux de bien donner ses
cours, de former des âmes sacerdotales dans les élèves qui lui étaient
confiés, acceptant sans aucune
hésitation de laisser une classe supérieure pour en prendre une autre moins
en vue. La susceptibilité ou la vaine
gloire n’a jamais trouvé place dans son âme… ».
P. Stéphane Lowet, Provincial de Belgique.

Religieux de la Province de Belgique.

Un solide intellectuel.

Né le 9 septembre 1915 à Tamines (Province de Namur), en Belgique, Albert-François Lambotte commence sa scolarité chez les Frères des Ecoles chrétiennes à l’Institut Saint-Louis de Gonzague (1921-1927) et les poursuit dans les alumnats de l’Assomption: Bure (1927-1930), Sart-les-Moines (1930-1932). Tout de suite, ses aptitudes intellectuelles le classent parmi les premiers de son cours. Ardent au jeu, porté à la pratique des sports, il est d’une piété discrète et sans ostentation, mais réelle et profonde. C’est au pied du cercueil d’un de ses condisciples qui s’est noyé accidentellement qu’ayant fait sa retraite d’élection, il décide d’entrer à l’Assomption. Le 2 octobre 1932, il reçoit l’habit religieux à Taintegnies, sous le nom de Frère Camille. Le 3 octobre 1933, il y fait profession entre les mains du P. Gervais Quenard. Après Taintegnies, c’est SaintGérard où il s’initie avec succès à la philosophie (1933-1935) son année fait partie de la dernière promotion inter provinciale, composée de Frères français, espagnols, américains, hollandais et belges et Louvain où, profès perpétuel le 3 octobre 1936, il étudie la théologie et est ordonné prêtre, le Il février 1940. Ses années d’études ont été coupées par l’interruption du service militaire, mais il n’y achève pas les 8 mois alors requis, car il est réformé pour raison de santé (albumine). C’est donc avec une avance de 6 mois sur ceux de son année qu’il a pu commencer sa théologie à Louvain.

Année de guerre.

Le Père Camille va terminer l’année scolaire (1940) à Sart-les-Moines. C’est là que le surprend la guerre. Comme il n’est pas mobilisable en raison de sa réforme définitive, il est évacué vers la France et atteint le scolasticat de Layrac (Lot-et-Garonne)

où se réfugient aussi la plupart des Frères philosophes de Saint-Gérard. Le P. Camille se met à leur service, en enseignant les éléments de la théologie fondamentale.

Professeur en alumnat.

La situation reprend son cours normal, après le sort des armes, suite à la défaite française. Le P. Camille peut retourner en Belgique en août 1940. Il est affecté à l’enseignement à Bure où il va vivre les quatorze années de son sacerdoce (septembre 1940-1954). Son action y est à la fois humble et profonde, il laisse une ferme empreinte sur les âmes des futurs prêtres qu’il forme. A son insu, il s’attache les c?urs des jeunes par sa bonté toute simple et il sait capter leur confiance par sa compétence, son jugement sain et son bon sens. Lorsque le P. Maubert Berhin quitte Bure pour Gosselies, au début de l’année scolaire (1953), personne n’est surpris d’apprendre que le P. Camille lui succède comme supérieur. Il accepte cette charge avec tout son c?ur et avec toute son âme d’apôtre. Il n’a qu’un regret, celui de quitter Poix où il exerçait jusque là la les fonctions de vicaire dominical et où il avait su se faire aimer et apprécier. A Bure, il entend donner à la maison un nouvel essor, mais une sourde fatigue l’envahit qui gêne son activité. Le médecin, M. Brébois, diagnostique une hypertension et lui prescrit un régime alimentaire sévère. De plus en plus il a besoin de repos. A Noël 1953, une paralysie des membres inférieurs le cloue au lit. A l’aide de soins énergiques, un mieux se produit qui donne l’illusion d’un rétablissement. La marche redevient pénible, l’appétit s’en va. Le docteur demande son transfert en février 1954 dans la clinique Saint-Raphaël de Louvain (service du docteur Van Goidsenhoven). Mais il est trop tard. Il meurt le mardi 2 mars, à 39 ans, d’une tumeur maligne au foie. Son corps est ramené à Bure où sont organisées ses obsèques, le vendredi 5 mars. Le P. Provincial, le P. Stéphane Lowet, préside la cérémonie, entouré de 80 prêtres diocésains et religieux.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1955, p. 106. Lettre à la Famille, 1954, n° 166, p. 34-35. Contact (Bulletin de la Province de Belgique), 3 mars 1954, n° 26, 3 pages. Jeunesses (Alumnat de Bure), 1954, n° 2, p. 1-8. Foyer Assomptioniste (Revue des scolasticats assomptionistes de Belgique), mai-juillet 1954, p. 55-56. Du P. Camille Lambatte, dans les ACR, rapport sur Bire (1953) et un texte sur l’étude du latin dans les alumnats (1947).