Camille (Pierre-Marie-Louis) GALESNE – 1891-1971

Salonique, 1916.
« Merci pour vos souvenirs de Lourdes, pour l’histoire de Julien l’Apostat
pour toutes
vos heureuses et innombrables prévenances. J’ai plaisir à savoir que le
vaguemestre va ces jours-ci mettre fin à l’impatience que j’ai de recevoir
l’ouvrage de Paul Allard. Les délicieux moments que nous passerons ensemble
dans le calme de notre petit cabinet! Comme vous l’avez pensé, j’ai eu le
bonheur d’être condisciple de Leguen et de Charbonnel. Ils étaient pour
tous les postulants de Sart les modèles de fidélité à suivre la règle. La
Providence les avait doués de qualités précieuses à leur vocation: robuste
constitution, énergique tempérament, intelligence ouverte à toutes les
sciences, mais ils avaient à cœur de donner l’exemple de toutes les vertus:
travail, gaieté, inlassable piété. Ils auraient compté dans le corps de la
Congrégation pas seulement par le nombre, mais par la qualité surtout.
Impossible de vous renseigner sur le Fr. Donatien Seignez. Il se tient
caché, ce galonné. Depuis plus de trois mois nous ne nous sommes plus
rencontrés. S’il savait le plaisir que l’on a de l’entendre, il
abandonnerait
son trou de Zeitenlik… ». Pierre Galesne, postulant.

Camille (Pierre-Marie-Louis) GALESNE

1891-1971

Religieux de la Province de Bordeaux, affilié à la Province d’Amérique du Sud (1954).

Un premier parcours, allongé.

Pierre-Marie-Louis Galesne naît le 19 août 1891 à Liffré, gros bourg d’Ille-et-Vilaine, à une vingtaine de km. de Rennes, sur la route de Fougères. Sous des dehors un peu rudes, cachant une grande délicatesse de cœur, il est scolarisé à Liffré chez les Frères de l’instruction chrétienne de Ploërmel (1897-1902), puis à l’école communale (1902-1905). Il aide ses parents aux travaux agricoles avant de demander son admission à la maison des vocations tardives à Sart- les-Moines (1911-1914). Les obligations militaires de la première guerre mondiale le soustraient au noviciat qu’il ne connaît qu’en 1919, bien qu’il soit accepté à la prise d’habit en 1914. Le service de la patrie le retient 5 longues années (Toulon, Salonique, Kortiza). Le 4 octobre 1919, il prend l’habit à Louvain sous le nom de Frère Camille. Profès annuel le 10 octobre 1920, il peut commencer ses études de philosophie à Taintegnies (1921-1923) et achever ses études de théologie à Louvain (1923-1927). Il est profès perpétuel le 10 octobre 1923 et ordonné prêtre le 24 juillet 1924. Il a déjà 33 ans. « Franc, sérieux dévoué, d’une intelligence suffisante, d’un caractère simple et enjoué, ce religieux n’a pas d’arrière-pensée personnelle et a une maturité correspondante à son âge ».

Des premiers pas en France, puis au Chili.

En 1927, le P. Camille qui relève de la Province de Bordeaux, est envoyé à Melle (Deux-Sèvres) comme économe et professeur de mathématiques. Il exerce en plus un ministère paroissial à Chey, de 1927 à 1929. Selon son option, il part pour le Chili où nous connaissons globalement ses différentes affectations successives: Santiago, Los Andes (1938), Rengo, Mendoza (1939-1942), Rengo et enfin Valparaiso où il vit de 1945 à 1971.

En 1939, le 9 novembre, au cours d’une tournée pastorale, il a un grave accident de cheval et il en souffre de longs mois. En 1954, il demande son affiliation définitive à la Province d’Amérique du Sud. Peu connu dans l’espace de la Province de Bordeaux, il ne revient qu’une fois en France, en 1966, à un moment où son état de santé ne lui permet guère de circuler beaucoup dans les différentes communautés. On sait seulement que lors de ce retour exceptionnel, il se rend chez une de ses sœurs âgées, à Gosné. Il accompagne un groupe de pèlerins à Lourdes avec un curé du voisinage, l’abbé Dannebé, un ex-religieux assomptionniste, et le P. Honorat. Des difficultés surgissent aussi bien pour son retour au Chili que pour son maintien en France. Sa sœur malade le trouve plus malade qu’elle et, avec son entourage fait pression pour que le P. Camille reste en France. Mais lui-même ne rêve que d’un prompt retour au pays de sa vie, le Chili. Son supérieur à Valparaiso, le P. Joachim Duret, écrit au Provincial de Bordeaux, le P. Henri Guillemin: « Ici, tout le monde s’inquiète. Un de ces jours, je vais me faire écharper, si l’on ne voit pas arriver le P. Camille. Les gens deviennent fanatiques dans leur façon de montrer leur affection ». Un certificat médical en bonne et due forme met fin à la controverse, attestant que le P. Camille est en état de supporter un voyage par avion. Les habitants de Gosné se calment. Le P. Camille quitte son pays natal qu’il n’avait pas revu depuis 33 ans et où on voulait le retenir, malgré lui. Il se promet bien au fond de lui de ne plus revenir, promesse qu’il ne va guère avoir de peine à tenir. Car son rêve est de finir ses jours au milieu de ce peuple chilien qu’il aime et qui le lui rend bien. Depuis 1969, il doit garder la chambre. Après une longue et pénible maladie, le 11 janvier 1971, il meurt à Valparaiso, à l’âge de 80 ans. C’est le premier assomptionniste à être inhumé dans cette ville du Chili.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1972 p. 185. A Travers la Province (Bordeaux), 1971 n° 186. Chile-Argentina, février 1971. Lettre à la Dispersion, 1916, n° 425, p. 403-404 (lettre de Salonique, 16 novembre 1916). Dans les ACR, nombreuses correspondances de la période militaire du Frère Camille Galesne (1915-1919). Notices Biographiques