Carolus (Frans-Jan) WEIJNEN – 1923-1989

Bergeyk, 1947.
« Le P. Provincial, le P. Wiro Van Den Dungen, m’a demandé de vous écrire
personnellement un petit mot pour être admis aux vœux perpétuels. Le but de
cette lettre n’est pas de vous écrire toute l’histoire de ma vocation
jusqu’à aujourd’hui, ce serait sans doute trop long. Le P. Wiro s’en doute
bien. Je crois que vous souhaitez simplement que maintenant j’en tire la
conclusion à vos yeux. Sans vouloir me glorifier, j’avoue avoir essayé de
faire toujours de mon mieux pour tendre à l’idéal sacerdotal et remplir les
engagements auxquels j’ai souscrits. C’est pourquoi je vous demande en
toute humilité d’être reçu parmi les membres de la Congrégation pour toute
la durée de ma vie. Je vois la marque de la
Providence qui a su me placer sur le chemin de l’Assomption après avoir dû
vaincre de nombreuses difficultés. C’est pourquoi je vous écris ma ferme
intention de prononcer mes vœux perpétuels si vous acceptez avec
bienveillance de me recevoir dans la famille. Je prierai chaque jour pour
que Notre Seigneur et la Vierge Marie m’aident à être fidèle à ma promesse
».

Frère Carolus.

Religieux de la Province des Pays-Bas. Formation. Frans-Jan Weijnen est né à Eindhoven aux Pays- Bas, le 19 janvier 1923, au diocèse de Bois-leDuc. De 1936 à 1946, il étudie à l’école apostolique Sainte-Thérèse de Boxtel. A sa prise d’habit, à Boxtel, le 74 septembre 1942, il prend le nom de Frère Carolus. Le 25 septembre 1943, il prononce ses premiers voeux à Moergestel. La première année de philosophie se déroule au scolasticat de De Lutte, la seconde à Bergeyk, puis toute la formation théologique à Bergeyk (1943-1949). Le 27 septembre 1947 à Bergeyk, il prononce ses vœux perpétuels. Le P. Gondulphus Bovens note sur son rapport de présentation: « Le Frère Carolus s’est souvent demandé si sa voie n’était pas celle d’un prêtre séculier. Il a triomphé de ses hésitations. C’est un religieux soigné, dévoué, sérieux et prudent, d’une forme d’intelligence plutôt pratique. Il aime l’esprit de cordialité à ]Assomption et jouit d’un caractère heureux et doux ». Le Frère Carolus est ordonné prêtre le 18 décembre 1949. Ministères et services. Le Père Carolus est d’abord vicaire à Herkenbosch, dans le Limbourg, puis chapelain à Vlodrop. Le 24 août 1961, il est nommé aumônier d’usine à Vlissingen et, pour remplir la même fonction, il est envoyé à Steenbergen en août 1964. En février 1968, il devient en même temps modérateur du L.T.S. à Steenbergen et économe de la communauté. Le 12 mars 1972, il est nommé curé de la paroisse O.L. Vrouw Geboorte à Broeksittard et Kempenhof. Les derniers mois de l’année 1989, sa santé se détériore. Il doit être soigné d’une maladie cardiaque. Mais alors qu’il doit se rendre à l’hôpital de Sittard le 9 octobre, il s’éteint subitement la veille, le 8, dans son presbytère. Il n’a que 66 ans. Page :367/367 Ses obsèques ont lieu le 12 octobre dans l’église paroissiale de Broeksittard-Kempenof et l’inhumation suit au cimetière de cette même paroisse. Le P. Jan Van Der Meer prononce l’homélie de la cérémonie des obsèques dont nous extrayons le passage suivant: « Dix ans d’apostolat comme chapelain à Vlodrop où il est chargé de mouvements de jeunesse et le voilà nommé aumônier d’usine. Un changement considérable: il ne s’agit plus de baptêmes, de mariages, de vie paroissiale. On le rencontre dans les chantiers navals, dans les cantines et les bureaux. Il concentre tous ses efforts sur l’homme au travail, sur le monde de l’industrie, se renseignant sur les problèmes causés par l’automatisation, le travail à la chaîne, avec la dépersonnalisation qu’ils engendrent, l’homme étant souvent victime du profit économique. Durant ces années de travail, se développèrent en lui intérêt et cordialité pour l’homme simple, pour le moins favorisé ». Echas d’un type de ministère sacerdotal dans l’Europe de l’après guerre (1). Nous lisons du journal anglais Catholic Pictoral, 10 juillet 1966, cette information concernant le P. Carolus Weijnen: « Un prêtre ouvrier de Hollande, P. Francis Weljen (sic) A.A. est à Liverpool pendant un mois à l’église Saint-Nicolas. Le P. Weijen est un des 125 aumôniers industriels du diocèse de Bréda aux Pays-Bas. Les aumôniers travaillent dans les usines, les ports. Ils visitent, prennent contact, aident et conseillent les ouvriers. Mais ils sont au service non seulement des ouvriers manuels, mais aussi des directeurs et personnels responsables de l’encadrement. Presque chaque pays en Europe de l’Ouest a ses ‘aumôniers industriels, sauf l’Angleterre, bien qu’il y existe une organisation protestante appelée ‘Mission de Scheffield’ laquelle effectue une activité semblable. Cet aumônier âgé de 43 ans pense que l’Angleterre n’a pas encore cette organisation par manque de temps et d’argent. Si ces deux facteurs étaient éliminés, le P. Weijen est convaincu que les employeurs seraient très heureux d’avoir de tels prêtres en vue d’aider leurs collaborateurs. Le seul inconvénient de ce type de ministère, d’après ce religieux, c’est que l’on ne peut constater les résultats de son action. On peut cependant attendre une plus grande compréhension de la part des prêtres de paroisse avec lesquels on entre en contact et avec les ouvriers qui vivent sur leur paroisse ». (1) On peut relever qu’en Europe de l’Ouest, dès la seconde guerre mondiale, des prêtres s’emploient à assurer la présence du témoignage chrétien dans le monde du travail. Chaque pays connaît sans doute des formes particulières de ce qu’il est de coutume d’appeler les ‘prêtres-ouvriers’. La hiérarchie romaine, par crainte d’infiltration marxiste, se montre au départ très méfiante. En août 1953, expérience des prêtres-ouvriers, encouragée en France par le Cardinal Suhard sous les deux formes de la Mission de France et de la Mission de Paris, est stoppée. La Mission ouvrière est créée en 1957. Page :368/368

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p. 72-73. De Schakel, december 1989, p. 211-218. Lettre du Frère Carolus Weijnen au P. Gervais Quenard, Bergeijk, 25 août 1947. Catholic Pictural, 10 july 1966, ‘Worker priest in Liverpool, (traduction Christian Nony) On doit au P. Carolus Weijnen plusieurs articles dans la revue De Schakel sur son apostolat dans le monde ouvrier à Vlissingen. [Dans le contexte français, cf étude d’Emile Poulat, Naissance des prêtres-ouvriers, 1965, réédition, Cerf, 19991.