Cassien (Antoine) DUBOST – 1891-1954

Mexico, 1947
« Il y a deux ans [1945′?] un Monsignor voulait bâtir un temple à St
Joseph. Il obtint un vaste terrain d’une compagnie d’exploitation et en
jeta les fondations. A la suite de difficultés, le Monsignor se retira. La
compagnie reprit une partie du terrain concédé. Un M. Iglesias, frère d’un
Jésuite en vue, conçut le projet d’employer cet endroit pour un sanctuaire
à ‘Notre-Dame de Guadalupe, Reine du Mexique et Impératrice de l’Amérique’,
un titre repris d’une allocution de Pie XII. Un comité de grands noms fut
organisé et
une modeste chapelle bâtie. La guerre arrêta tout. L’archevêché qui
s’intéressait au projet, confia la chapelle au curé de la grande paroisse
de l’endroit. Ce curé y envoya un vieux prêtre pour le service dominical.
Des Congrégations de religieuses avaient
demandé qu’on leur confie cette chapelle, mais l’archevêque refusa. Le P.
Cassien Dubost, arrivé depuis peu à Mexico, à la suite du P. Bernard
Guillet, cherchait les possibilités d’une fondation. Il rencontra le P.
Romero, Jésuite. Celui-ci persuada M. Iglesias de confier le sanctuaire aux
A.A. Le 23 février, le P. Cassien est nommé chapelain de la chapelle. On se
mit aussitôt à l’œuvre ».

Cassien (Antoine) DUBOST

1891-1954

Religieux de la Province de Paris.

Un religieux énergique.

Antoine Dubost naît le 2 mars 1891 à Puivérières, près de Pontgibaud dans le Puy-de-Dôme. Sa formation secondaire est assurée dans les alumnats du Breuil (Deux-Sèvres), de 1903 à 1905, à Calahorra en Espagne, de 1905 à 1907, et à Elorrio, au pays basque espagnol, de 1907 à 1908. Son intérêt pour la langue espagnole ne se démentira plus. Il tient tête à ses parents qui le veulent au séminaire diocésain et il entre au noviciat à Louvain (Belgique), le 8 septembre 1908, sous le nom de Frère Cassien. Il prononce ses premiers vœux à Gempe, l’année suivante, le 8 septembre 1909: « Bonne intelligence et excellente mémoire, caractère un peu sauvage, ,rude, impatient, d’une santé parfaite ». Sa profession perpétuelle est datée du 8 septembre 1910 à Gempe. Le voici étudiant en philosophie à Louvain (1910-1914), puis en théologie dans la même ville (1914-1917). Il est ordonné prêtre le 20 mai 1917 par le cardinal Mercier. Ses premières obédiences le rivent à l’enseignement: Bure de 1917 à 1918, Zepperen de 1918 à 1920, Vinovo en Italie de 1920 à 1921, Elorrio de 1921 à 1923, Le Bizet de 1925 à 1931. Mais là n’est pas sa vocation, lui qui dès sa jeunesse correspondait facilement avec les postes de mission à l’étranger où il rêve de se dévouer.

Premier envol, New York.

En 1931, le Père Cassien débarque à New York où il est nommé vicaire à la paroisse de Notre-Dame de la Guadeloupe. Il n’a aucune difficulté à se remettre à l’espagnol qu’il parle couramment au bout de quelques semaines. Nommé supérieur de la communauté dès 1933, il fait de la paroisse un champ d’action très vivant: organisateur de talent, à l’aise aussi bien dans les cérémonies religieuses solennelles qu’en tournée de mission ou sur scène,

il entraîne son monde à son rythme endiablé. Volontiers franc-tireur et non conformiste, il n’aime guère les traditions ou coutumes qui contrarient son zèle. Sa chambre ressemble à un caravansérail où entre qui veut. On ne compte pas les dollars et autres objets que, par sa négligence à fermer portes et tiroirs, les voleurs viennent lui soustraire. Ses préoccupations vont à l’action intarissable et inlassable d’un zèle débordant.

Deuxième envol, au pays des Aztèques.

Après 15 ans de bons et loyaux services, la paroisse espagnole de New York lui paraît un champ trop étroit pour contenir son dynamisme. Il rêve depuis longtemps d’une fondation au Mexique, surtout depuis qu’il y a entraîné un pèlerinage au sanctuaire de la Guadalupe de Mexico. il obtient de ses supérieurs la réalisation d’un projet de fondation dans la capitale mexicaine. Accueilli par les Grands Augustins, il fixe sa tente dans le nouveau quartier en construction de San José Insurgentes. Il remue ciel et terre pour réunir des fonds, remplace la misérable chapelle Saint-Joseph par une chapelle provisoire plus grande, en attendant de pouvoir édifier un véritable sanctuaire en l’honneur de la Vierge de Guadalupe, Impératrice d’Amérique. Il lui faut penser aussi à des salles d’œuvres et à un presbytère capable d’héberger une communauté. Il construit sans emprunts et sans dettes, grâce aux dons: « Quand nous autres mexicains, plutôt portés à la mollesse, nous voyons un prêtre si actif et aussi laborieux que le P. Cassien, nous ne pouvons nous empêcher de l’admirer et de l’aider ». Il faut croire que l’admiration est grande, car les bâtiments s’élèvent de terre rapidement. Une vaste crypte est commencée, aménagée en niches funéraires. Injustement calomnié, comme tout homme entreprenant et jalousé, le P. Cassien fait même l’objet d’un ordre de rappel qui est heureusement annulé. Il n’a pas le temps de voir achevée son œuvre. Surmené, il meurt, à 63 ans, le vendredi 22 janvier, pris d’un malaise cardiaque sur le chantier. Ses obsèques sont célébrées le lundi 25. Son corps, accompagné d’au moins 4.000 personnes, est inhumé au cimetière du Pantéon Jardin, en attendant l’achèvement des travaux d’aménagement de la crypte. Ses restes y sont transférés en avril 1954.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1955, p. 106. Lettre à la Famille, 1954, n°, p. 19-23. La Prensa, 10 abril 1954. Assumptionists deceaseci in North America, p. 27. Rapport sur la fondation ‘Nuestra Senora de Guadalupe au Mexique, ni signé, ni daté (ACR). Correspondances dans les ACR (1919-1952), rapports sur le Bizet (1928), sur New York (1933-1939); sur Mexico (1947-1953). Le P. Cassien Dubost a donné des articles dans l’Assomption sur les réalisations apostoliques des Assomptionnistes aux U.S.A. et sur l’implantation à Mexico dans le bulletin paroissial ‘Entre Rios’ (1949-1953). Notices Biographiques