Célestin (Charles-A.-J.) HUFF-CAPUS – 1877-1938

Pèlerin à La Salette, 1921.
« Ce pèlerinage que La Croix avait annoncé et dont elle a, en temps
opportun, donné des nouvelles, s’est terminé aussi heureusement qu’il avait
commencé. Cinquante
pèlerins, venus de différents points de France, y prirent part. Le Chili
même y était
représenté par un de ses curés. Le voyage fut un
enchantement ininterrompu grâce aux paysages grandioses et pittoresques qui
s’offraient continuellement aux regards émerveillés et qui aidaient les
âmes à s’élever vers Dieu. Le trajet de Saint-Georges de Commiers à La
Mure, plongeant sur les gorges du Drac et les côtoyant à des centaines de
mètres de hauteur, provoqua surtout l’admiration des voyageurs,
Les deux jours passés à La Salette ne firent qu’augmenter dans le cœur de
tous la reconnaissance qu’ils garderont à l’œuvre de Notre- Dame de Salut
qui procure de si belles occasions de se sanctifier. Sur la montagne sainte
où la Vierge daigna apparaître il y a 75 ans à deux bergers, Maximin et
Mélanie, le temps s’écoula rapidement, consacré aux exercices de la
retraite que nous prêchèrent avec talent les chapelains du sanctuaire et à
des excursions dans les environs ».

Religieux de la Province de Bordeaux.

Un enfant du Tarn à l’Assomption.

Charles-Auguste-Joseph Huff-Capus naît le 10 octobre 1877 à Cordes (Tarn). Il fait ses études primaires à Albi chez les Frères des Ecoles Chrétiennes. Une de ses tantes, Sœur Céleste, P.S.A., le met en relation avec les Assomptionnistes. Admis à l’alumnat de Roussas (Drôme) de 1888 à 1889, puis à celui de Brian (1889-1891), il poursuit ses études secondaires à Miribel-les-Echelles (Isère) de 1891 à 1892 et les achève à Brian (1892-1894). Il prend l’habit au noviciat de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) le 9 août 1894, sous le nom de Frère Célestin. Profès annuel le 9 août 1895, il est reçu comme profès perpétuel le 15 août 1896. Envoyé à Jérusalem pour les études de philosophie et de théologie (1896- 1902), il est ordonné prêtre par Mgr Piavi le 21 décembre 1901.

Trente-six ans au Chili, vaillant missionnaire.

Le 21 septembre 1902, le P. Célestin s’embarque à La Pallice, port de la Rochelle, et, après 40 jours de navigation, il aborde au port de Valparaiso au Chili. Il commence alors une belle et féconde carrière de missionnaire. Destiné d’abord à la paroisse de Rengo, il apprend en peu de temps la langue espagnole et se lance dans la prédication. Tous les dimanches, il s’en va au grand galop de son cheval porter aux environs de cette immense paroisse la connaissance de l’Evangile. Certes le P. Célestin n’est pas un prédicateur de grande envergure: il a sa façon à lui, simple, directe, de dire les choses, avec un petit accent du Midi qui perce même sous son castillan. Il recourt volontiers aux processions, aux bénédictions des mères de famille, des enfants, des maisons, plante des croix, distribue des insignes religieux, orne avec guirlandes et drapeaux les différentes stations. Toujours sur les chemins, à cheval, en voiture, en chemin de fer,

il découvre tous les recoins de la paroisse pour porter aux petites gens les se cours religieux. La reconnaissance de ses ouailles se manifeste par toutes sortes de cadeaux. On voit le P. Célestin revenir à Rengo chargé de paniers d’œufs, de poulets, de dindons, de canards et de provisions de toute espèce. Quand arrivent les mois d’hiver, de juin à septembre, s’ouvrent pour lui les périodes d’exercices spirituels à la maison de Mendoza, à quelque vingt minutes de Rengo. Là, pendant 10 jours, se réunissent des groupes compacts de fidèles désireux de se consacrer à la prière et à la pénitence. Le P. Célestin sait trouver le chemin des cœurs pour appeler ces populations au renouveau de leur vie chrétienne. jusqu’à Santiago où les religieux ont créé une réplique de Lourdes, le P. Célestin accompagne les fidèles de Rengo que sa parole ardente y entraîne. A la fin de l’année 1913, le P. Célestin est désigné comme curé de Rengo, charge qui l’assigne à résidence. Il parcourt les fermes isolées et les hameaux de sa vaste paroisse qui le conduit jusqu’à la Cordillère des Andes. En février 1923, une nouvelle obédience l’envoie à Conception pour prendre la direction de la paroisse de San Juan de Mata, départ qui cause bien des pleurs et des manifestations de regrets de la part de ses paroissiens. Le P. Célestin s’acclimate très vite à son nouveau milieu, plutôt ouvrier, et, pendant dix ans, y développe toutes les oeuvres paroissiales. De temps en temps la nostalgie des grandes chevauchées et des missions le reprend. L’évêque, connaissant son désir, l’envoie sur l’île de Santa Maria et à la Mocha, en plein Pacifique, pour évangéliser les insulaires. Courageux et foncièrement optimiste, le P. Célestin dépense son énergie indomptable, malgré des crises d’asthme qui mettent sa santé à rude épreuve. Un incendie réduit sa maison en cendres, mais à peine les lieux reconstruits, il doit quitter Conception pour retrouver sa ville de Rengo qui le reçoit à bras ouverts. En 1937 il organise encore un Congrès eucharistique diocésain. Le Père Célestin meurt le vendredi 14 octobre 1938, âgé seulement de 61 ans. Le gouverneur de Caupolican lui rend ce beau témoignage posthume: « Le Père Célestin est un religieux dont la main a toujours été disposée à relever l’homme tombé, ses yeux ont pleuré avec ceux qui souffrent; les pauvres et les éprouvés ont trouvé en lui l’ami, le protecteur, le conseiller ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion, 1938, n° 768, p. 216; n° 769, p. 218-219; n° 789, p. 365-367. Le Petit Alumniste, 1939, n° 610, P. 134-136. Pèlerin à La Salette dans Nouvelles de la Famille, 1921, n° 413, p. 171-172. Dans les ACR, correspondances du P. Célestin Huff-Capus (1901-1935), rappports sur Rengo (1935-1937). Notice du P. Célestin Huff-Capus par le P. Marie-Alexis Gaudefroy.