Charles (Charles-Louis) DELMAS – 1909-1978

Declaration d’intention.
« Mon noviciat touche à son terme: le 16 avril prochain, j’aurai mes 12
mois de présence à Cavalerie depuis la prise d’habit. Je ne me dissimule
pas que certaines difficultés dues en partie à
mon âge, 35 ans le 13 avril
1944, n’aient parfois causé quelques craintes. J’ai confiance en
Notre-Seigneur qui m’a fait la grâce de me remettre sur le chemin de ma
vocation pour Le suivre. Il ne m’abandonnera pas dans les moments
difficiles. Mon intention et ma volonté, c’est de servir l’Assomption.
J’attends donc avec confiance la faveur d’être du nombre de ses enfants. Je
ne désire que deux choses: ma sanctification personnelle et le bien des
âmes. C’est là mon but primordial. Quant aux services
que je puis rendre, c’est auprès des enfants que je crois
pouvoir les trouver: le chant, l’accompagnement musical, les classes de
grammaire et le
catéchisme. Du reste, en outre, je m’en remets avec docilité entre les
mains de l’obéissance et sous la protection de la Sainte Vierge ».
Fr. Charle Delmas, Cavalerie,
23 mars 1944.

Charles (Charles-Louis) DELMAS

1909-1978

Religieux de la Province de Lyon.

Un long chemin.

C’est à Briançon (Hautes-Alpes), patrie de Dom Chautard, que nait le 13 avril 1909 Charles-Louis Delmas. A 13 ans, il entre à l’alumnat Notre-Dame du Rosaire, à Miribel-les-Echelles (Isère) où il trouve groupés ‘grammairiens’ et ‘humanistes’ (1922-1924). Louis Pellegrin, condisciple, note que le P. Gausbert Broha demande aux jeunes, le mois de mai, de témoigner leur dévotion à la Vierge par un chant ou une poésie et que Charles Delmas chante: ‘Mois de moi, mois de mai, tu me rends le cœur gai’!. Charles- Louis poursuit ses études à Saint-Sigistnond (1924- 1926), revient à Miribel (1926-1928), opte pour le grand séminaire de Gap (1928-1932) avec une année de service militaire (1930-1931) et quitte cette voie. Le P. Pellegrin le retrouve par hasard un beau jour à Embrun et Charles-Louis lui fait part de son désir de revenir à l’Assomption. A l’époque, Charles-Louis exerce différents métiers pour vivre: coiffeur chez son frère, wattman… Dix ans plus tard, à Toulon, il rencontre le P.Joseph Marchand, chargé de la chapelle de La Ginouse, lequel le décide à faire le pas. Sous le nom de Frère Charles, il entre à Cavalerie (Dordogne) et prend l’habit le 15 avril 1943. Il y prononce ses premiers vœux le 16 avril 1944 et part à Layrac (Lot- et-Garonne), à Lormoy (Essonne) et Scy-Chazelles (Moselle) pour un complément d’études philosophiques et théologiques (1943-1948). Il prononce ses vœux perpétuels le 23 avril 1947 et est ordonné prêtre le 22 février 1948. « Religieux sympathique à ses confrères, sérieux et fervent, mais trop attaché à ses idées, par ailleurs sujettes à caution, n’ayant guère le sens des opportunités. Il est suffisamment docile pour rendre de grands services dans un alumnat ». Au service des autres, dans l’humilité et le soin de ses maladies.

A l’automne 1948, le P. Charles est envoyé à Douvaine (Haute-Savoie) pour y remplir une charge de surveillant (1948-1953): « Ses activités sont assez réduites auprès des enfants, il seconde le Fr. Marie-Albert Mathis pour la surveillance des grands écoliers qu’il a beaucoup de peine à tenir. Il aide aussi pour la préparation des séances récréatives, joue de l’harmonium à la chapelle, se livre à des travaux de peinture, peint des décors de théâtre et rend avec beaucoup de plaisir toutes sortes de services à ses confrères en faisant les courses, ayant le permis de conduire. Mais il est affligé d’un asthme pénible et tenace, l’obligeant même parfois à garder la chambre » se souvient le P. Firmin Mermoz. De 1953 à 1964, le P. Charles réside à Lorgues (Var) où il s’ingénie à rendre tous les services qui lui sont possibles: coiffeur, chauffeur, coursier: ne lui font défaut ni l’amabilité ni la serviabilité ni le dévouement, mais lui est impossible tout effort ardu ou soutenu. On estime pour lui le climat plus favorable de Chanac (Lozère): il y est affecté de 1964 à 1977.

Le P. Jean-Marie Fosse le décrit ainsi: « petit de taille, malingre et souffreteux, d’une intarissable faconde, il doit suivre un régime complexe. Le P. Donat se charge de le rabrouer au sujet de ses tabous alimentaires. Souvent il lui arrive de passer des nuits dans un fauteuil, accoudé sur un pupitre. Son imagination est fertile et il se met constamment en quête de médicaments nouveaux, consulte de nombreux médecins lit les rubriques médicales du Pèlerin et de Sélection. Mais il a la fâcheuse tendance de se croire atteint des maladies décrites, attribue à la Vierge de temporaires soulagements et au démon ses malaises à répétition. Il consulte des guérisseurs dont un prêtre octogénaire de l’Aveyron qui le délivre de ses maladies imaginaires et le soulage de son importante pharmacopée. Cet abbé est malheureusement un adepte de san Damiano et de ‘Mama Rosa »Il le convertit en apôtre dont le zèle indiscret indispose le curé de Chanac ». Durant l’été 1977, il fait en vacances au pays natal une chute malencontreuse et s’en tire avec une claudication pénible. Il est transporté à l’hôpital de Draguignan près de Lorgues (Var) en ambulance le 24 octobre 1977. Il y est atteint le 3 janvier 1978 d’une congestion cérébrale et y meurt le lendemain, mercredi 4. Il y est inhumé. « Je sais que je ne serai jamais guéri de mon asthme. Il a toujours été mon compagnon de voyage depuis 25 ans. Il sera ma prédication de tous les jours dans mon domicile terrestre, en attendant le domicile céleste où il n’y aura plus d’amertume ni de douleur quelconque ». Telle est la dernière lettre qu’il écrit de l’hôpital à sa communauté de Lorgues.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (1) 1975-1980, p. 107-108. Lyon-Assomption, février 1978, n° 58, p. 18-19. Lettre au P. Gervais Quenard, Cavalerie, 23 mars 1944. Notices Biographiques