Charles Mbogha – 1942-2005

Religieux de la Province d’Afrique, évêque de Wamba (1990), transféré à lsiro-Niangara (1995), archevêque de Bukavu (2001).

Le douzième évêque assomptionniste.

Originaire du diocèse de Butembo-Bëni fils de Malyyabwana Emile et de Kahambu Cécile, Charles Mbogha Kambale est né à Kilubo, paroisse de Lubango, en 19-12 [sans autre précision] en R.D. Congo (Kivu). Il est baptisé le 22 mai 1954 dans la paroisse de Mgingi, à l’âge de douze ans. Après l’école primaire, il fréquente les cours du petit séminaire Saint-Joseph de Musienene entre&nbps; 1956 et 1963. 11 fait ses études de philosophie &nbps;(1963-1965) et de théologie &nbps;(1965-1969) au grand séminaire Pie X de Murhesa à Bukavu. II est ordonné prêtre diocésain le 2-1 juillet 1969. Sa première mission l’affecte à l’enseignement au petit séminaire de Musienene&nbps; (1969-1970), puis au collège Lwanzururu de Béni pendant deux ans &nbps;(1970-1972). C’est alors qu’il demande d’entrer dans la Congrégation de l’Assomption. Le 14 septembre 1972, il commence son noviciat dans la communauté du collège Kambali à Butembo, sous la responsabilité du P. Jérôme Masumbuko. Le 5 septembre 1973 il prononce ses premiers voeux. Suivent deux années d’études à l’Institut Lumen Vitae de Bruxelles (Belgique). Avant l’engagement des voeux perpétuels, le 29 mars 1978 dans la chapelle de Kambali, Mgr Kataliko lui donne son approbation écrite et témoigne en sa faveur: « C’est un bon prêtre, dynamique, serviable, pieux, dévoué. Il est certain que s’il persévère dans ce sens, il pourra attirer pas mal de vocations dans la vie religieuse, chose que nous ne faisons qu’encourager ». très vite le P. Charles assume de nombreuses charges importantes dans la Congrégation au Congo: il est d’abord affecté à la pastorale à la paroisse du Coeur Immaculé de Marie de Butembo (Kitatumba), il enseigne également au collège assomptionniste Pie X de la ville, rebaptisé Institut Kambali, et il en est recteur de&nbps; 1977 à 1984. Il est par ailleurs membre du Conseil Provincial de la province du Congo et d’une instance œcuménique de concertation. En 1984 jusqu’en 1988, il est nommé recteur et supérieur de l’Institut de philosophie Saint-Augustin à Bulengera. Il passe ensuite dans les mêmes fonctions à Kinshasa où il connaît les tribulations d’une fondation qui ne manque pas de péripéties quant à la logistique immobilière. De l’A.S.U.M.A., les scolastiques théologiens n’ont pu être accueillis en 1991 dans le premier bâtiment raté du Mont N’Gafula (le ‘fameux chameau’), mais ils ne s’estiment ensuite guère mieux lotis dans le second, baptisé ‘la souricière’, lequel sera finalement revendu à une autre Congrégation. On s’y trouve trop à l’écart de la capitale et surtout sans alimentation d’eau courante. (,’Assomption fera un meilleur choix en déménageant dans des pavillons, au quartier de Basoko, commune de Ngaliema (Kinshasa). Tout en étant supérieur de la communauté des étudiants, le P. Charles est professeur au théologat Saint-Eugène de Mazenod &nbps;(1988-1990). C’est alors qu’il est nommé évêque résidentiel du diocèse de Wamba le 11 juin 1990. Il y demeure jusqu’en 1995. Il est en effet transféré le 6 décembre 1995 au siège épiscopal d’Isiro-Niangara dans la province de Kisangani. Il est promu enfin archevêque de Bukavu, le 18 avril 2001, suite au décès de son prédécesseur et ami, Mgr Kataliko décédé lors d’un voyage à Rome le 4 octobre 2000 pour une assemblée du S.C.E.A.M. (Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar). Comme pasteur, Mgr Charles a choisi une devise révélatrice, tirée de 1 Co 9/22: ‘Omnia omnibus’, Je me suis fait tout à tous, devise qu’il a vécue dans la foi et l’espérance, au bénéfice d’un profond engagement au service des diocèses congolais de la région alors perturbés par de longues guerres intestines et externes. II sut se faire proche de toutes les couches sociales de la population, sans distinction d’appartenance linguistique, ethnique ou confessionnelle. Il a rencontré dans son ministère l’appui du clergé et des Instituts religieux, a collaboré activement dans le cadre des Shirika (équivalent des C.E.B., Communautés ecclésiales de base) et s’est appuyé sur les forces saines de la société civile. Il n’a cessé dans ses lettres pastorales et ses différents messages d’inviter tous et chacun à une conversion aux valeurs évangéliques, à des formes de vie plus saintes et cohérentes. Homme de foi et de communion, selon la veine et les traditions de l’Assomption, il n’a cessé de lutter et a encouragé tous les hommes de bonne volonté dans ce point chaud de la Région des Grands Lacs, meurtrie par tant d’années de guerres, de pillages et d’humiliations. Homme du pays, il connaît la triste situation d’une région occupée par des voisins agresseurs qui s’appuient aussi sur la complicité d’acolytes congolais et le soutien de grandes puissances. Ces événements tragiques et sans fin ont fait déjà au moins deus millions de victimes au sein de la population congolaise, sans provoquer de grands émois dans les chancelleries de la planète. Les responsabilités de Mgr Charles se sont déroulées également dans le cadre de deus successions épiscopales pénibles à Bukavu: Mgr Christophe Munzihirwa S.J. assassiné sauvagement le 29 octobre 1996 et Mgr Emmanuel Kataliko, courageux défenseur des droits du peuple congolais, mais décédé brutalement à Rome en octobre 2000. Homme sage et affable, attentif aux réalités de l’Église, Peuple de Dieu, et de la société, Mgr Charles Mgogha n’a pu donner toute sa mesure dans son dernier poste. C’est durant la célébration de son intronisation comme archevêque de Bukavu  (3 juin 2001) qu’il est frappé d’une première atteinte d’hémiplégie. Malgré des soins rapidement prodigués sur place et des traitements ultérieurs en Europe qui tentèrent une forme de rééducation, il ne se remit jamais complètement de son handicap. C’est un homme diminué qui fut accueilli à son retour au pays dans la communauté assomptionniste de Kinshasa. A Bukavu, il eut la consolation de recevoir une aide précieuse en la personne d’un évêque auxiliaire, Mgr François-Xavier Maroy Rusengo. Mgr Charles, hospitalisé à Bukavu le 19 septembre 2005, est décédé le dimanche 9 octobre suivant après deus semaines de coma. Ses obsèques ont été célébrées le mercredi 12 octobre dans la cathédrale Notre-Dame de la Paix à Bukavu. Il y est inhumé.


|

Bibliographies