Christian (Henri-Maurice) BARON – 1919-1941

Anecdote d’alumnat.

« A Cavalerie, le jeune Henri eut pendant un an comme supérieur le P.
Alexis Chauvin. Un petit incident de promenade prouve la haute idée que se
faisaient du sérieux alumniste les responsables de la maison. Vers la
mi-octobre, on partit en grande promenade dans la direction de Mussidan
dans le but de cueillir des châtaignes. A l’arrivée au bois indiqué, le
groupes se dispersèrent et échappèrent à l’œil du surveillant.

Profitant de l’occasion, quelques-uns, bien innocemment d’ailleurs,
allumèrent un feu de brindilles sèches et se mirent à griller des
châtaignes, mais la fumée
ne tarda pas à attirer l’attention du surveillant vers la cuisine
improvisée.

Au goûter, il sermonna vertement les ‘délinquants’, s’étonnant qu’i1 y eut
parmi eux, sans le nommer, un nouveau qui jusque là s’était montré sérieux.
Tout le monde avait compris qu’il s’agissait d’Henri Baron puisqu’il se
trouvait être le seul ‘nouveau’ dans ce groupe.

Lettre à la dispersion, 1941, p.
236.

Religieux de la Province de Bordeaux.

Une enfance bretonne.

Henri est né à Morlaix dans le Finistère, le 28 décembre 1919, l’aîné d’une famille de dix enfants. Son père travaille à la manufacture des tabacs. Très vite, on lui donne le sens des responsabilités: garde des enfants plus jeunes, courses en ville. Enfant de chœur, il suit le patronage des ‘Cœurs vaillants’, peut-être trouve-t-il là le germe de sa vocation? Il rencontre le P. Maur Melscoét qui l’oriente vers l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire).

La formation à l’Assomption.

Il entre à Saint-Maur le 11 septembre 1932 dont le P. Fidèle Le Jeloux est le supérieur. Il y est apprécié pour son entrain, sa bonté proverbiale et sa dévotion mariale. Déjà il souffre d’une maladie du foie. En 1936, il poursuit ses études d’humanités à l’alumnat de Cavalerie (Dordogne) qui a pris la relève en 1933 de celui de Melle. Là comme à Saint-Maur, il est classé parmi les moyens, mais il ne manque pas d’atouts par ailleurs : une voix souple et mélodieuse que l’on entend à toutes les fêtes liturgiques, une belle écriture bien utile pour la rédaction des adresses du bulletin, une disponibilité enjouée pour les travaux manuels. En mai 1939, le P. Merklen prêche la retraite d’élection. Henri entre au noviciat de Pont- l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime) le 29 septembre 1939 et reçoit le prénom de Christian. Ajourné au conseil de révision en raison de sa santé délicate, il peut prononcer ses vœux le 30 septembre 1940, sans que son année canonique soit, comme celle d’autres condisciples, interrompue par le conflit européen.

Etudiant à Lormoy.

Notices Biographiques A.A Page : 155/155 Pour les étudiants de la zone occupée, le scolasticat de Lormoy (Essonne) peut organiser un cours de philosophie. Il connaît le régime de semi-liberté qu’imposent les événements, mais surtout les privations dûes aux restrictions des temps de guerre. joyeux, épanoui, il fait profiter ses confrères de ses dons de préchantre et d’infirmier. A Noël 1940, il doit s’aliter: une fièvre pernicieuse que le médecin n’arrive pas à expliquer décide de son hospitalisation à Saint-Joseph à Paris. Les spécialistes diagnostiquent alors la vraie cause du mal, une carence cardiaque qu’un traitement énergique devrait sinon guérir du moins soigner. Il doit rester au lit, dans une immobilité complète.

Mourir à vingt-deux ans.

Malade obéissant et docile aux prescriptions médicales, Fr. Christian est soigné par des religieuses qui témoignent de son continuel sourire et de sa simplicité. Il reçoit avec bonheur les visites des religieux de Lormoy et espère un prochain retour à la communauté, mais le 18 mars 1941 le docteur traitant, prévoyant une complication de méningite, alerte le P. Vianney de se rendre d’urgence à l’hôpital avec le P. Athanase Sage supérieur. Le Fr. Christian reçoit le sacrement des malades et prononce ses vœux perpétuels entre les mains du P. Michel Pruvost. Le 19 mars, Mme Jeanne-Françoise Baron arrive de Bretagne au chevet de son fils ainsi qu’un prêtre ami de Reims. Lucide, le fr. Christian est bien entouré, mais ne peut guère parler sans grande fatigue. Le 24 mars, les parents en pleurs annoncent aux Pères Cayré et Marie-Corentin que Christian est décédé vers les 14 h. Les parents manifestent le désir d’ensevelir leur fils à Morlaix, la S.N.C.F. peut mettre un wagon à leur disposition. Le P. Athanase Sage célèbre le 26 mars à la chapelle de l’hôpital Saint-Joseph une messe de Requiem, puis le corps est acheminé à la gare de Montparnasse. L’inhumation, présidée par le P. Vivien, a lieu à Morlaix le samedi 29 mars, il repose dans le caveau familial aux côtés d’un frère et d’une sœur déjà enlevés à l’affection des siens.

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Bibliographies

Bibliographie : Lettre à la dispersion 1941, n° 839, p. 235-238. In memoriam par le Fr. Lucien Lanon, pro manuscripto, 6 p. Lilium (revue de Cavalerie), 1958, n° 6, p. 8-12.