Christo (Habib) DUELIBI – 1905-1982

Ordination à Sceaux.
« Le P. Christo Duelibi, Syrien d’origine et étudiant au scolasticat de
Lormoy, a reçu les ordres mineurs et les
ordres sacrés, en l’espace d’une dizaine de jours, des mains de Mgr Pie
Neveu. En la fête de Saint-Joseph, vendredi 19
mars, pendant le Pontifical
que Mgr Neveu célébrait dans la chapelle des Orantes à Sceaux, le Fr.
Christo reçut les deux derniers ordres mineurs. Deux jours après, dimanche
es Rameaux, Monseigneur qui présidait la cérémonie à Lormoy lui conféra le
sous- diaconat; puis le Samedi Saint le diaconat. Enfin le jour de Pâques,
Monseigneur retourna chez les Orantes pour y
chanter le solennel Pontifical
de la Résurrection; de Lormoy plusieurs religieux s’y
rendirent pour l’assister à l’autel et pour accompagner leur condisciple à
qui Monseigneur, inter missaum solemnia, conféra l’onction sacerdotale.
Grande joie pour les Orantes qui consacrent leur vie à prier pour les
prêtres! Une cérémonie pareille, si rare pour elles, ne pouvait que les
émouvoir profondément et les exhorter à s’adonner avec plus de ferveur à
leur sainte vocation
Lettre à la Dispersion, 1937, n° 690 p. 108.

Christo (Habib) DUELIBI

1905-1982

Religieux d’origine syrienne, de la Province de France.

Un fils de l’Orient.

Né à Alep (Syrie) le 25 décembre 1905 d’une famille syrienne, Habib est scolarisé à l’école tenue par les Assomptionnistes à Konia (Turquie) où sa famille a émigré, et à Jérusalem. Il sait parfaitement les deux langues, le turc et l’arabe. Il travaille également au Caire en Egypte, d’après le rapport du Patriarcat grec- melkite: « Habib a laissé au Caire un très bon souvenir soit par sa piété soit par sa conduite et sa modestie ». Il entre en mai 1928 à la maison des vocations tardives à Saint-Demis dans la banlieue Nord de Paris. Considérant son entrée dans la vie religieuse comme une rupture radicale d’avec le monde, il est peu prolixe sur ses origines. Habib reste à Saint-Denis de 1928 à 1930. Il entre ensuite au noviciat à la maison Saint-Jean à Scy-Chazelles (Moselle), où il prend l’habit le 11 novembre 1930 sous le nom de Frère Christo. Bien qu’il ait demandé à doubler son année de noviciat, le P. Savinien Dewaele le propose pour la première profession, le 12 novembre 1931. « Dévoué, soigneux, fidèle aux observances, assez souple à l’ordinaire, intelligent et cultivé malgré un temps d’études secondaires réduit il se signale par des bizarreries qui ne sont pas de nature à compromettre la vie religieuse ». Frère Christo accomplit son temps d’étude de la philosophie à Saint-Gérard (1931-1933) et de la théologie à Louvain (1933-1934) puis Lormoy (Essonne) de 1934 à 1937. Il est ordonné dans le rite latin par Mgr Pie Neveu à Sceaux (Hauts-de-Seine), le 21 mars 1937.

De Vellexon à Lorgues.

Le Père Christo est d’une régularité scrupuleuse, ignorant l’existence de tout sentiment de respect humain. Malgré les formes jugées un peu originales et mêmes bizarres de son esprit,

il est nommé en 1937 au noviciat de Nozeroy (Jura), professeur d’Ecriture Sainte. Il édifie et divertit les novices par sa piété démonstrative. Mais le noviciat de Nozeroy doit fermer à cause de la guerre et des complications qu’entraîne sa situation dans la zone ‘Nord’ de la France coupée en deux. Cependant le P. Christo reste sur place où se met en place un petit alumnat provisoire. Il enseigne aux jeunes les sciences naturelles, la musique et fait fonction de surveillant général. Comme son dévouement est sans bornes et qu’il faut un religieux valide pour soigner les Pères âgés et malades de Lorgues (Var) le P. Christo passe de Vellexon à la maison de repos de Lorgues en septembre 1947. Il y remplit douze ans la charge d’infirmier, jusqu’à l’arrivée du P. Louis Brun-Marquet en août 1959.

Au service de ses frères âgés et malades.

Tout ce que peuvent attendre les malades, le P. Christo s’applique à le leur procurer avec un dévouement plein de délicatesse: soins du corps et de toilette, lectures spirituelles, lecture des nouvelles, aide pour les repas, sorties dans le jardin pour les handicapés en fauteuil roulant, prière et chapelet récités en commun. On voit que ses fonctions débordent du cadre strict de l’infirmier! Après 1959, il continue à s’employer auprès des malades, les plus handicapés étant l’objet de sa charité fraternelle, grâce à une présence constante et à un grand esprit de dévouement. Son propre état de santé se dégrade de 1977 à 1981 à cause de bacilles qui le font hospitaliser à plusieurs reprises à l’hôpital de Draguignan. En septembre 1981, il revient à Lorgues, dans un état de maigreur extrême. Il meurt le samedi 12 janvier 1982, en début d’après-midi. Ses obsèques sont célébrées le lundi 18, par le P. Girard Pellegrin qui est son supérieur à Lorgues depuis 12 ans et qui sait évoquer le portrait spirituel de ce religieux ‘bon serviteur de l’Evangile auprès de ses frères souffrants’.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (Il) 1981-1983, p. 35-36. A.T.L.P. (Paris), mars 1982, n° 19 P. 16-17. Lettre à la Dispersion, 1937, n° 690 p. 105 (Récit de son ordination par Mgr Neveu). Notices Biographiques