Christophe (André) FIGUET – 1895-1966

Note de retraites.
« Avoir toujours du travail sur le chantier. Je commencerai par prendre des
notes sur les ouvrages de l’an dernier. Ensuite je verrai d’après les
circonstances. Ce travail de notes se fera mieux le soir, il me tiendra
éveillé. Le matin sera consacré à l’Ecriture Sainte et à un ouvrage de
théologie pastorale (année
1945).
Je vais essayer cette année de reprendre davantage le travail intellectuel
sans forcer toutefois. Si je dois encore me ménager et tenir compte de mes
nerfs, je me rappellerai que le repos n’est pas l’oisiveté. Etre toujours
occupé même si je dois varier souvent
mes occupations (année 1949). Autant que possible je me préserverai au
moins une
heure par jour de lecture spirituelle ou instruction. Consacrer la matinée
à lire et à écrire. Pour mon programme d’études: revoir ce qui
concerne les sacrements. Questions médicales à suivre, en vue du ministère
auprès des malades (année 1954).
Je ne prends pas assez de notes au cours de mes lectures et études. Il y a
là une forme de mortification, de labeur et d’action paisible et forte à ne
pas négliger (année 1954) ». P. Christophore.

Christophe (André) FIGUET

1895-1966

Religieux de la Province de Lyon.

Le temps des études.

André Figuet naît le 27 janvier 1893 à Saint-Uze (Drôme), benjamin de 10 enfants. Son frère Paul se fait lazariste, missionnaire au Laos et une de ses Sœurs, Germaine, devient religieuse de la Présentation de Bourg-Saint-Andéol. André fait ses écoles primaires chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Saint-Amour (jura) de 1902 à 1904, puis à Saint-Rambert d’Albon (Drôme) de 1904 à 1906 et à Grenoble (Isère) de 1906 à 1907 avant d’entrer à l’alumnat de Miribel (Isère) de 1907 à 1912. Il prend l’habit et le nom de Frère Christophore au noviciat de Limperstberg (Luxembourg), le 6 octobre 1912. Sa première profession est datée du 7 octobre 1913 et sa profession perpétuelle du 11 avril 1915. Mais dès le mois d’août 1914, les frontières étant fermées à cause de la guerre, le Frère Christophore est obligé de travailler, isolé, dans des fermes comme ses confrères. En 1917, après bien des démarches, il peut rejoindre Louvain (Belgique) pour se consacrer à ses études de philosophie et de théologie (1917-1923). Il est ordonné prêtre le 5 août 1923. On l’envoie d’abord à Scherwiller, alumnat fondé depuis peu: il s’y montre déjà plein d’entrain, ennemi du repos, grand marcheur et entreprenant. Douvaine. Cet orphelinat, situé sur les bords du lac Léman (Haute-Savoie) et fondé en 1875 par un P. Joseph, ex- Barnabite, repris par l’Assomption en 1925, va être le lieu de vie du P. Christophore à deux reprises (1928- 1934 et 1937 à 1945). Il y arrive à un moment critique: le Directeur, Mgr Lesage, toujours sur les routes en tournées de quête, néglige le côté éducatif de l’œuvre: les enfants mal nourris, mai vêtus, sont animés d’un esprit de révolte, prompt à s’enflammer à l’adolescence. Le Supérieur, le P. Marie-André Pruvost, obligé lui-aussi de sortir souvent pour solliciter les bienfaiteurs, institue le P. Christophore Directeur: celui-ci redonne aux élèves le goût du travail, la force de la discipline et le soutien d’une grande piété.

Homme bon et ferme le P.Christophore fait merveille et change l’esprit de la maison. Il retrouve Douvaine en 1937, cette fois comme Supérieur en remplacement du P. Bornand. Energique, il commence par faire raser l’ancien pavillon vermoulu et trouve en M. Novarina de Thonon, le futur architecte de l’église du Plateau d’Assy, le collaborateur indispensable pour établir un nouveau bàtiment, le ‘berceau’, solide, gai et salubre. En octobre 1939, on peut prendre possession des nouveaux locaux, le troisième étage restant à construire (1945). Au moment de la guerre, le P. Figuet est mobilisé au fort de la Duchère à Lyon, mais très vite rendu à son couvre. Compatissant aux souffrances des malheureux, le P. Christophore aide des hommes, des femmes et des enfants traqués par la Gestapo à passer la frontière franco-suisse. Mais la nuit du 10 au 11 février 1944, par une bise glaciale, il est arrêté, la maison fouillée. Le maire d’Annemasse réussit à tirer des griffes allemandes le ‘Père des orphelins’, libéré le 17 février. Le curé de Douvaine, l’abbé Rosay et deux passeurs de Veigy, ont moins de chance: ils ne reviendront jamais des camps de concentration. Le P. Christophore ajoute à sa charge de l’orphelinat la prise en charge de la paroisse de Douvaine.

Nouveaux horizons.

En juillet 1946 le P. Christophore est nommé maître des novices à Pont-l’Abbé d’Arnoult d’abord (Charente-Maritime) où il prend le relais du P. Protin jaïn, puis à Nozeroy (Jura) de 1947 à 1952. Homme de foi, il pratique la maxime qu’il enseigne : « Ne rien demander, ne rien refuser ». Les épreuves ne lui sont pas épargnées, en 1947 il doit prendre un peu de repos pour fatigue nerveuse. Il écrit spirituellement: « Quand le train traverse un tunnel, ce n’est pas le moment de vouloir en descendre. Le Christ m’accompagnera tout le temps du voyage. Même si je ne le vois pas, si je ne le sens pas, il est là ». En 1952, le voilà encore supérieur de l’alumnat à Vellexon (Haute-Saône). Atteint d’une première crise cardiaque, le P. Christophore va passer deux années à Marseille (1954-1956), puis il est nommé à la Procure de Lyon (1956-1966). Il travaille à la rédaction du bulletin des Missions des Augustins de l’Assomption et à la direction des pèlerinages. Sur sa route, Lourdes La Saiette, Lisieux, Rocamadour, le Chablais, Rome, Banneux, Beauraing, Sainte-Odile en Alsace, Einsiedeln en Suisse… Chaque fois l’itinéraire est varié, minutieusement établi. En car, les commentaires sont choisis, sans oublier les temps de prière. Cette activité lui fait garder un apostolat direct de correspondance avec les pèlerins. Aimant voyager et découvrir les lieux, le P. Christophore n’a qu’un regret, ne pouvoir se rendre à Jérusalem. Pendant les interstices des pèlerinages, il trouve le temps de donner des conférences aux ‘Amitiés Mariales’ et aux ‘Veuves de Sainte Françoise Romaine’. A la suite d’une crise cardiaque, le P. Christophore est hospitalisé à l’hôpital Saint-Joseph à Lyon le 19 décembre 1965. Il y meurt le 24 janvier 1966. Ses obsèques sont célébrées le 26 janvier en l’église Saint-Irénée de Lyon. Le corps est inhumé au cimetière de Fourvière-Loyasse.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. janvier 1967 p. 173-174. L’Assomption et ses (Oeuvres 1966, n° 547 p. 20-21. Rhin-Guinée (Bulletin de la Province de Lyon), 1966, n° spécial 18 pages (Rogatien Pellicier). Echo de la maison Saint-François (Douvaine) mars 1966, n° 554, p. 13-14 et n° 555, p. 7- 10. Le P. Figuet a écrit dans le bulletin de Douvaine ‘L’Ange de l’orphelin° (1937-1945), celui des Missions des Augustins de l’Assomption (1956-1959). Il a laissé des notes de retraites, un cours sur St.-Thomas (novicat Nozeroy) des rapports sur les maisons de Scy- Chazelles (1934-1937), sur Douvaine (1937-1945), sur Nozeroy (1948-1951), sur Vellexon (1952-1954), des correspondances nombreuses (1914-1963). Notices Biographiques