Christophe/Christoff (Paul) PORTALIER – 1864-1934

Témoignage.
« Le P. Christoff n’a laissé que quelques rapports et quelques articles. Il
est impossible de faire une biographie avec ces pages. J’ai écrit à Mme
Vernhettes sa sœur au sujet des renseignements que vous me demandez.
Peut-être sera- t-elle à même de vous les fournir? D’après une Oblate d’ici
qui était supérieure à Andrinople au moment de la
guerre balkanique, c’est à cette époque que le P. Christoff a fait preuve
d’une charité sans borne, d’un dévouement à
toute épreuve à ses catholiques bulgares. Il s’est fait
distributeur de farine, de pain. Il a obtenu du gouvernement bulgare des
terres pour ceux qui avaient été obligés de laisser les leurs aux mains des
Turcs victorieux, à la fin de la guerre balkanique. On m’a raconté qu’il
est parti un jour avec des voitures chargées de pains, que lui ne prit
aucune nourriture, se contentant de faire la distribution. Le soir il
rentrait exténué et disait simplement que ce pain ne lui appartenait pas,
mais qu’il devait le donner intégralement aux malheureux ».

Lettre du P. Faustin Gerbet au
P. Gervais Quenard, Lorgues,
10 décembre 1934.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Paris. Un grand serviteur de la mission d’Orient. Paul Portalier voit le jour à Florac (Lozère) le 7 novembre 1864. Après ses études primaires, il est admis à l’alumnat du Vigan (Gard) en 1877. Il passe à celui d’Alès (Gard) en 1879. Le 2 octobre 1881Y il prend le nom de Frère Christophe, sous l’habit religieux assomptionniste, à Osma en Espagne. Il fait partie de l’équipe de novices en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle durant l’été 1883. Profès annuel en 1882, il prononce ses vœux perpétuels le 2 octobre 1883. Le lendemain de sa profession, il part d’Osma pour Constantinople, sous la conduite du P. Joseph Maubon chargé d’organiser une mission dans la capitale des Ottomans. Le Frère Christophe reste trois ans à Koum-Kapou (1883- 1886) et en passe une autre à Brousse (1886-1887). On remarque chez lui une surdité précoce. En septembre 1887, il est envoyé à Paris à la fois pour être soigné et pour entreprendre des études théologiques. Il suit les cours à l’Institut catholique de Paris (1887-1888), s’occupe du Bulletin de la Mission et aide le P. Vincent de Paul Bailly à la rédaction du Pèlerin. Il retourne alors en Orient, à Philippopoli en Bulgarie, comme professeur de philosophie au collège Saint-Augustin. Il est ordonné prêtre en cette ville le 22 décembre 1888. Après un séjour de deux ans à Philippopoli (1888- 1890), il est envoyé à Phanaraki (Turquie) comme directeur du petit séminaire oriental. Remplacé par le P. Louis Petit en 1891, il est nommé directeur de l’école à Koum-Kapou où il a fait ses premières armes en 1883. Il ronge un peu son frein comme professeur en espérant un jour avoir la vie libre et aventurière du missionnaire. Il revient pour trois ans à Philoppopoli (1892-1895) et retrouve Paris en 1895 où l’on essaie de trouver une solution appropriée à sa surdité. A.A Il travaille à la rédaction des Vies de Saints pendant deux ans (1895-1897). Il est à nouveau affecté à l’enseignement au collège Saint-Augustin à Philippopoli (1897). En 1900, il est envoyé au séminaire de Karagatch où il se familiarise avec le rite slave qu’il embrasse en avril 1902: il devient bulgare de langue, de célébration et de cœur. A partir de 1903, il est affecté à la mission de Mostratli, fonde celle de Sliven où il réside de 1903 à 1904 et devient vicaire général de Mgr Petkov (1911-1919) qui l’utilise comme secrétaire et le nomme archimandrite. Ayant bulgarisé son nom, sur son passeport, en Père Pavel Christoff, il se dévoue généreusement auprès des populations bulgares de Macédoine fortement éprouvées par les guerres balkaniques, multipliant les missions de secours à Andrinople, à Plovdiv et à Sofia. Pendant toutes les guerres balkaniques (1912-1913), il réside à Andrinople, décrit le siège de la ville et fait paraître les nouvelles pour les séminaristes bulgares qui n’ont pu quitter les lieux avant l’encerclement de la ville. Pendant la première guerre mondiale, il se fait quêteur pour venir en aide aux familles les plus délaissées et aux prêtres de rite oriental. Très en faveur dans les milieux gouvernementaux en raison de son action humanitaire, il cherche à favoriser la conclusion d’un concordat entre Rome et Sofia. En 1915, le P. Christoff s’établit à Sofia. En 1918, il est assigné à domicile à Yamboli pour être éloigné de Mgr Petkov devenu âgé et jugé sans doute trop influençable. Revenu en France en 1919, le P. Christoff peut reprendre ses activités à Philoppopoli de 1920 à 1921. Il est transféré à Kadi-Keuï, de 1921 à 1923, s’occupant des grands séminaristes bulgares. En 1923, on lui confie, en France, l’Archiconfrérie de Notre-Dame des vocations: il multiplie conférences, articles et récollections. En 1925, il tombe malade et est envoyé en repos à Locarno (Suisse). En avril 1932, il passe à la maison de repos de Lorgues (Var). Il souffre d’artériosclérose. Trop atteint pour être opéré, il meurt le samedi ler décembre 1934 à Lorgues. Les obsèques sont célébrées, en présence de Mgr Kourtev, le lundi 3 décembre. Le P. Christoff est inhumé au cimetière de Lorgues. On peut dire de lui qu’il a été un grand serviteur de l’unité et de la cause bulgares, même s’il n’en a pas toujours été récompensé.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1934, no 553, p. 365; no 556, p. 397-399; 1935, no 569, p. 97-112. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Dans les ACR, nombreuses correspondances du P. Christophe Portalier (1881-1928). On doit au P. Christoff Portalier: Pantaléïmon, Paris, Bonne Presse, 1912, 142 pages, un Journal du siège d’Andrinople (1912-1913), des rapports sur la Mission d’Orient, de nombreux articles, récits et chroniques relatifs à l’orient publiés dans Missions des Augustins de l’Assomption ou L’Assomption et ses Oeuvres. Notices Biographiques