Claudius (Jean-Baptiste) DUFRENEY – 1903-1961

Une première messe en
Bulgarie, 1948.
« Dimanche 1er août 1948, tout Jinitza est en fête, gros village à côté de
Kaloïanovo, pour célébrer les prémices d’un de ses enfants, le P. Ivan
Stanev. C’est ainsi que le héros de la fête de ce jour a quitté la Bulgarie
en 1938 pour sa formation religieuse en France et qu’il revient aujourd’hui
au village, fêté et accueilli à la gare par un
cortège, avec musique en tête, où dominent clarinettes, fifres, tambourins,
violons et la cornemuse bulgare ‘gaïda’. Tandis que le P. Ivan arrive, les
notables du village s’avancent. Ils portent en mains le pain et le sel
témoignages du bon accueil dans ce pays. Une voiture est prête, ornée à
l’orientale de tapis multicolores. On se presse dans l’église et on
s’installe accroupi. Le P. Ausone Dampérat assiste le nouveau prêtre. Son
oncle, le Père Tobie, curé de Kaloïanovo, s’est réservé le sermon de
circonstance. La
cérémonie se prolonge dans un interminable baisement de mains, puis on
distribue les images-souvenirs. Au dehors, on danse le ‘horo’ pour
accompagner en spirales gracieuses et en cortège le nouveau prêtre… ».
D’après le P. CI. Dufreney.

Claudius (Jean-Baptiste) DUFRENEY

1903-1961

Religieux de la Province de Lyon.

Un Savoyard de Maurienne.

Jean-Baptiste Dufreney naît le 28 juillet 1903, à Saint- Georges d’Hurtières (Savoie), au diocèse de Saint- Jean de Maurienne. Il entre à l’alumnat de Saint- Sigismond en 1916 et poursuit ses humanités à Vinovo (1919-1921). Il prend l’habit à Saint-Gérard en Belgique, le 31 octobre 1922, sous le nom de Frère Claudius. Au lendemain de ses premiers vœux prononcés le 1er novembre 1923, le Frère Claudius accomplit son temps de service militaire. Libéré en mai 1925, il passe quelques mois à Saint-Sigismond, avant de partir faire sa philosophie à Saint-Gérard (1925-1927). Le 29 août 1928, il prononce ses vœux perpétuels à Louvain. Il y poursuit ses études de théologie et il est ordonné prêtre le 2 août 1931. A partir de cette date, nous le trouvons à différents postes en Orient: Yamboli en Bulgarie comme professeur (1931-1932), Varna au collège Saint- Michel en Bulgarie (1932-1934), Plovdiv au collège Saint-Augustin (1934-1948). Ce séjour de 14 ans n’est interrompu que par la seconde guerre mondiale au cours de laquelle le P. Claudius est mobilisé en Syrie (Beyrouth). Après la fermeture du collège Saint- Augustin et son retour en France, le P. Claudius est envoyé à Miribel-les-Echelles (Isère) pendant l’année scolaire 1948-1949, avant d’être nommé supérieur du collège de Bugeaud à Bône (1949-1951). Il est encore nommé professeur à l’orphelinat de Douvaine (Haute- Savoie) de 1951 à 1953 et économe de la maison de Lorgues (Var) pendant une année (1953-1934). Il repasse la Méditerranée en 1954 pour aller enseigner dans le collège de La Marsa en Tunisie (1954-1956). Il passe une année à l’alumnat de Cannero, sur les bords du lac Majeur (1956-1957). Après un petit stage au collège de Mongré, à Villefranche-sur-Saône (Rhône),

il arrive à Vellexon (Haute-Saône) en septembre 1958.

Le temps de la sédentarité, Vellexon.

Vellexon, pays natal du P. Pernet, enthousiasme le P. Claudius. Tout l’intéresse: le pays boisé, les gens un peu réservés, les alumnistes francs-comtois auxquels il enseigne en classe de cinquième. Les sciences naturelles sont sa spécialité, botanique et géologie n’ont pas de secret pour lui. Ecologiste avant l’heure, ami des plantes et des pierres, des animaux et de la nature en général, il forme, aux heures creuses, parmi les alumnistes des apprentis jardiniers qui utilisent tous les coins du parc pour leurs essais botaniques. Les champignons entre ses mains ne causent pas de surprise, une fois dans l’estomac, et les récréations se transforment en courses, à la chasse aux papillons. Il sait faire partager sa joie et son intérêt pour les matières qu’il enseigne avec un tour didactique et une application pratique. Les bordures des fenêtres sont agrémentées de jardinières, les bords d’armoires décorés de bouquets. Les nuits d’été, il aime observer le champ scintillant des étoiles. Les petits oiseaux sont attirés par les appâts qu’il dispose sur le bord des fenêtres et sont familiers au point de venir becqueter les collections de papillons épinglés sur les murs. Le P. Claudius souffre de rhumatismes. Le 23 décembre 1961, il ressent l’urgence d’une consultation médicale. Le Dr lui trouve le cœur un peu faible, mais surtout lui recommande de s’abstenir du tabac. Le 24 décembre 1961, on le trouve dans sa chambre inanimé et étendu sur le plancher, terrassé par une crise cardiaque. Le Dr ne peut que constater le décès. Le Père n’a que 58 ans. Les obsèques sont célébrées le 27 décembre, présidées par le Père Vonrospach et l’absoute est donnée par le Supérieur de la maison, le P. Libermann Weisshar. Le P. Claudius est inhumé à Vellexon, dans la tombe réservée au clergé du village, aux côtés de l’abbé Tronet, l’ancien curé de la paroisse qui a tant favorisé l’implantation de l’alumnat et celle de la communauté des Petites Sœurs de l’Assomption, au pays natal du P. Pernet.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. octobre 1962, p. 174-175. Lettre à la Famille 1962, n° 334, p. 253-254. Rhin-Guinée, février 1962, n° 36. Echo de l’alumnat Etienne Pernet (Vellexon), mars 1962, n° 10 p. 3-4. Missions des Augustins de l’Assomption, 1949, n° 1, p. 4-5 (récit d’une première messe en Bulgarie). Correspondances dans les ACR du P. Claudius Dufreney (1931-1940) et rapports sur BÔne (1949-1951). Notices Biographiques