Claudius PAVILLET – 1887-1919

Mendoza, 1915.
« Après avoir mûrement réfléchi, je crois bien faire en répondant à l’appel
militaire qui me concerne. Le P. Emmanuel Bailly a laissé aux religieux
toute liberté de faire ce que leur inspire leur conscience et La Lettre à
la Dispersion nous apprend comment en Europe on y a répondu. Des emplois
plus importants que celui que j’occupe ici ont été abandonnés. Je ne me
crois pas nécessaire ici et le travail que je faisais ne sera pour personne
une bien lourde charge. Venu au Chili sans en avoir jamais manifesté un
bien ardent désir, je ne crois pas prudent de me fermer pour longtemps
peut-être les portes de la France. C’est d’ailleurs avec grand plaisir
qu’une fois libéré, si Dieu me prête vie, je demanderai à rejoindre mon
poste, n’ayant aucun grief contre cette mission que j’aime et où, je crois,
j’avais commencé à me donner de tout cœur. J’espère que vous ne verrez
aucun inconvénient
à ce que j’aille au Consulat demander mon passage pour le navire qui part
le 10 août. Comme la corrida [?] n’est pas nombreuse, les Pères ne seront
pas surchargés par les confessions et mon départ ne leur pèsera pas trop. A
moins d’imprévu ou contre-ordre, je partirai de Mendoza dimanche
».

Notices Biographiques A.A

Religieux français, en mission au Chili. Un Savoyard, proche du berceau des alumnats. Claudius Pavillet est né à Plancherine, près d’Albertville (Savoie), le 26 décembre 1887. Il fait ses premières études chez les Frères des Ecoles chrétiennes à Notre-Dame de Saint-Sigismond. Deux de ses frères entrent dans la Congrégation des Oblats de Marie, l’un meurt missionnaire en Chine. C’est son curé qui lui fait connaître l’alumnat de Notre-Dame des Châteaux (Savoie). Il y est reçu en septembre 1898 et accompagne ses compagnons exilés après le procès de 19011903 à Mongreno, près de Turin (1903-1904). C’est à la Visitation d’Annecy, près du tombeau de saint François de Sales, qu’il affermit sa vocation. Les portes du noviciat s’ouvrent pour lui à Louvain en Belgique, le 18 septembre 1904, jour de sa prise d’habit. Il y prononce ses premiers vœux le 18 septembre 1905 et ses vœux perpétuels le 7 juin 1907. Sur place, il suit les cours de philosophie et de théologie (1906- 1912), sous la direction du P. Merklen auquel il voue une grande admiration et une forte reconnaissance pour la stimulation intellectuelle reçue. Il y est ordonné prêtre le 7 juillet 1912. Excellent étudiant, considéré comme l’un des meilleurs de sa promotion, il est encouragé à poursuivre un temps d’études. Le P. Emmanuel Bailly lui demande alors de perfectionner son parcours théologique en venant étudier une année à Rome (1912-1913). Missionnaire au Chili. L’obéissance lui désigne, comme premier poste, la mission au Chili. Il met le pied sur la terre chilienne en décembre 1913. On le destine d’abord à la maison de Mendoza, près de Rengo, où il se perfectionne dans la langue espagnole et il assure le service religieux dans plusieurs paroisses voisines. A.A Il prête son concours aux exercices et retraites qui sont donnés sur place. Au bout de deux ans, il est envoyé à la mission de Talcahuano. Il consacre tout son zèle à cette grande paroisse confiée par l’évêque à l’Assomption, s’occupant plus particulièrement des élèves de deux institutions religieuses tenues par les Sœurs de l’Immaculée Conception et des religieuses de la Charité. En 1915, il éprouve le besoin et la nostalgie d’un retour en France. La guerre fait rage depuis plus d’un an et il ne croit pas devoir se soustraire à ses obligations militaires. Le P. Joseph Maubon en décide autrement. Le P. Claudius aime aussi visiter les malades dans les hôpitaux. Vicaire et aumônier, il entend aussi évangéliser les populations plus délaissées de Yumbel, constituées de pêcheurs qui vivent disséminées sur les côtes. Il parvient à établir pour elles un service religieux régulier, à fonder une confrérie chrétienne et à faire édifier une modeste chapelle. Le Père Claudius arrive à connaître toutes les familles. Mort du typhus. Durant les premiers mois de l’année 1918, il se dépense souvent auprès des malades de l’hôpital de Talcahuano, atteints du typhus qui sévit avec rage dans cette contrée. C’est au chevet des mourants qu’il contracte la maladie. Terrassé par une forte fièvre, il doit à partir du 6 janvier 1919 garder la chambre. Les médecins ne lui cachent pas la gravité de son mal et le peu de moyens à leur disposition pour l’en guérir. Après trois semaines de grandes souffrances, il meurt le 27 janvier 1919, à 31 ans accomplis. Ses funérailles sont célébrées dans l’église paroissiale de Talcahuano le 29 janvier et donnent lieu à une imposante manifestation de sympathie. Le corps du P. Claudius est conduit au cimetière à travers les rues de la ville, avec la participation de centaines de personnes. Le corps du P. Claudius est inhumé dans un caveau prêté par charité, la communauté de disposant pas d’une concession.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion, 1919, n° 554, p. 49-50; n° 566, p. 217-220. L’Echo de Notre-Dame (Saint-Sigismond), juillet-ao0t 1919, n° 6, p. 88-93. Notice biographique par le P. marie-Alexis Gaudefroy. Lettre du P. Claudius Pavillet au P. Joseph Maubon, Mendoza, 4 août 1915. Dans les ACR, du P. Claudius Pavillet, correspondances (1912-1915). Notices Biographiques