Clément FORT – 1893-1941

Billet en 1940.
« Le P. Brendan [Fox] s’excuse de ne pouvoir annoncer son départ. Il part à
l’instant dans la direction de Rennes pour rejoindre les Anglais qui sont
partis il y a trois jours.
Les dix novices de Taintegnies que nous avons hébergés, sont partis dans la
direction de
Pont-l’Abbé d’Arnoult. Nous sommes envahis de réfugiés: cette nuit, nous en
avions 300.
La fatigue commence à se faire sentir, étant seul avec le Fr. Pierre
[Kneip].
Espérons que l’invasion va bientôt s’arrêter.
Recevez mon bien cher Père l’expression de mes sentiments tout dévoués en
Notre- Seigneur.

Frère Clément, Les Essarts 22
mai 1940.

D’après la Répartition de
1940, la communauté du noviciat des Essarts se compose de 2 religieux
prêtres, PP. Bredan Fox et Henri-Ferdinand Destouches, et de 3 religieux
convers: Fr. Victor Becquet Auguste Durand et Clément Fort.

Clément FORT

1893-1941

Religieux de la Province de Paris.

Fiche de présentation.

Clément Fort voit le jour le 20 novembre 1893 à la Chauvière, canton de Légé (Loire-Atlantique), au diocèse de Nantes. Il prend l’habit à Louvain le 28 décembre 1913. La guerre de 1914 le surprend en Belgique et le coupe de toute communication avec le centre de la Congrégation. L’émission de ses vœux en est retardée, même si sa situation militaire n’est pas en cause puisqu’il en est exempté. Il prononce sa première profession à Bure le 28 mai 1918. Le P. Possidius Dauby écrit à son sujet: « Le P. Marie- Joseph Novier, chez qui le Frère Clément se trouve depuis 6 mois environ, formule sur lui le jugement suivant: le n’ai qu’à me louer du frère, de son bon esprit, de sa piété, de son obéissance, de sa régularité. Je n’ai eu aucun reproche à lui faire: il fait très bien son travail et nous rend beaucoup de services. Je serais heureux qu’il soit admis à la profession’. Je me permets pour ma part de signaler respectueusement que sa situation militaire est très claire: il est réformé depuis 1914. Je ne suis pas en mesure de savoir si ce jugement de réforme sera révisé ».Le Frère Clément renouvelle ses vœux à Saint-Gérard, le 28 mai 1921 et y prononce ses vœux perpétuels le 15 septembre 1922.

Emplois et résidences

Voici les diverses résidences du Frère Clément, où il est partout employé comme jardinier: Louvain, d’avril à décembre 1913, Gempe, de décembre 1913 à juillet 1916, Bure, de juillet 1916 à septembre 1919,

Saint-Gérard, d’octobre 1919 à octobre 1922,

Les Essarts, d’octobre 1922 à août 1926,

Hitchin, d’août 1926 à avril 1936,

Les Essarts d’avril 1936 au 25 mars 1941.

Très fatigué depuis quelques mois en 1941, le Frère Clément continue son travail de jardinier avec son énergie et son abnégation coutumières. A peu près seul à veiller sur la maison des Essarts occupée par les Allemands, il ne songe guère à se soigner, ce qui d’ailleurs semble avoir été le dernier de ses soucis. Il tient bon jusqu’au moment où ses forces l’abandonnent complètement. Lui-même écrit au P. Possidius le 11 mars 1941: « Ma santé laisse beaucoup à désirer, la toux persiste toujours, surtout la nuit, et le cœur est très fatigué. Le P. Aristide [Hovaer] vous en aura sans doute dit un mot. Il est difficile de me soigner, étant pratiquement seul, surtout avec tout le travail qu’il y a à faire, particulièrement en ce moment au jardin. J’espère que quelque chose pourra s’arranger en attendant que la santé se rétablisse ». La suite nous est connue de façon abrégée: le Frère Clément doit être transporté à Paris le 23 mars 1941, dans un état désespéré. Il est aussitôt hospitalisé à l’hôpital Saint-Joseph où il meurt le 2 avril 1941.

Hommage à la mémoire du Frère Clément.

Le P. Marie-Michel Cornillie lui rend ce beau témoignage fraternel:

« Je suis personnellement très affecté de la mort du bon et saint Frère Clément que j’ai particulièrement bien connu à Saint-Gérard, pendant mon noviciat. J’ai conservé de lui des souvenirs très édifiants sur sa patience et son esprit surnaturel. Ce que vous me dites de la régularité de sa vie religieuse, malgré son isolement, ne m’étonne pas du tout. C’est vraiment un parfait religieux, et je serais infiniment heureux, si je pouvais trouver un jour, parmi nos jeunes gens, une vocation comme la sienne ». P. M.M. Cornillie, 9 avril 1941.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1941, n° 839, p. 242-243; n° 841, p. 267. Lettre du Frère Clément Fort au P. Rémy Kokel, Les Essarts 22 mai 1940. Rapport aux examinateurs généraux (ACR: 21W 69) La Lettre à la Dispersion a publié en 1940, n° 832, p. 168, une chronique de la vie des Essarts pendant la guerre, écrite par le Frère Clément Fort. Ce texte est peu connu, car les circonstances n’ont guère permis la diffusion des bulletins de la Congrégation pendant cette période. Notices Biographiques