Clément (Henri-Emile) GOEDERT – 1919-1990

Détails ultimes.
« Le P. Clément eut pour sa part une fin plus complexe. Le Père souffrait
depuis longtemps de maux cardiaques
(pile) et d’essoufflements douloureux à supporter, manifestations d’un état
qui ne pouvait aller qu’en se dégradant. Les dernières semaines furent
pénibles pour lui et pour les Sœurs qui l’ont soigné avec grand dévouement.
Je lui proposai de recevoir le sacrement des malades, il accepta avec foi
et bonheur. Sœur Maurice le reçut en même temps avec lui. Le Docteur
Michaux ordonna le transfert du Père Clément à l’hôpital du Saint Esprit
d’Agen. Les derniers jours il a perdu conscience et ses infirmières
s’étonnaient de le voir survivre. Le dimanche 21 janvier [1990], un coup de
téléphone nous avertissait qu’il s’était éteint doucement au cœur de la
nuit, à 3 heures du matin. La sépulture fut simple et priante. Le P. Michel
Derache, représentant le P. Zago, présida la cérémonie et fit l’homélie.
J’ai regretté que lui qui se dévoua tant pour les missions ne fut pas plus
entouré. Seuls les Pères des
communautés les plus proches sont venus, une nièce de Paris, mais sa sœur
aveugle et âgée fut arrêtée par son médecin ». P Jean Pineau, 14.02.1990.

Clément (Henri-Emile) GOEDERT

1919-1990

Religieux de la Province de France.

Etats de service.

Henri-Ernile Goedert est né le 22 septembre 1919 à Dieuze (Moselle). Un bref passage à la maison des vocations tardives de Saint-Denis (1934), au nord de Paris, et deux années à l’alumnat de Chanac en Lozère (1935-1937) le conduisent au noviciat des Essarts (Seine-Maritime) où, le 2 octobre 1937, il prend l’habit assomptionniste sous le nom de Frère Clément. Profès le 3 octobre 1938, le voilà à Layrac (Lot-et- Garonne) pour l’année complémentaire. En 1939, comme beaucoup d’autres, il est appelé sous les drapeaux. Démobilisé en 1942, il peut accomplir à Lormoy (Essonne) et à Layrac ses études ecclésiastiques. Revenu à Lormoy, il est profès perpétuel le 27 décembre 1944 et prêtre le 7 mars 1948. Il est successivement professeur à l’aluninat de Soisy-sur-Seine (Essonne), de 1948 à 1949, vicaire à Montmirail (Marne) de 1949 à 1952, éducateur à l’orphelinat Halluin d’Arras (Pas-de-Calais) de 1952 à 1954, vicaire à Longpont-sur-Orge (Essonne) de 1954 à 1958, vicaire à la paroisse des Essarts de 1958 à 1959, éducateur et sous-prieur à l’orphelinat d’Arras de 1959 à 1960, curé de Clairmarais (Pas-de-Calais) et directeur de la maison de retraites spirituelles dans l’ancien alumnat de 1960 à 1979, enfin aumônier adjoint au couvent du Sacré-Cœur à Vendôme (Loir- et-Cher) de 1979 à 1981. Arrivé à Layrac au cours de l’été 1981, il reste actif et met ses compétences philatéliques au service des missions. Le 8 janvier 1990, des difficultés respiratoires et un affaiblissement du cœur nécessitent son hospitalisation à Agen où il meurt le dimanche 21 janvier à trois heures du matin. Ses obsèques, suivies de l’inhumation, se déroulent à Layrac, le mardi 23 janvier. Le P. Michel Derache qui a bien connu le Père Clément à Clairmarais, préside la cérémonie.

Le Père Clément, un homme de foi.

Le P. Clément, dans son ministère paroissial -il a en effet passé 26 ans en paroisse dont 19 à Clairmarais- a dû souvent évoquer cette foi en la résurrection de jésus et en la nôtre, lui qui, plein de délicatesse, savait se faire proche des familles dans la peine. C’est le sens d’un témoignage donné par une personne de Clairmanis à l’annonce du décès du Père Clément. Finalement avec Marthe, sœur de Lazare, il nous reste à faire notre profession de foi, au Seigneur., ‘je crois que tu es le Christ, je crois que tu es le Fils de Dieu, Celui qui vient dans le monde’. C’était la profession de foi du P. Clément qui avait une haute idée du sacerdoce, qui passait du temps à préparer des homélies rédigées de sa petite écriture très fine et régulière et qui, limité dans sa santé, a gardé le souci de la Mission en assurant le service philatélique de cette maison avec d’autres confrères… (1). La rencontre des personnes et, surtout, son écoute attentive des uns et des autres, l’ont rendu docile à découvrir la trace de l’Esprit de Dieu agissant en elles. Avec beaucoup de bon sens et de simplicité, il fut le conseiller d’une multitude de gens dont les nombreuses lettres manifestent l’attachement (2).

L’esprit missionnaire du Père Clément.

Le P. Clément a au cœur l’amour des missions. Sans doute sa fragile santé ne lui permit-elle pas de s’expatrier pour s’adonner à cet apostolat lointain. Mais il se souciait toujours d’aider ses frères partis au loin par des collectes de timbres et par leur vente. Depuis toujours il s’intéressait aux collections. Il en avait une personnelle, fort bien classée. Aussi trouva-t-il tout à fait dans ses cordes de mettre ses connaissances et son expérience au service de cette oeuvre missionnaire. Vous qui l’avez connu, du moins par son action philatélique et, plus encore, par la foi dont il témoignait et par l’amour dont il vous aimait, vous ne l’oublierez pas dans vos prières. Et vous demanderez, par son intercession, d’avoir un cœur large comme le monde, pour atteindre ces champs apostoliques où nos frères s’efforcent d’être des témoins de Jésus-Christ (3).

(1) D’après l’homélie du P. Michel Derache. (2) Témoignage du P. Jean Pineau dans Voulez-Vous? n° 152. (3) Cf Ci-dessus, note 2.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p. 83. Assomption France, Nécrologie année 1990, p. 168-169. Voulez-vous (Bulletin de Layrac), avril-juin 1990, n° 152, p. 6-8 et 13-15. Du P. Clément Goedert, dans les ACR, ses rapports annuels sur Clairmarais (1961-1963). Lettre du P. Jean Pineau au P. Claude Maréchal, Layrac, 14 février 1990. On doit au P. Clément Goedert quelques articles dans la rubrique de ‘philatélie missionnaire’ du bulletin de Layrac, Voulez-vous? Notices Biographiques