Clovis Touvron – 1912-2004

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Le Père Clovis est né le 29 décembre 1912 à la Tranche-sur-Mer (Vendée). Son père Clovis meurt à Verdun en 1916 et sa mère devenue veuve de guerre prend la responsabilité de la famille. Clovis a eu un frère, Louis et une soeur Marie devenue religieuse bénédictine du Calvaire à Poitiers.

Clovis fait ses études au collège St-Joseph de Fontenay-le-Comte, établissement tenu par des prêtres du diocèse. C’est au contact de l’abbé Bouniol qu’il sent un appel au sacerdoce pour servir le monde de la mer. Il connaît alors le Frère Eugène Bergé, ancien de la mission de Terre-Neuve.

En 1933 Clovis entre au noviciat à Nozeroy et commence son itinéraire d’étudiant&nbps; : fondation de Pont-l’Abbé-d’Arnoult de Layrac, passage à Scy-Chazelle, service militaire. Pendant la guerre, il a été fait prisonnier en &bnps;1940 jusqu’en 1943. Pendant sa captivité il est envoyé à Toulouse à la poudrerie comme ingénieur. Il exerce son apostolat à l’orphelinat de la Grande Allée de Toulouse et retourne à Lormoy en 1945. Le 9 juin 1946, il est ordonné prêtre et faute d’œuvre de la mer il est envoyé au Collège Saint-Caprais à Agen. C’est là que le Père Régis Escoubas lui offre de partir comme missionnaire au Chili et c’est ainsi que Clovis arrive en 1948 à Santiago accompagné du Père Joachim Duret et Théophane Bachard le 28 février. Il y a vécu dans les communautés de Valparaiso, Lourdes-Santiago, Los Andes, Lota. En chaque lieu, le Père Clovis venait avec sa générosité apostolique, son bon humour et sa joie dans la vie fraternelle, ses anecdotes toujours originales, son esprit de service pour les choses matérielles (électrique, mécanique), son esprit d’invention et sa capacité à se déplacer en voiture et en moto. Le tout était accompagné d’un grand esprit missionnaire.

En 1969 il arrive à Lota, jel’accueille et nous avons vécu ensemble plusieurs années. Je trouvais en lui un frère attentif de bons conseils qui m’a toujours été présent malgré les changements dans la commuauté : je pouvais toujours compter sur lui. A Lota son apostolat a été toujours très actif mais vers la fin de sa vie il a dû s’adapter aux conditions de sa santé. Il a donc accepté cette nouvelle vie et est devenu le confesseur et conseiller de prêtres et laïcs qui savaient qu’il était toujours disponible. De ses mémoires et des entrevues qu’il a données aux élèves du collège on peut retenir quelques pensées : 

« Pour un prêtre l’endroit privilégiée est le confessionnal. C’est extraordinaire de voir comment les gens cherchent un prêtre qui a le temps pour écouter ». Il a vécu une purification. Il écrit « Quand je suis arrivé à Lota j’avais 57 ans et mauvais caractère, je me sentais diminué physiquement et intellectuellement. Mais un ancien aussi peut attirer par sa paix. Quand je dis :  » Laissez-moi en paix », ce n’est pas la paix du Christ que je veux, sinon ma tranquilité égoïste. Comme un enfant bien nourri se réfugie dans les bras de sa maman il faut aussi s’abandonner à toutes les misères de toute vie. »

Les années passent. Clovis, toujours fidèle à sa messe de chaque jour, à son bréviaire, à son confessional à sa présence active et discrète à la communauté. Frère jusqu’au bout de sa vie qui se termine le 26 août dans l’octave de la fête de saint Louis, roi de France en l’an 2004.

Clovis rappelle-toi et nous avec toi ce cri :

« Clovis amigo, Lota está contigo »

P. Olivier d’Argouges, AA (Noviciat de Pomaire)
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Bibliographies