Colman (Jan) KOHLMANN – 1917-1976

Neuss, 1963.
Après plus d’un essai, l’Assomption a fini par prendre racine en terre
allemande. Il y a actuellement trois communautés. Au diocèse de Trèves, la
Province de Lyon, a
construit un bel internat, Mayen. La Hollande de son côté, après une longue
préparation, a pris
en charge deux importantes paroisses au diocèse de Cologne, Leverkusen,
Neuss- Reuschenberg. Neuss se trouve sur la rive gauche du Rhin, c’est une
ville industrielle et commerciale dont la population, au début du siècle,
était de
25.000 habitants, mais maintenant plus de 100.000. C’est d’ici [Novesium]
que partit l’une des trois légions de Varus pour aller se faire tailler en
pièces par Hermann, alias Arminius. Neuss n’est pas une ville épiscopale,
mais elle est fière d’être la patrie de notre archevêque, le cardinal
Frings. Elle est répartie entre deux doyennés, Neuss-Nord avec 10
paroisses, Neuss-Sud avec 12 paroisses dont la nôtre, Sainte- Elisabeth.
Tout ci parle le langage des fleurs, même les
noms de rues. Notre paroisse est de fondation récente. La construction de
l’église, projetée en 1939, fut entravée par les Hitlériens. Saint Quirin
est le patron de la ville. L’église a été achevée en un temps-record,
consacrée le 21 octobre 1952 ».

Religieux allemand de la Province des Pays-Bas.

Une vie entre deux frontières, Hollande et Allemagne.

Jan Josef Herman Kohlman vient au monde avec la nationalité allemande, le 12 janvier 1917, à Arnhem (1) aux Pays-Bas, au diocèse d’Utrecht, où se sont installés ses parents, Josef Kohlmann et Hendrika- Johanna, née Tijdink, qui iront ensuite s’établir à Gendrigen. Il fait ses études secondaires à l’école apostolique Sainte-Thérèse à Boxtel (1931-1937). Le 26 septembre 1937, Jan prend l’habit religieux à Taintegnies (Belgique), sous le nom de Frère Colman (2). Le P. Domitien Meuwissen, son maître des novices, note à son sujet: « Le Frère Colman est un novice qui fait humblement son chemin. Il est très attaché à sa vocation. Il a excellent esprit, mais il est lent, hésitant, embarrassé. Il ne saisit pas vite ce qu’on lui dit. Il doit être un peu dur d’oreille ». Colman fait profession le 27 septembre 1938 à Taintegnies. De 1938 à 1939, il va étudier la philosophie à Saint-Gérard. Comme ses confrères, devenu ses compatriotes, le Frère Colman, au moment de la seconde guerre mondiale, est envoyé au scolasticat de Bergeyk pour y achever ses études de philosophie. Le P. Gondulphus Bovens le reçoit aux v?ux perpétuels, le 25 mars 1944. Le Frère Colman fait également à Bergeyk toute sa théologie (1940-1945); il y est ordonné prêtre le 15 avril 1945. Il ne peut échapper tout à fait aux malheurs du temps. De septembre 1945 à janvier 1946, il est interné dans un camp à Nimègue et embrigadé dans la Wehrmacht. Entre janvier et septembre 1946, il retrouve la liberté et sa famille religieuse au noviciat de Moergestel. C’est dans le cadre paroissial qu’il passe ensuite toute sa vie sacerdotale et ministérielle: Raalte (octobre 1946-février 1951), Sainte-Agnès (3) à Nimègue (février 1951-1953), Boxtel (mai 1953-septembre 1958). A partir de 1958,

il quitte les Pays-Bas pour prendre des fonctions paroissiales en Allemagne fédérale (R.F.A.): Hannef (septembre 1958-1960), Poppelsdorf (décembre 1960-1963), Neuss-Reuschenberg et Duisdorf (1963-1966), Kruiskamp den Bosch (1966-1968), Buschhoven (septembre 1968- 1976). C’est dans cette paroisse de Swisttal-Buschhoven (4) qu’il meurt le 15 juillet 1976, dans sa 60ème année. Il est inhumé dans le cimetière paroissial.

(1) Arnhem est une importante localité néerlandaise, capitale de la Gueldre, sur le Rhin. (2) Ce prénom n’est pas inconnu des sanctoraux et des martyrologes: on n’en compte pas moins de 14. Nous ignorons quel est exactement celui retenu par le Frère, mais nous ne pouvons manquer de le mettre en relation phonétique avec son propre nom patronymique. En raison de cette proximité, on trouve souvent Colman orthographié fautivement ‘Colmann’. (3) Sainte-Agnès à Nimègue est le nom d’un établissement scolaire où le P. Colman fait très provisoirement fonction d’économe. La prise en charge par l’Assomption néerlandaise d’une paroisse à Nimègue, Notre-Dame de l’Assomption, date d’octobre 1956. Cette paroisse est créée par l’Assomption, sur proposition de l’évêque de Bois-le-Duc (‘s-Hertogenbosch), Mgr Wilhelmus Mutsaerts. L’église paroissiale est construite de 1960 à 1962 et solennellement bénie le 29 septembre 1962. (4) La prise en charges de paroisses dans le diocèse de Cologne, alors en R.F.A., au lendemain de la seconde guerre mondiale s’explique d’une part par le généreux développement de l’Assomption néerlandaise en quête de postes à pourvoir pour les religieux, déjà établis au Brésil, au Liban, en Nouvelle-Zélande , en France (paroisses de l’Est) et d’autre part par les nombreuses demandes de diocèses d’Allemagne en manque de pasteurs, suite aux ravages de la guerre. C’est ainsi, par exemple, que l’archidiocèse de Cologne, a perdu de 1940 à 1945 environ 500 prêtres. Les premiers pourparlers d’établissement de l’Assomption néerlandaise en Allemagne remontent à novembre 1957. Les interlocuteurs sont d’une part le P. Marius Van Den Boogaard, supérieur provincial, et le vicaire général l’abbé Josef Teusch. En novembre 1957, la Curie généralice donne son accord. Trois Assomptionnistes, les PP. Romuald Nijsen, Colman Kohlmann et Plechelmus Veldhuis, forment la première équipe fondatrice, le premier à Waldbrôt, le second à Hannef [parfois mentionné Hennef] et le troisième à Friesenhagen. Il s’agit dans un premier temps, en mai 1958, de bien apprendre la langue allemande et de se mettre sous la direction d’un curé allemand pour s’initier à la pratique pastorale. Dans l’esprit de la fondation, il est question de prendre pied en Allemagne, d’y ouvrir une école vocationnelle sans tarder et d’y vivre en communauté. En 1960, le P. Romuald Nijsen est nommé curé à Duisdorf, près de Bonn. C’est en 1963 qu’une communauté assomptionniste prend possession de l?église Sainte-Elisabeth à Neuss-Reuchenberg.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (1) 1975-1980, p. 31. In memoriam P. Johannes Kohlmann 1917-1976, (texte dans De Schakel, 1976). Dans les ACR, du P. Colman Kohlmann, une lettre de 1960 publiée dans De Schakel. [Lettre d’information sur la situation de Neuss, dactylographiée, non signée, non datée, surchargée de corrections manuelles, adressée au P. Domitien Meuwissen. D’après le contexte, nous croyons pouvoir la dater de 1963].