Constant GILSON – 1924-1998

Témoignages.
« Je me souviens très bien du P. Constant Gilson. un homme un peu ‘sui
generis’, mais
ayant un grand cœur et beaucoup d’humour, qui, sans crier sur tous les
toits, a certainement aidé beaucoup de gens. Il fut mon professeur de
sociologie à Saint-Gérard. C’est lui qui, à l’occasion de sa visite au
sanatorium de Montana (Suisse) où le Père Oscar Goreux et moi-même nous
étions comme malades, a créé la possibilité pour le P. Oscar d’entamer ses
études de théologie en vue de la prêtrise Du P. Louis Augustijns, 18
octobre 1998.
« C’est en épervier que les scouts ont choisi de totémiser le P. Constant,
mais cette appellation n’a jamais réussi à remplacer les autres. Quel
bonheur il ressentait quand on prenait un malin plaisir à l’appeler
‘Monsieur le Curé de La lm Messe’!. Bien plus que le Curé’, il était
aussi, ‘M. Souvenir’ quand il passait des soirées entières à nous raconter
son histoire ou celle du village, notre ‘M.
Bricolage’ quand on s’amusait à lui demander en prêt un objet qu’il
n’aurait certainement pas. Bien rares les fois où il ne put satisfaire nos
exigences… ».
Ouvriers paroissiaux.

Constant GILSON

1924-1998

Religieux de la Province de Belgique-Sud.

Chronologie d’une vie.

Constant Gilson est né à Grand-Halleux (Belgique), le 3 janvier 1924. Il fait ses études secondaires à l’Assomption, dans les alumnats de Bure (1935-1939) et de Sart-les-Moines (1939-1941). Comme son frère, le P. Bernard, il décide de devenir religieux et prend l’habit à Taintegnies, le 28 septembre 1941. Il prononce ses premiers vœux le 29 septembre 1942. Au Bizet, il commence alors ses études de philosophie (1942-1943), poursuivies à Saint-Gérard (1943-1945). C’est également à Saint-Gérard qu’il poursuit ses études de théologie (1945-1948), terminées à Hal (1948-1949) où la Province de Belgique eut un scolasticat de 1948 à 1952. Profès perpétuel le 27 septembre 1947, il est ordonné prêtre à Hal le 8 mai 1949. Après quelques années d’enseignement, c’est principalement dans le ministère paroissial que le P. Constant exerce son apostolat sacerdotal: en 1949, il est ‘collecteur’ à Saint-Gérard, puis professeur d’histoire de la philosophie et de la sociologie au scolasticat et professeur de religion à l’école technique de Lesve (1950-1952). De 1952 à 1969, il est nommé prêtre-adnùnistrateur à la paroisse de Graux-Bossière; de 1969 à 1998 il est principalement curé-adnùnistrateur à SaintGérard, avec un service provisoire à Maison (1973) et permanent à Graux (1973-1998). Le P. Constant meurt d’un arrêt cardiaque brutal à Saint-Gérard, le 17 octobre 1998. Il est inhumé le mardi 20 octobre suivant.

Evocations de la personnalité du P. Constant.

« Premier aspect du P. Constant, le professeur d’histoire de la philosophie expliquant à nous, jeunes religieux de 19 ans, les grands principes de la philosophie an tique: ‘tout passe’ ou encore ‘la guerre est la genèse de tout, autrement dit, c’est dans la polémique que toute nouveauté surgit.

Et comme polémiste, pourfendeur d’idées reçues, notre professeur est resté un maître toute sa vie. Combien de fois, à force de petites questions précises, insidieuses, n’a-t-il pas démoli une théorie boiteuse ou amené quelqu’un à dire ‘blanc’ ce qu’il pensait ‘noir. Il savait démonter, avec quel art!, telle opinion erronée ou démontrer que telle pensée pouvait devenir mortelle. Les ‘oui, mais’ et ‘ne croyez-vous pas?’ étaient célèbres parmi nous et ses examens, des épreuves torturantes, car on en sortait en ne se sachant plus très bien qui finalement ait eu raison. Comme Job, il savait mener bataille, que ce soit pour la restauration des anciennes orgues de l’abbaye, pour convaincre son supérieur de ramener en 1976 des religieux à Saint-Géard, pour construire une salle à Boissière ou pour réparer l’électricité à l’église de Saint-Géard, après le coup de foudre et l’incendie de mai 1997. Deuxième aspect du P. Constant. il aimait ses églises, les ornant de choses belles, curieux de leur histoire. Il admirait et chouchoutait toutes ses chorales; il aimait toutes les formes possibles de rassemblements ou de manifestations: processions, kermesses, troupes théâtrales., mouvements de jeunes. Il voulait coller à la vie et partager l’amitié des retrouvailles autour d’un verre ou d’une belle liturgie. Il était convaincu que le beau conduit à Dieu un jour ou l’autre. C’est parce qu’il voulait que pas un seul ne se perde qu’il aimait l’ambiance des fêtes où l’on se retrouve ensemble, rejoignant ainsi le sens des deux lectures entendues ce jour, l’évangile de St Jean tout centré sur l’amour de Dieu grand, profond, sérieux et celui de St Lue, l’évangéliste de la tendresse, du pardon et du cœur. Tous deux nous disent la personnalité du P. Constant.. Le Père Constant a sans doute du sourire moqueur de son père et de la conscience professionnelle de sa mère. Serviteur zélé de son Dieu, il fut aussi un homme plein d’humour et de vie. Ne rêvait-il pas encore à 65 ans devant une puissante moto? Ne rêvait-il pas à 70 ans d’acquérir un terrain vague où des jeunes pourraient faire du motocross? Il fut un serviteur fidèle, 47 ans à Graux-Bossière, 29 ans à Saint-Géard…». (1) D’après l’homélie du P. Jean Debouck, le 20 octobre 1998.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VIII) 1998-1999, p. Belgique-Sud Assomption, novembre 1998, n° 264, p. 3563-3573. Notices Biographiques