Constant (J.-F.-Auguste) GASPERMENT – 1911-1993

Une année transitoire.
« Tout d’abord je vous présente mes meilleurs vœux de bonne, heureuse et
sainte année à vous et à toute la Curie. Je vous remercie de tous les
envois que vous avez bien voulu m’envoyer à Saint Pierre de Colombier pour
me tenir au courant des grandes nouvelles et orientations de la
Congrégation. Enfin je vous demanderais un petit service. L’abonnement à
l’Osservatore della Domenicaest arrivé à sa fin. Je voudrais renouveler
l’abonnement pour cette
année. Il se monte à 14.000 lires. Voulez-vous, s.v.p., le faire pour moi
et m’indiquer le montant en francs que je vous ferai passer comme l’an
dernier par le P. Heckel. Je
vous transmets l’adresse au cas où elle servirait à quelque chose, L’année
s’est bien passée. La dernière année de mon service est entamée. J’ai
demandé à Mgr Hermil,
évêque de Viviers, s’il avait du travail pour moi, en attendant que le P.
Provincial [Morand Kleiber] décide de mon sort. Tant que je ne suis pas
tout à fait décati, j’aimerais encore être utile à quelqu’un. ».
P. Constant au P. Noël
Bugnard, 11 .01 .1979.

Constant (J.-F.-Auguste) GASPERMENT

1911-1993

Religieux de la Province de France.

Curriculum.

Deuxième enfant d’une famille qui en comptera sept, Jean-François-Auguste Gasperment est né le 2 avril 1911 à Liepvre, près de Sainte-Marieaux-Mines (Haut-Rhin). Cinq de ses oncles et tantes l’ont précédé dans le service de Dieu et de l’Eglise. Son frère Alphonse (1922-1991) le suivra à l’Assomption. Après ses études aux alumnats de Scherwiller (Bas- Rhin), de 1923 à 1928, et de Miribel-les-Echelles (Isère), de 1928 à 1930, il entre au noviciat de Scy- Chazelles (Moselle) le 12 octobre 1930 et fait profession le 13 octobre 1931 sous le nom de Frère Constant. Il reste à Scy-Chazelles pour la philosophie (1932-1934), après un an d’études complémentaires (1931-1932). Il accomplit son service militaire en 1934-1933, à Neuf-Brisach. Il fait sa théologie à Rome où il est ordonné prêtre le 4 mars 1939. Nommé professeur au scolasticat de Scy-Chazelles, la mobilisation le dérobe à son poste. Après la débâcle de mai 1940, il est prisonnier près de Semur-en- Auxois (Côte-d’Or), s’évade peu après, rejoint l’alumnat de Soisy-sur-Seine (Essonne) à bord d’un side-car avec deux camarades dont il n’aura jamais de nouvelles. Sa sagesse d’homme, de professeur, de religieux et de prêtre, sa totale disponibilité et ses compétences nombreuses en histoire/géographie, en philosophie, en littérature, en mathématiques et en sciences naturelles, lui vaudront de connaître des champs d’actions variées:

1940-1942: alumnat de Soisy-sur-Seine. Il commence à enseigner et s’initie à la pastorale paroissiale. 1942-1951: collège de Briey (Meurthe-et-Moselle). Témoignent du souvenir qu’il y laisse les visites que lui font plusieurs anciens élèves à Saint-Sigismond, la présence de l’un d’eux à ses obsèques, les lettres écrites par d’autres pour dire leur reconnaissance.

1951-1954: collège de Mongré à Villefranche-sur- Saône (Rhône). Une délégation d’anciens élèves vient participer aux obsèques.

1954-1955. Communauté de Tunis-Parmentier. Il est aumônier de lycée. 1955-1956: collège de La Marsa (Tunisie). 1956-1957: scolasticat de Valpré (Rhône). 1976-1979: Bibliothécaire à Valpré, Saint-Pierre de Colombier (Ardèche) où il enseigne la philosophie dans un institut missionnaire. 1979-1980: séminaire inter-diocésain de Béni-Païda (Zaïre redevenu Congo). 1979-1983: noviciat et scolasticat de Butembo (Zaïre). Venu à l’Assomption pour partir en mission, comme il l’a dit et écrit, le P. Constant a longtemps attendu, situation qui éclaire cette phrase au sujet de ses années d’enseignement: J’ai fait comme si j’étais en mission. 1983-1985: Paroisse de Funiel (Lot-et-Garonne). 1985-1993: Saint-Sigismond (Savoie). Souffrant d’un cancer, conscient de son mal, gardant la chambre serein, priant, attentif à ses visiteurs, il s’éteint paisiblement le 12 juillet 1993. Son corps repose au cimetière de Chiriac, proche banlieue d’Albertville.

Une moisson de témoignages.

Pour nous, son départ est une grande peine. Il est l’excellent compagnon de la communauté. Il crée au milieu de nous la joie de vivre. Il est pour nous le modèle de la disponibilité. On n’en finirait plus de raconter son humour, sa culture philosophique et littéraire, ses connaissances de la nature, fleurs et minéraux. C’est un religieux, un Père. Soignez-le bien, c’est une perle (1). Ses élèves ont gardé en mémoire sa compétence d’enseignant, sa bonté et son rayonnement. Nous sommes devenus des hommes en grande partie grâce à lui. Son influence nous a marqués tout au long de notre vie (2). Cet homme nous a tous marqués profondément. Grâce à des hommes comme lui, la vie vaut d’être vécue (3). Qui pourra refuser le titre de sage au P. Constant? Sagesse de l’homme qu’il a été, ayant appris à voir juste dans sa propre existence et celle des autres, ne se prenant pas au sérieux et gardant son humour, souvent accompagné d’un rire clair ou d’un sourire… (4). (1) La communauté de Fumel annonçant à celle de Saint-Sigismond l’arrivée du P. Constant en 1985. (2) Un ancien élève de Briey, après la mort du Père Constant. (3) Un autre ancien élève de Briey. (4) Citation empruntée à l’homélie du P. Michel Zabé.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 103-106. Assomption France, Nécrologie années 1992-1993, p. 271-273. Dans les ACR, du P. Constant Gasperment, correspondances (1934-1979). Dans Lyon-Assomption, avril 1980 n° 65, p. 2-4-. Nouvelles du P. Gasperment depuis le Zaïre. Marc Champion, Province du Zaïre, Religieux défunts (1929-1994), Butembo, 1994 p. 93-95. Notices Biographiques