Corentin (Pierre-Roland-M.) KERVAREC – 1909-1982

Profession perpétuelle du
Frère Corentin.

«Ayant à examiner le rapport du Frère Corentin Kervarec pour les voeux
perpétuels, nous avons été désagréablement surpris de constater que ce
jeune religieux avait été enlevé à ses études de théologie pour être placé
au collège d’Agen.
Cette mesure, déjà préjudiciable au bon ordre des études de ce frère, nous
paraît également en contradiction avec 1’lnstruction de la Sacrée
Congrégation des Religieux
du 1er décembre 1931 dont vous avez reçu un exemplaire. Il ne nous est pas
permis, en effet, de placer un jeune religieux, pendant le temps de sa
formation, dans une maison où ne sont pas pratiquées toutes les observances
régulières, comme c’est le cas pour un collège.
Aussi nous n’avons pu
accepter le Frère Corentin à la profession qu’à la condition expresse que
ce religieux sera renvoyé dans un bref délai à la maison de Louvain où il
continuera ses études selon les règles de l’Eglise ».

Rome, 15 novembre 1932, Membres du Conseil général.

Religieux de la Province de France.

Une formation un peu discontinue.

Pierre-Roland-Marie Kervarec est né le 24 mars 1909 à Guiler-sur-Mer (Finistère). Il commence ses études secondaires à Saint-Maur, dans le Maine-et- Loire, de 1921 à 1924, les poursuit dans les alumnats d’humanités du Bizet en Belgique (1924- 1925) et d’Arras (1925-1926), dans le Pas-de-Calais. Le 5 novembre 1926, il prend l’habit au noviciat de Taintegnies, sous le nom de Frère Corentin. Mais c’est à Scy-Chazelles (Moselle), sous la conduite du P. Savinien Dewaele, qu’il accomplit son temps de noviciat et qu’il prononce ses premiers v?ux le 6 novembre 1927. Il se rend à Saint-Gérard pour ses études de philosophie (1927-1930), suivies du service militaire à Rennes (Ille-et-Vilaine). Il fait trois années de théologie à Louvain d’où apparemment il a été un temps soustrait pour enseigner au collège Saint-Caprais d’Agen (Lot-et- Garonne): il prononce ses v?ux perpétuels à Agen le 21 novembre 1931. Pour l’année 1934-1935, le Frère Corentin rejoint la maison de Lormoy (Essonne) afin d?achever ses études de théologie qui ont été à deux reprises interrompues. Il y est ordonné prêtre le jour de Noël 1934.

Enseignement.

Pendant trente ans (1935-1965), le Père Corentin enseigne les lettres classiques: de 1935 à 1955, à l’alumnat de Cavalerie, en Dordogne près de Bergerac, avec deux interruptions. De 1941 à 1945, il est provisoirement affecté à Saint-Maur puis à Blou, sur les bords de Loire ou à proximité. En 1950-1951, il retrouve le collège Saint-Caprais d’Agen où il a fait ses premières armes d’enseignant avant la seconde guerre mondiale, pendant le temps de sa formation. Revenu à Blou (Maine-et-Loire) en 1955, il passe au service des vocations tardives à Lormoy,

dans la banlieue parisienne, en 1959. Mais sa santé l’oblige bientôt à se ménager. Après avoir enseigné au collège de Nîmes de 1962 à 1965, il reste sur place à Nîmes et assure divers ministères moins astreignants, jusqu’en 1977. Au témoignage de ses élèves, le Père Corentin est, au cours de ces longues années, un bon professeur, vivant et très aimé. L’un d’eux témoigne: « Autodidacte, et avec les pauvres moyens dont dispose alors l’alumnat en 1936, il doit compenser ses manques par une somme de travail inouïe, mais c’est au bénéfice des élèves dont il sait tirer le maximum d’efforts et au bénéfice de résultats brillants aux examens qui épatent l’académie. Il aime ses élèves, il leur apprend à ne pas perdre de temps. L’Assomption lui doit d’avoir formé une génération d’alumnistes à qui il sait donner comme valeurs de vie le sens et le goût du travail ».

Maladie et mort.

Atteint d’une affection diabétique tenace et prononcée dont il souffre depuis sa jeunesse, le Père Corentin doit se soumettre toute sa vie à un traitement quotidien assujettissant et pénible. Il est nommé à Chanac (Lozère) en 1977. De là il passe à Lorgues (Var) le 1er octobre 1979 avec trois autres religieux. Tant qu’il va bien, il marche beaucoup, en solitaire, à cause de sa surdité. Bon confrères célébrant l’office en communauté et participant à la concélébration, sauf dans la dernière période, le Père Corentin est rattrapé par la maladie. En décembre 1981, il est hospitalisé à Draguignan dont il revient deux mois après, mais dans un état peu satisfaisant. On le voit baisser de jour en jour, ne parlant presque plus, mangeant très peu, jusqu’au jour où il fait une congestion cérébrale. Il est devenu comme ‘absent?, au point de ne pas pouvoir se retrouver dans la maison. Il est à nouveau hospitalisé. Après trois jours de coma, le Père Corentin meurt dans la nuit du 16 février 1982. Ses obsèques sont célébrées le 18 février suivant.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (II) 1981-1983, p. 37-39. A Travers la Province (Paris), mars 1982, n° 19, p. 18-19. Dans les ACR, du P. Corentin Kervarec, correspondances (1930-1949).