Cyprien (Jules-Henri) GOUELLEU – 1873-1930

Interrogatoire, 1901. Comme je vous l’ai déjà déclaré je ne fais partie
d’aucune Congrégation, ayant été régulièrement incorporé au diocèse de
Moûtiers antérieurement à la loi du 1er juillet 1901, soit à la date du
15 janvier 1901, incorporation confirmée le 28 septembre dernier par Mgr
Lacroix. » Question. Dans votre précédente comparution, vous avez affirmé
que vous aviez
été incorporé au diocèse de Sens avant de l’être à celui de Moûtiers. Or le
secrétaire général de l’évêché de Sens affirme que vous êtes inconnu
à ce diocèse et n’en faisiez pas partie? « Il est vrai qu’à la dissolution
des PP. Augustins de l’Assomption, j’étais professeur à Montfort, dans le
diocèse de Sens et sachant que je ne devais pas y rester, je
suis allé trouver Mgr l’Archevêque de Sens à qui je fis part de mes
intentions. Il me répondit que puisque je
n’avais pas l’intention de rester dans le diocèse, il était inutile de
m’accorder une autorisation régulière. Il m’accorda simplement
l’autorisation verbale de demeurer dans le diocèse et d’y exercer, ainsi
que l’atteste une lettre de Mgr Bavillon, secrétaire général de
l’archevêché de Sens ».

Cyprien (Jules-Henri) GOUELLEU

1873-1930

Religieux de la province de Bordeaux.

Un Vendéen à l’Assomption.

Jules-Henri Gouelleu est né le 17 janvier 1873 aux Sables d’Olonne en Vendée. D’abord élève des Frères des Ecoles Chrétiennes (1878-1883), Jules fait ses études secondaires au petit séminaire aux Sables d’Olonne (1883-1891), puis entre comme son frère Camille au grand séminaire de Luçon (1891-1895). Il s’oriente alors vers l’Assomption et entre au noviciat de Livry (Seine-Saint-Denis) où il prend l’habit le 25 novembre 1895, sous le nom de Frère Cyprien. Il prononce ses premiers vœux le 28 octobre 1897 et ses vœux perpétuels, le 28 octobre 1898: « C’est un bon religieux qui, bien dirigé, peut rendre des services, car il est docile. Il ne faut pas craindre de lui signaler ses défauts » écrit son maître des novices, le P. Ernest Baudouy. Tout en se préparant au sacerdoce, il va enseigner à l’alumnat de Notre-Dame des Châteaux (Savoie) de 1897 à 1899. Il est ordonné prêtre le 10 septembre 1899 par Mgr Jara, évêque du Chili. Les Supérieurs l’envoient alors à la maison des vocations tardives à Montfort (Yonne), de 1899 à 1900. De retour à Notre-Dame des Châteaux (1900-1903), il fait les frais avec son supérieur, le P. Eugène Monsterlet, de la procédure dirigée contre les Assomptionnistes. Il émigre avec les alumnistes à Mongreno, au Piémont (1903). En 1904, il quitte l’Italie pour la Belgique, prenant en charge l’alumnat de Courtrai qu’il transporte au Bizet où il est supérieur de 1904 à 1906.

Un apôtre du Chili.

Le P. Théophile Durafour, en quête de missionnaires, fait sa conquête en l’attirant au Chili en 1906, l’année même du grand tremblement de terre qui fait tant de victimes dans le centre du pays. Santiago est sa première résidence au Chili où il va demeurer jusqu’à sa mort (1930).

Il apprend rapidement l’espagnol qu’il prononce avec un fort accent français et s’adonne à des oeuvres de prédication et à la catéchèse. On lui doit la fondation d’une petite association religieuse ‘les Filles de Marie’ et celle d’un patronage chez les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny. Le Chili lui doit également l’établissement d’une conférence des Dames de Saint-Vincent de Paul (1907) pour l’assistance charitable des milieux défavorisés. En 1908, la grotte de Lourdes est érigée et inaugurée, face au sanctuaire à Santiago. Pendant plus de vingt-ans, il anime les foules qui se rendent en procession à ce haut-lieu marial de la capitale chilienne et en 1909, sur le modèle de Lourdes, il organise le premier pèlerinage des malades avec brancardiers et infirmières. Par son dynamisme apostolique, il est l’un des grands artisans qui font de Notre- Dame de Lourdes à Santiago un véritable centre de pèlerinage national. A ce ministère direct, il joint celui de la presse: à partir de 1910, il compose une petite feuille hebdomadaire, Los Tracts, qu’il diffuse à 30.000 exemplaires. De même, il compose la ‘Campana de Lourdes’. Sur sa fiche individuelle de religieux, il signale qu’il est l’auteur d’un ouvrage ‘Semillas de Verdades’, qu’il écrit aussi dans la Revista catolica, qu’en 1913 il fonde, sur la demande du nonce apostolique Mgr Nicotra, sur le modèle des revues de la Bonne Presse de Paris, Roma, Santos. Toutes les grandes manifestations religieuses le comptent parmi ses membres: les Congrès eucharistiques, les mouvements de jeunesse, la Croisade eucharistique. En 1920, sur les instances de M. Gilbert, ministre français, il entreprend la fondation d’un collège de jeunes filles, le collège Jeanne d’Arc, dont la direction est confiée à une congrégation grenobloise. En 1924, ses confrères sont heureux de fêter avec lui son jubilé sacerdotal d’argent. Mais avec les années et cette prolifération d’activités, il commence à ressentir quelques symptômes d’une fatigue générale. En 1927, il est surpris par des vertiges auxquels il ne prête guère attention. En février 1929, en visite à Los Andes, il éprouve des malaises de suffocation. A Santiago, on décèle une hypertrophie du cœur. En février 1930, il se trouve en France pour enterrer son dernier frère, Aimé. Il meurt quelque temps après, de retour au Chili, à Santiago, le 24 juin 1930, dans sa 58ème année. Les obsèques sont célébrées le jeudi 26 juin à Santiago. Le Chili perd un de ses plus ardents apôtres.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1930, n° 355, p. 153-154; n° 370, p. 285-287. L’Assomption et ses oeuvres 1930, n° 352, p. 358-365. Natice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Dans les ACR, du P. Cyprien Gouelleu, correspondance (1904-1930), rapports sur Le Bizet (1904-1906), sur les oeuvres de Santiago (1910-1911). On trouve aussi sous la signature du P. Gouelleu quelques articles parus dans L’Assomption. Notices Biographiques