Cyprien (Miguel) ESPINOZA RAMOS – 1916-1966

Péripéties à Rengo.
« Le P. Aurelio Martinez, entrant un jour dans l’église pour un baptême, se
trouve nez à nez avec deux individus en train de démonter les haut-
parleurs. Ils semblent d’honnêtes ‘caballeros’, répondant aux questions du
Père qu’ils ont mission de vérifier l’équipement de l’église. Mais le P.
Aurelio qui n’est pas né d’hier, va aviser le
curé, le P. Espinoza: tous deux se précipitent à l’église, les deux voleurs
ont déjà disparu avec le matériel. Le P. Miguel court à la police, le P.
Aurelio à la gare où il trouve un des compères, le prend à partie, mais,
moins leste que le coquin, ne peut l’arrêter. Les carabineros se dirigent
avec le P. Espinoza vers une maison spéciale où ils trouvent l’autre voleur
avec tout le matériel volé. Mis dans le panier à salade, l’individu prend
le chemin de la prison. Un policier se poste à proximité
de la maison où, une demi- heure après, arrive l’autre compère. Cette fois
il ne peut s’éclipser et il s’en va rejoindre son complice en prison ».
Lettre à la Famille, 1955.

Cyprien (Miguel) ESPINOZA RAMOS

1916-1966

Religieux chilien de la Province d’Amérique du Sud.

Formation entre le Chili et la France.

Miguel Espinoza Ramos est né le 6 juillet 1916 à Angol, près de Bio-Bio, au Chili. Il commence ses études secondaires au petit séminaire de Conception (1930-1931) et les poursuit à l’alumnat de Mendoza (1931-1933). Ayant fait le choix de l’Assomption, Miguel entre au noviciat de Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime) où il prend l’habit le 27 septembre 1936, sous la direction du P. Pol de Léon Cariou et le nom de Frère Cyprien. Il y prononce ses premiers vœux le 28 septembre 1937. Il passe à Layrac (Lot-et-Garonne) pour une année d’études complémentaires avant de rejoindre le scolasticat de Scy-Chazelles, maison Saint-Jean (Moselle) de 1938 à 1940. De là il se rend à Lormoy (Essonne) pour les études de théologie que la guerre va perturber. Il prononce ses vœux perpétuels à Lormoy le 28 septembre 1940. Mais en 1942, il doit quitter la France pour passer en Espagne, à Elorrio où il reste quelques mois et s’embarquer en direction du Chili. C’est à Santiago qu’il peut achever ses études de théologie et être ordonné prêtre le 18 décembre 1943. Sa fiche de renseignements personnels portent 6 affectations et obédiences successives: vicaire à la paroisse de Lourdes à Santiago (1943-1947) vicaire et professeur à Lota (1948-1951) vicaire à Santiago (1952-1933), curé et supérieur à Rengo (1954-1963), vicaire à Los Andes (1964), vicaire à la paroisse du Golf à Santiago (1965) et vicaire à Los Andes (1966).

Une vie apostolique en paroisse.

Le P. Cyprien qui a repris son prénom de baptême, Miguel, passe toute sa vie au service des paroisses, soit comme vicaire, soit comme curé. Il s’y fait remarquer pour ses grandes qualités humaines et spirituelles:

zèle, assiduité, travail silencieux et humble mais profond et persévérant. Le P. Miguel aime l’action et peut-être doit-il à son tempérament une usure prématurée, consécutive à un état de santé assez précaire. Ses années les plus fécondes de vie sacerdotale et ministérielle sont celles de son service à Santiago et à Rengo. Dans cette ville où il reste 9 ans comme supérieur de la communauté et curé de la paroisse il se donne beaucoup à l’apostolat auprès des plus pauvres: pour eux il crée des coopératives, construit l’école paroissiale, assure et encadre la catéchèse, sans oublier les zones les plus éloignées du noyau urbain. C’est à lui que l’on doit la restauration de la façade de l’église paroissiale et la consolidation des murs, souvent éprouvés par des tremblements de terre. Il se démène pour trouver les 6 millions de pesos nécessaires à ce grand chantier. En 1931, à Lota, le P. Miguel ressent les premiers symptômes de cette maladie pulmonaire qui devait lui être fatale. Le climat humide de Lota et un travail excessif, dans la double charge de vicaire et de professeur au collège paroissial, lui valent une longue période d’hospitalisation et de soins, pendant six mois (1951). Alors qu’il vient d’être nommé à Rengo (1954), il doit subir une opération au poumon d’où l’on croit extraire définitivement le mai (1955). Au P. Régis Escoubas qui lui reproche d’avoir repris trop vite son travail, il ne trouve qu’une excuse: « Si on calcule toujours avec sa santé, on ne fait jamais rien ». Mais en 1965, de nouveau les atteintes du mal qui n’a pas été vaincu le reprennent et les médecins lui imposent plusieurs mois de repos dans un sanatorium. Il se résigne à cette inactivité forcée, persuadé de sa guérison future. En janvier 1966, le médecin traitant lui conseille l’ablation totale d’un poumon. Le 12 mars, le P. Miguel se présente à la clinique pour y subir cette lourde intervention chirurgicale. Les forces du malade déclinent de façon irrémédiable. il meurt le lundi saint 4 avril 1966, sans reprendre connaissance. Ses obsèques sont célébrées à Santiago, présidées par l’évêque de Los Andes qui tient à prononcer l’homélie et à remercier ce religieux du travail apostolique accompli. Le P. Miguel laisse le souvenir d’un confrère agréable, ami de tous, avare de paroles vaines mais généreux pour aider et encourager ceux qui ont fait appel à lui.

Bibliagraphie et documentation:

B.O.A. janvier 1967 p. 179.

El Eco de Lourdes, Julio Agosto 1966.

Chile-Argentina, Junio 1964, 4 pages.

On doit au P. Cyprien-Miguel Espinoza des rapports de Rengo (1953-1962).

Lettre à la Famille 1955, n° 185, P. 61-62.

Notices Biographiques A.A

Bibliographies

Bibliagraphie et documentation: B.O.A. janvier 1967 p. 179. El Eco de Lourdes, Julio Agosto 1966. Chile-Argentina, Junio 1964, 4 pages. On doit au P. Cyprien-Miguel Espinoza des rapports de Rengo (1953-1962). Lettre à la Famille 1955, n° 185, P. 61-62. Notices Biographiques A.A