Cyr (Paul-Léon) LUCAS – 1907-1975

Perpignan 1962.
« Vous pouvez deviner mon agréable surprise.
Des préoccupations et des ennuis de tous genres vous accaparent et vous
songez, malgré tout, au jubilé sacerdotal d’un ancien. Grand merci de vos
félicitations et de vos voeux.
Vous avez prié pour moi. C’est l’essentiel. Obtenez-moi de ne pas être trop
indigne de la vocation assomptionniste que je sers.
Veuillez me pardonner si je n’ai pas toujours agi selon notre idéal, malgré
les Supérieurs exceptionnels, parfaitement! que Dieu nous a donnés.
Je n’oublie pas de vous remercier pour la belle photographie que vous
m’avez envoyée, représentant le prêtre célébrant la messe.
Croyez que je vous suis très uni, dans les sentiments les plus profonds,
les plus fraternels et les plus respectueux en Jésus-Christ et en
Notre-Dame de l’Assomption.

Du P. Lucas au P. Paul Charpentier, Saint-Louis de Gonzague,

Perpignan, 1962.

Religieux de la Province de Paris.

Origines et formation.

Paul-Léon Lucas est né, le 28 septembre 1907, à Vendin-le-Vieil, près de Lens (Pas-de-Calais). C’est là qu’il commence ses étiudes primaires, continuées à Roquetoire, près d’Aire-sur-la-Lys où sa famille s’est transportée. Il apprend le métier de typographe. A 18 ans, en 1923, il sollicite son entrée à Sart-les- Moines, maison de vocations tardives en Belgique. Sans doute remarque-t-on chez ce candidat des dons intellectuels remarquables puisqu’on l’aiguille dès septembre 1926 vers le cycle normal des études secondaires: Arras (1926-1927), Clairmarais (1927- 1928). Il obtient la première partie du baccalauréat. Il prend l’habit religieux le 28 octobre 1928 au noviciat de Scy-Chazelles (Moselle). C’est un jeune homme sérieux, capable de faire un excellent religieux, écrit de lui son maître des novices, le P. Savinien Dewaele. Transféré aux Essarts (Seine- Maritime) où s’ouvre le noviciat de la Province de Paris, le Frère Cyr prononce ses premiers vœux, le ter novembre 1929. Il revient à Scy-Chazelles pour l’année complémentaire, passe la seconde partie du baccalauréat. De 1930 à 1932, il fait à Saint-Gérard en Belgique ses études de philosophie scolastique. Il accomplit d’octobre 1932 à octobre 1933 son service militaire à Valenciennes. Il est alors envoyé à Rome pour ses études de théologie, couronnées par l’obtention de la licence. Il prononce ses vœux perpétuels le 21 novembre 1934 et il est ordonné prêtre le 20 février 1937 (1).

Une carrière d’enseignant.

En septembre 1937, le P. Lucas est envoyé à l’alumnat Notre-Dame de Grâce du Bizet. Durant deux ans (1937-1939), il y est professeur titulaire de quatrième.

Mobilisé en septembre 1939, il est affecté à Lamballe (Côtes-d’Armor). Démobilisé en 1940, il est désigné pour le collège de l’Assomption à Nîmes (Gard) où, durant six ans, il fournit un travail considérable (1940-1946). Il enseigne au collège la philosophie, au séminaire diocésain le droit canonique. Il fréquente l’Université de Montpellier et conquiert une licence-ès-lettres. Il remplace encore le P. Isaïe Favier à Nîmes comme préfet d’études: c’est dire quel homme énergique, volontaire, travailleur, il est. En septembre 1946, il devient professeur de philosophie scolastique et régent des philosophes à la maison d’études de Lormoy (Essonne). La nomination du P. Jérôme Beckaert comme supérieur de Lormoy en août 1949 amène un chassé-croisé: le P. Cyr devient professeur de philosophie à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Il va y passer 26 ans au bénéfice de l’institution Saint-Louis de Gonzague, assurant les cours de philosophie et de mathématiques élémentaires. Il enseigne également au Cours Maintenon. Il est aumônier dominical au centre hélio-marin de Banyuls-sur-Mer, représentant de l’Association Notre-Dame de Salut en Roussillon, chargé de recruter des pèlerins pour le National et de les conduire à Lourdes. A partir de 1968, à cause de la réorganisation de la carte scolaire pour les établissements catholiques de Perpignan, le P. Cyr enseigne le français et le latin pour les classes du premier cycle. Il sait s’adapter à son plus jeune auditoire, grâce à un travail énorme réalisé avec minutie, conscience professionnelle et une Curiosité d’esprit toujours vigilante. Timide, il est desservi par une voix métallique, un rire cascadé, un peu hennissant. Son succès lui vient de ses méthodes: originalité, clarté, rapidité des corrections, connaissances étendues. Il ne craint pas les inspections et reçoit même le surnom rabelaisien de Frère Jean des Entommeures. Religieux soumis, régulier, un peu rigide aussi, il est un frère sur lequel on peut compter. En 1973, il est opéré de la prostate. Il meurt brutalement le samedi 9 août 1975, à 68 ans, après une lourde chute dans un couloir. Il est inhumé le lundi 11 août, à Perpignan au cimetière du Haut-Vernet, aux côtés des PP. Marie-Louis Deydier, Hippolyte Lamberights et du Frère Aloys Rossi.

Echos de sa première messe à Roquetoire dans La Lettre à la Dispersion.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (1) 1975-1980, p. 15. In memoriam du P. Cyr Lucas, 3 pages du P. manuel Vandepitte pour Paris-Assomption. Lettre du P. Cyr Lucas au P. Provincial de Paris, Paul Charpentier, Perpignan, 23 février 1962. Dans les ACR, du P. Cyr Lucas, quelques correspondances (1928-1948).