Cyrille (André-Michel) PARRATTE – 1900-1980

Miribel 1940.
« En septembre dernier, vous m’avez conseillé de prendre contact avec les
Affaires Etrangères afin de ne rien laisser d’équivoque dans ma situation.
J’ai fini par écrire en septembre. La réponse du ministère fut immédiate,
sauf que pour le voyage de Paris à Miribel, la lettre a mis deux mois et
demi pour me parvenir! On me faisait aimablement savoir qu’ayant été mis en
février 1937 en affectation spéciale pour mon poste de Kirin, j’avais à
rejoindre immédiatement le dit poste, compte tenu de mon état de santé. En
me rendant à mon recrutement pour régler une fois pour toutes cette
affaire, j’ai vu à Lyon un docteur qui m’a donné une
prolongation de convalescence valable de 6 à 8 mois. Comme la santé est en
progrès réel, j’ai le ferme espoir en septembre prochain de rejoindre la
Mandchourie. Le travail n’y manque pas. J’ai voulu vous avertir de mon cas
puisque vous vous intéressez à l’un de vos anciens. A Miribel, je
jouis du calme, tout en rendant quelques légers services et en faisant du
chinois autant et
plus que jamais. Ma sœur Ursuline à Bruxelles depuis 10 ans n’a pas pu
retourner chez ses sœurs belges. Elle fait classe en France ».
P. Cyrille.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de France. Le tour du monde. André-Michel Parratte est né le 25 septembre 1900, dans un petit village du Jura, à Thervay, dans une famille de six enfants, l’aînée étant morte bébé. Il fréquente l’école du village. Au moment de la séparation des Eglises et de l’Etat, l’instituteur, homme sectaire, procure aux jeunes des lectures que des parents n’acceptent pas. M. Gustave Parratte retire son fils de l’école et lui fait donner des leçons par le curé du village. Durant les vacances, André et son frère aîné, élève au séminaire de Courtefontaine, fréquentent les offices à l’abbaye d’Acey. Il y rencontre un moine, Nivard, ancien élève de Bure en Belgique, qui transmet l’adresse de la maison à sa famille. En novembre 1913, André gagne donc l’alumnat; l’absence en raison de la guerre va durer jusqu’en 1919. Il y vit sous la sage direction du P. Marie-Joseph Novier pour lequel il garde toute sa vie estime et reconnaissance. Le 15 octobre 1918, il prend l’habit à Louvain, sous le nom de Frère Cyrille. La grande communauté lovanienne compte 140 religieux, sous la direction du P. Possidius Dauby. La grippe espagnole fait son apparition et, pour comble de malheur, l’armée allemande vient occuper une des ailes du bâtiment. Il faut se serrer et c’est en ces conditions d’hygiène peu croyables que 120 religieux environ vont lutter contre le fléau. Un novice et deux étudiants meurent dans les premiers jours de novembre. L’armistice du 11 novembre apporte la fin du cauchemar: les troupes allemandes battent en retraite, la vie régulière du couvent reprend son cours. Le Frère Cyrille passe la deuxième année de noviciat à Saint- Gérard, fondation nouvelle où fusionnent novices venus de Louvain et ceux venus de Notre-Dame de Lunùères (Vaucluse), sous la direction du P. Rémi Kokel. Pour le service militaire, A.A le Frère Cyrille est dirigé sur le corps d’occupation inter-allié de Constantinople. Bientôt détaché, il est remis entre les mains du P. Gervais Quenard, alors supérieur de la mission d’Orient, et dirigé sur Varna (Bulgarie) où il a le loisir, en participant aux tâches du collège, de s’initier aux langues slaves et aux questions religieuses de l’Orient. De 1922 à 1924, il étudie la philosophie à Taintegnies en Belgique et de 1924 à 1928 la théologie à Louvain. Profès perpétuel le 26 décembre 1924, il est ordonné prêtre le 29 juillet 1928. Le P. Elie Bicquemard, Provincial de Lyon, demande au jeune prêtre ‘de boucher les trous’: professeur à Scy-Chazelles (Moselle), de 1928 à 1932, en ministère à Belgrade (1932-1935) où il retrouve un autre franc- comtois, le P. Jean de Matha Thomas. En 1935, le P. Cyrille est choisi pour la fondation de la mission en Mandchourie (1). Il s’embarque avec le P. Amarin Mertz le 4 octobre 1935 en compagnie de Mgr Gaspais. Le 21 novembre, ils sont à Kirin. Au petit séminaire ils s’initient à la langue chinoise. Au début, les incertitudes planent-. où construire le grand sénùnaire7 A Moukden? A Esinking? À Kirin? En février 1938, le P.,Cyrille se rend à Moukden avec le P. Livier Pierron pour enseigner la philosophie en attente du grand séminaire. Il y tombe malade de la tuberculose. Le 4 juin 1939 il rentre en France par le transsibérien, avec l’espoir un jour d’y retourner, ce qui ne sera plus possible. Après l’aventure de Mandchourie, le P. Cyrille voyage pas mal à travers la Province de Lyon: Miribel-les-Echelles (1940-1941), Lyon- Debrousse (1941-1943), Miribel (1943-1944), Nozeroy dans le Jura (1944-1947), Vellexon en Haute-Saône (1947- 1950), Saint-Sigismond en Savoie (1950-1957) où il est professeur d’allemand, original pour ses méthodes et haut en couleurs, Cevins (1957-1959) pour des prédications, Lyon-Debrousse (1959-1961), Caluire dans le Rhône, aumônier chez les Bénédictines (1962-1963), Douvaine en Haute-Savoie (1963-1969), Marseille-Saint Joseph (1969-1970) où il est aumônier des Orantes, Lorgues enfin (Var) à partir de 1970. Sa voix est forte de conviction et d’intensité. Il est frappé d’une hémiplégie le 14 février 1980. Il meurt le 28 juillet à 80 ans et il est inhumé le 30 juillet.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 100. Lyon-Assomption, mars 1981, no 67, p. 9-13. Lettre du P. Cyrille Parratte au P. Rémi Kokel, Miribel, 20 février 1940. Du P. Cyrille Parratte, dans les ACR, rapports sur Nozeroy (1944-1946), rapport de Caluire (1962), correspondances (1919-1945) . Comme missionnaire en Mandchourie, le P. Cyrille a donné pour la revue de l’Assomption et ses oeuvres plusieurs articles ou chroniques de la vie des religieux. (1) Sur les débuts de l’Assomption en Mandchourie. cf L’Assomption et ses OEuvres, 1936, no 417, p. 247-249. Notices Biographiques