Damien (Michel) PERENNEC – 1915-1959

Circonstances.
« Le P. Monternbault vous a donné un premier récit de cet absurde accident
qui a coûté la vie au pauvre P. Damien Pérennec et à son beau-frère, et ce
sont de tristes et graves funérailles que je suis allé présider. Le Père
devait
rentrer à Layrac en compagnie du P. Hélias avec qui il devait fêter la
saint Augustin et il a fallu cette charrette sur son chemin. On se perdra
longtemps en conjonctures sur cet événement; il semble, d’après le rapport
des gendarmes, qu’il n’aurait pas dû arriver à des pilotes éprouvés comme
le Père et son beaufrère. Encore que ce rapport soit sujet à caution et
qu’une contre-expertise ait été demandée. Mais nous savons que c’est le bon
Dieu à son heure qui fait la mesure de notre vie et de notre générosité.
Nous avons beaucoup perdu dans notre P. Pérennec en la pleine force de son
âge et de son intelligence,
44 ans, 25 ans de profession,
16 ans de sacerdoce, une licence en philosophie et un excellent professeur,
aussi clair dans ses exposés que fraternel dans ses encouragements; depuis
13 ans à Layrac qu’il forme des étudiants, ceux-ci lui garderont
certainement une grande gratitude. Il était, un bon religieux, de vie digne
et excellent confrère ».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Bordeaux. Un professeur de philosophie polyvalent. Michel Pérennec est né le 11 octobre 1915 à Coray (Finistère), à 23 km de Quimper. Alumniste à Saint- Maur (Maine-et-Loire), de 1928 à 1931, et à Melle (Deux-Sèvres), de 1931 à 1933, il prend l’habit à Nozeroy (Jura) le ler octobre 1933 des mains du P. Rérni Kokel et le nom de Frère Damien. Il est du groupe des 20 novices et postulants qui, le 23 janvier 1934, ont la joie de fonder le noviciat de l’Ouest à Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente- Maritime). Quelques mois après, au lendemain de ses premiers vœux émis le 2 octobre 1934, il se rend à la maison de Layrac (Lot-et-Garonne), réservée alors aux études complémentaires qu’il a aussi l’honneur de fonder avec une trentaine d’étudiants venus des noviciats de Nozeroy, des Essarts (Seine- Maritime) et de Pont-l’Abbé d’Arnoult. Il fait ses études de philosophie au scolasticat de Scy- Chazelles (Moselle), de 1935 à 1937 et achève son service militaire quand éclate la guerre en 1939. Mobilisé, il a la chance inespérée d’éviter la captivité et peut se rendre au scolasticat de Lormoy (Essonne) pour ses études de théologie. Profès perpétuel le 21 novembre 1941, il est ordonné prêtre le 12 juin 1943. Etudiant consciencieux, doué d’une grande facilité d’assimilation, sachant allier la gaieté et la réserve, connu aussi pour ses distractions, il achève sa formation à l’Institut catholique de Paris, en vue de l’obtention des grades canoniques. Sa santé se ressent du régime des privations de la guerre; au cours de l’année 1944, il doit prendre du repos à Pont-l’Abbé d’Arnoult, puis à. Pannard (Mayenne), comme aumônier des Oblates. C’est en pleine forme physique et intellectuelle qu’il vient en 1946 enseigner la philosophie au scolasticat de Layrac. Il y reste 13 ans, seulement interrompus par une année de professorat à Lormoy. A.A Il est juste nommé sous-prieur à Layrac, en tandem avec le P. Montembault supérieur qui se réjouit de la collaboration de cet excellent religieux, quand lui survient l’accident mortel sur les routes de Bretagne. Dans la deuxième quinzaine d’août en 1959, le P. Damien prend quelques jours de détente dans sa famille à Coray. Le soir du 24 août, il se rend en scooter avec son beau-frère, M. Collineau, à la gare de Rosporden où ce dernier doit prendre le train. Le scooter heurte le panneau arrière d’une charrette roulant dans le même sens. Le choc est très violent. M. Collineau est tué sur le coup. Le P. Damien, projeté à plus de huit mètres, est relevé avec de nombreuses côtes cassées, des fractures et un traumatisme crânien. Il est dirigé sur l’hôpital de Quimper où il meurt deux jours après, le 26 août, le jour des obsèques de son beau-frère. Dans cette même église de Coray, ont lieu le 28 août les funérailles du P. Damien, en présence d’une nombreuse participation de la population du village où les familles Pérennec et Collineau sont très estimées. Le P. Tanguy Jointer préside la cérémonie qui a pu rassembler une quarantaine de prêtres, dont 25 assomptionnistes. Le P. Louis de Gonzague Marziou dirige les chants. La famille, très éprouvée par cette double perte, est sensible aux nombreuses marques de sympathie qui lui sont apportées. La sœurdu P. Damien, veuve avec deux enfants, en attend un troisième. Le P. Joël Le Bras, confrère du P. Damien à Layrac, lui rend ce témoignage: « La figure du P. Damien était très attachante. Il passait pour un original, mais de cette originalité qui est le signe d’une forte personnalité. On n’évoque pas sans sourire cette fameuse chambre noire, mystérieuse officine où s’entassaient les objets les plus hétéroclites, depuis les cornues jusqu’aux caméras photographiques, aux réveille matin ou aux postes de radio démantelés, car le Père s’intéressait à tout et chez lui la spéculation philosophique la plus abstraite se conciliait fort bien avec un savoir-faire des plus remarquables. Il n’était pas un pur bricoleur mais un touche-à-tout superficiel. La propriété lui doit presque tous ses arbres fruitiers, ses petites industries n’avaient qu’un but, rendre service, dans un esprit de perfection, le culte du travail bien fait ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation! B.O.A. juin 1960, p. 97. Lettre à la Famille, 1959, n° 277, p. 267-268. L’Assomption et ses OEuvres, 1960, n° 521, p. 28-31. Voulez-Vous? (Layrac), 1959, n° 30, p. 5-8 et 13-25. A Travers la Province (Bordeaux), septembre 1959, n° 68, p. 1-8. Le Télégramme de Brest, 29 août 1959. Lettre du P. Tanguy Jointer au P. Wilfrid Dufault, Saint-Maur, 31 août 1959 (Circonstances). Notices Biographiques