Delmas (Elie) DELMAS – 1890-1946

Restauration en vue au Vigan.
« Vous désirez que je m’occupe de la maison du Vigan [maison natale du P.
d’Alzon]. Depuis 5 ans que je connais la maison, je trouve lamentable qu’on
la laisse dans le triste état dans lequel elle se trouve, abandonnée,
livrée au pillage et croulante. On a tenté quelque chose il y a 2 ans, mais
tant que M. Gay s’en occupera, il ne sera rien fait de sérieux. Il faut
régler d’abord
la situation du point de vue légal. Il faudrait créer une société à
responsabilité limitée, composée de 3 ou 4 personnes avec un capital social
réduit. M. de Virieu ferait apport de l’immeuble pour lequel on lui
attribuerait
‘x’ parts. Les sociétaires nommeraient un gérant que j’accepte d’être et
qui ferait tout. Si vous pouvez me dispenser d’aller à Paris, j’en serai
content. Je suis pris par l’économat du collège et par des travaux en
dehors. Plus l’âne est chargé, plus il marche, mais… La caisse du collège
n’aurait aucune
dépense ou avance à consentir pour cette affaire. Je dois verser à la B.P.
une somme importante du Bureau de presse de Nîmes ».
P. Delmas au P. Jacquot, 16
mai 1934.

Delmas (Elie) DELMAS

1890-1946

Religieux de la Province de Paris.

Curriculum vitae.

Elie Delmas naît le 4 janvier 1890 à Villeneuve (Aveyron). Son parcours à l’Assomption est presque classique: alumnat à Miribel-les-Echelles (Isère) de 1902 à 1907, études de philosophie au séminaire de Rodez (1907-1908), noviciat à Gempe (Belgique) où il prend l’habit le 1er novembre 1908 sous le nom de Frère Delmas, prononce ses premiers vœux le 1er novembre 1909 et ses vœux perpétuels le 15 août 1911, enseignement à Elorrio (Espagne) de 1909 à 1912, études théologiques à Jérusalem (1912-1915) et à Rome (1915-1916) où il est ordonné prêtre le 3 mai 1913, enseignement ‘furtif’ à Locarno en 1915, pilote d’aviation pendant la guerre (1916-1919), retour à Jérusalem (1919-1920) où il est chargé de réparer les ruines causées par l’état-major turc à Notre-Dame de France et économat à Philippopoli (Bulgarie) (1920- 1925) où il s’agit pour lui d’achever la construction du collège Saint-Augustin, resté en souffrance pendant la guerre. Sa fiche personnelle signale aussi, mais sans date, un passage à Zongouldak (Turquie d’Asie) où sans doute il doit laisser sa signature de constructeur- architecte. De 1925 à 1928, il est envoyé au collège Saint-Edmond à Sens que l’Assomption prend en charge.

Nîmes, sa joie et sa fierté, son tourment et sa tombe.

En octobre 1928, le P. Delmas arrive à Nîmes où s’élève un nouveau collège de l’Assomption sous la direction du P. Arthur Deprez. L’entrepreneur voit ses calculs bousculés, la faillite à ses trousses. Le P. Demas qui a fait ses preuves à Philippopoli, reprend en main le chantier, les finances, le ravitaillement, le personnel et la direction du corps des entreprises. Grâce à lui, la bâtisse est achevée, aménagée et peut être ouverte aux élèves en octobre 1930.

Cette réussite le propulse au rang des architectes et entrepreneurs consommés: il est chargé des constructions à Vérargues (Hérault), à Davézieux (Ardèche), à Chanac (Lozère) et de l’aménagement de la maison natale au Vigan pour l’installation des Orantes. L’évêque de Nîmes, Mgr Girbeau, lui confie la construction d’une maison de retraite sacerdotale à Nîmes, celles des vocations sacerdotales à Rochebelle, près d’Alès. Dire ses travaux c’est évoquer ses peines. Plus qu’un économe, le P. Delmas est un entrepreneur. Sous son extérieur un peu massif de paysan aveyronnais, se cache une intelligence pénétrante et capable de saisir des ensembles. La difficulté ne le décourage pas, mais l’émoustille, car elle excite son sens pratique des hommes, des situations et des décisions à prendre. Plus porté à la synthèse qu’à l’analyse des détails, il lui faut de grands chantiers qu’il embrasse avec hauteur et aplomb. On sait ce qu’il pense et au besoin il le dit sans ambages. Fournisseurs, entrepreneurs, ouvriers, tous peuvent compter sur lui mais apprennent à craindre son sens inné de la droiture, de la promesse et de la parole donnée si d’aventure ils ne jouent pas franc-jeu dans les prix, dans la qualité des services, dans les délais prescrits. Quémandeurs, resquilleurs, raseurs sont triés, mais l’économe du collège sait aussi traiter largement, sans petitesse, ni mesquinerie L’épreuve de la seconde guerre lui est dure parce que le collège, occupé et saccagé, doit encore être remis sur pied. Tout ce fardeau des jours et d’un quotidien bien rempli, il le porte jusqu’au dernier jour. Usé par le travail et les soucis, à 56 ans, menacé de congestion à cause de sa forte corpulence, il ne se préoccupe guère du repos que lui prescrit le médecin, malgré une fatigue ressentie. Le vendredi 4 octobre 1946, il se trouve dans un corridor du collège quand, brusquement, il porte une main à la tête et s’appuie contre un mur. On le porte avec peine sur un sofa du parloir, mais déjà il a perdu la parole. le supérieur, alerté, n’a que le temps de lui donner l’absolution. Le médecin prend sa tension, montée à 36, lui fait saignées et piqûres. Le Père Delrnas meurt le soir à 21h30. Les obsèques sont célébrées le lundi 7 octobre à Sainte-Perpétue. Il est inhumé dans le cimetière Saint-Baudile, au caveau de l’Assomption que le P. d’Alzon a acheté en 1851 pour les élèves et les professeurs du collège.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille 1946, n° 23, p. 107-108. Maison de l’Assomption (bulletin du collège de Nîmes), 1949, 1950, 1951. Le Petit Alumniste (bulletin de Miribel), 1936, n° 566, p. 6-8. Dans les ACR sont conservés quelques correspondances du P. Delmas Delmas (1917-1937) et un mémoire sur les dettes du collège de Nîmes et leur remboursement (1931). Notices Biographiques