Delphin (Arthue Jean-B.) COUSSIRAT – 1874-1952

Newhaven, 25 novembre
1946.
« Après avoir reçu ma profession de foi à l’occasion de ma nomination comme
supérieur de la communauté de Newhaven, le P. Provincial m’a prié de vous
écrire pour vous demander formellement mon incorporation à la Province
d’Angleterre. Je n’ai pas besoin de vous dire combien je suis attaché à
l’Angleterre où j’ai travaillé pendant ces 42 dernières années. En fait,
sauf 9 mois,
j’y ai passé toute ma vie sacerdotale, me dévouant au service du Bon Dieu
et au salut des âmes. Avec la permission du P. François
[Mathis] alors supérieur commun, j’ai été nationalisé sujet anglais il y a
26 ans. Tout mon désir est de relever les ruines morales et matérielles
causées par la guerre dans ce petit coin de Newhaven où j’ai passé tant
d’années. Terrain ingrat, il faut le dire. I1 y a eu des hauts et des bas,
aussi nous comptons sur vos prières et celles de la Congrégation pour que
nos efforts soient couronnés de succès et que nous puissions ramener au
bercail les brebis
égarées et aider celles qui sont fidèles à persévérer dans leurs bonnes
dispositions et à devenir meilleures ».
Delphin Coussirat.

Religieux français, affilié à la Province d’Angleterre.

Un Bordelais connu à l’Alhambra.

Arthur Jean-Baptiste Coussirat est né à Bordeaux (Gironde) le 22 octobre 1924. Il fait toutes ses études à la maitrise de la Primatiale bordelaise, au petit séminaire de Bordeaux (1888-1894) et au grand séminaire pour la philosophie et la théologie (1894-1897). Malgré ses supérieurs et l’évêque, Mgr Lécot, connu et encouragé par les religieux de la communauté de l’Alhambra, il désire entrer à l’Assomption. Il fait le pas en prenant l’habit le 26 février 1897 à Livry sous le nom de Frère Delphin, après un temps de postulat sur place. Profès le 26 février 1899 à Livry, il gagne Gemert en Hollande au moment des expulsions et y prononce ses vœux perpétuels le 10 septembre 1900. Les supérieurs jugent opportun de kui faire compléter ses années de théologie à Louvain (1901-1903) ou il est ordonné prêtre le 26 juillet 1903 par Mgr Van der Stappen et ou il est immédiatement affecté au service de l’économat (1903-1904).

En Angleterre pendant 48 ans.

En 1904, le P. Delphin est envoyé en Angleterre où il est nommé supérieur et curé de Newhaven (1904-1923). Il s’occupe également de la ‘Hut’ à Seaford, petit centre de rencontre pour soldats canadiens où l’on vient se reposer, lire des journaux, écrire au pays, jouer du billard… Il y est victime en mai 1919 d’une attaque nocturne, un jour où les militaires, ayant touché leur pécule, lui en ont confié une partie. Il est violemment frappé, jeté à terre et délesté de sa sacoche. En 1923, le P. Delphin est transféré à Rickmansworth, toujours en qualité de supérieur et curé. Il réussit pendant cette période à faire agrandir la petite église construite dans le style local.

Newhaven, 25 novembre 1946. « Après avoir reçu ma profession de foi à l’occasion de ma nomination comme supérieur de la communauté de Newhaven, le P. Provincial m’a prié de vous écrire pour vous demander formellement mon incorporation à la Province d’Angleterre. Je n’ai pas besoin de vous dire combien je suis attaché à l’Angleterre où j’ai travaillé pendant ces 42 dernières années. En fait, sauf 9 mois, j’y ai passé toute ma vie sacerdotale, me dévouant au service du Bon Dieu et au salut des âmes. Avec la permission du P. François [Mathis] alors supérieur commun, j’ai été nationalisé sujet anglais il y a 26 ans. Tout mon désir est de relever les ruines morales et matérielles causées par la guerre dans ce petit coin de Newhaven où j’ai passé tant d’années. Terrain ingrat, il faut le dire. I1 y a eu des hauts et des bas, aussi nous comptons sur vos prières et celles de la Congrégation pour que nos efforts soient couronnés de succès et que nous puissions ramener au bercail les brebis égarées et aider celles qui sont fidèles à persévérer dans leurs bonnes dispositions et à devenir meilleures ». Delphin Coussirat.

Notices Biographiques A.A Ses dons de bâtisseur ne s’arrêtent pas aux murs de l’église: on porte à son actif la construction d’une école paroissiale. Soucieux d’action sociale, il organise une soupe populaire pour les déshérités et un service de vêtements pour les nécessiteux. Ce service à caractère public lui gagne l’estime de la population locale et l’autorise en quelque sorte à collecter des fonds pour structurer ses initiatives caritatives. On comprend qu’il n’ait eu aucune peine à obtenir la naturalisation dès 1920. En 1938, le P. Delphin revient à Newhaven, toujours comme supérieur. Il connaît la dureté et la précarité des villes anglaises sous les bombardements de l’automne 1940. En 1946, il est reconduit comme supérieur de Newhaven, mais le 19 janvier 1947 il est terrassé par une angine de poitrine et contraint au repos. On le conduit tout d’abord à Brighton, puis à Hitchin. Il y écrit au P. Gervais Quenard, le 16 octobre: « J’espère que le Bon Dieu me donnera encore quelques années pour travailler à son service et contribuer autant que possible au développement de notre chère Province qui me tient tant à cœur, moi qui suis un des premiers Pères envoyés de France pour y accomplir le désir du P. d’Alzon de voir ses fils travailler à la conversion de l’Angleterre. Je suis pour l’instant réduit à l’inaction, j’espère me remettre bientôt au travail pour compenser le temps perdu. La population catholique commence à augmenter et semble donner de l’espoir pour l’avenir. L’église de Newhaven a été endommagée deux fois et devra être reconstruite car elle a beaucoup souffert ». En raison de son état de santé, on juge plus prudent cependant de conduire le P. Delphin, à la fin de l’année 1948, à Capenor au milieu des jeunes religieux auxquels il peut partager son expérience. A partir de février 1952, il a de la peine à s’alimenter. Le 15 février, le médecin détecte un commencement de gangrène à la jambe et le P. Delphin doit se résigner à être hospitalisé. Il y meurt le lendemain de son admission le 17 février 1952, après avoir perdu connaissance. Il est enterré dans le cimetière de Nutfield, à Capenor, aux côtés du Frère O’Shea, jeune étudiant décédé l’année précédente.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. avril 1953, p. 34. Lettre à la Famille, 1952, n° 134, p. 44. De la correspondance écrite entre 1906 et 1946 par le P. Delphin Coussirat, est conservée dans les ACR.ON lui doit également des rapports sur les communautés de Newhaven (1906- 1919) et Rickmansworth (1926-1938).