Dieudonné (Emile-J.-C.) MARMEYS – 1918-1943

Engagement.
« Ayant senti l’appel de Dieu en mon âme et désirant depuis longtemps me
donner pleinement à Lui pour l’aimer et le servir, j’ai fait choix après
sérieux examen de notre Congrégation. Je viens donc
vous demander, très Révérend Père, de m’admettre parmi les membres qui
composent votre sainte famille. Je vous assure que je suis libre de tout
empêchement et que j’ai conscience des obligations auxquelles je m’engage
en faisant profession.
Si Dieu m’appelle à la vie religieuse assomptionniste, il m’a aussi appelé
à devenir prêtre. Avec empressement j’ai répondu oui à ce si doux appel du
Maître. Oui, puisque Dieu me le demande et qu’ensuite c’est une condition
de mon admission dans la Congrégation. Je veux devenir prêtre afin d’offrir
à Dieu des sacrifices de louange et être si possible un meilleur
instrument du Règne de Jésus. C’est en m’appuyant humblement sur le secours
de Notre-Seigneur et de Notre- Dame de l’Assomption que je dis ‘Fiat’ à ma
vocation religieuse et sacerdotale. Dans cet espoir, je vous dis ma
reconnaissance ».
Fr. Dieudonné.

Religieux de la Province de Paris.

Un religieux au parcours Inachevé.

Emile-Jean-Clément Marmeys est né le 11 août 1918 à Saint-Agrève (Ardèche), au diocèse de Viviers. Il accomplit ses études primaires à l’école libre de Saint-Agrève et se dirige, pour ses études secondaires, à l’alumnat de Davézieux (Ardèche) où il est scolarisé de 1931 à 1934. Ses humanités se déroulent à Vérargues (Hérault), de 1934 à 1936. Ayant opté pour l’Assomption, il prend l’habit, sous le nom de Frère Dieudonné, le 27 septembre 1936, au noviciat des Essarts (Seine-Maritime) qui se trouve sous la direction du P. Marie-Albert Devynck. Le 28 septembre 1937, il prononce ses premiers vœux: « Le Frère Dieudonné est un religieux de bonne volonté qui me semble avoir bien profité de son temps de noviciat et avoir pris la décision énergique de devenir un fervent religieux. Il est d’une famille aisée qui aurait préféré voir son fils entrer dans le clergé séculier. Le jugement du Frère est encore à former, l’intelligence parfois embrouillée. J’ai senti que c’est un jeune homme plein de bonne volonté, d’une conscience délicate, rempli d’une simplicité de bon aloi et d’une très grande charité dans les relations de la vie commune ». Après son noviciat, le Frère Dieudonné accomplit une année d’études complémentaires à Layrac (Lot- et-Garonne). On sait seulement qu’il est envoyé ensuite accomplir ses études de philosophie au scolasticat de Scy-Chazelles (Moselle). Sans doute pour des raisons de santé, mais aussi à cause du repli général des maisons de l’Est en direction du Sud, le Frère Dieudonné est dirigé sur la maison de Lorgues (Var) où il prononce ses vœux perpétuels, le 3 octobre 1940. C’est le P. Clément Laugé (1870- 1957), supérieur de la maison ou son tenant lieu, qui est chargé de présider cette cérémonie, les responsables de la Congrégation étant dispersés en cette période de guerre.

De Chanac (Lozère), le P. Bernardin Bal-Fontaine, Provincial de Paris, a donné son accord, le 29 septembre 1940. On sait seulement que le Frère Dieudonné est mort prématurément à Lorgues, à l’aube de sa vingt-sixième année, le 9 septembre 1943 et qu’il y est inhumé. Aucune notice biographique ne lui est consacrée, en ce temps de guerre, de communications difficiles et de restrictions de toute sorte. Nous avons recherché en vain dans le petit lot de correspondances conservées de l’année 1943 la moindre information sur les circonstances de la mort de ce religieux.

L’Assomption en temps de guerre (1940-1943). Où en est-on en 1943, après trois années de conflit sur le front occidental? Au moment de l’offensive allemande de mai 1940, de nombreux religieux de la province de Belgique-Hollande ont été évacués en France, provoquant désorganisations, dispersions et dommages pour l’Assomption dans ces deux pays. Le vieux couvent de Louvain a été anéanti par les bombes, la maison de Saint Gérard pillée, celle de Bure pillée mais sans destruction, Zepperen et Kapelle- op-den Bos par contre n’ont pas trop souffert. Taintegnies n’a pas échappé au pillage. Aux Pays-Bas, le noviciat a été transféré à Boxtel, les scolastiques à Bergeijk surpeuplé. Si l’on passe sur la frontière française, après mai 1940, c’est le même spectacle: la maison d’études de Lormoy a connu le grand exode; les religieux d’origine anglo-saxonne doivent gagner la zone Sud et rejoindre leur pays par l’Espagne, la maison des Essarts est occupée par l’armée allemande, les alumnats de l’Est depuis 1939 sont vidés et réquisitionnés, le noviciat de Nozeroy est transféré à Pont-l’Abbé d’Arnoult et laisse place à l’organisation d’un mini- alumnnat, la Bonne Presse en partie s’est transférée à Limoges. A Belgrade, deux religieux sont emprisonnés. On ne compte pas moins de 50 religieux prisonniers en Allemagne en septembre 1940, 74 en juillet 1941; d’autres dont on est toujours sans nouvelles. Sept jeunes religieux sont morts dans les opérations militaires de l’offensive allemande: P. Aloys Van Kemmel, André- Bernard Sublet, Marie-Laurent Scheidler, Vital Michel, Albert Jaffry, Marie-Vincent Ehrard. En Angleterre, la bataille aérienne, d’août 1940 à mai 1941, touche plusieurs communautés assomptionnistes (Newhaven par exemple). En 1942, c’est l’angoissante question du S.T.O. qui se pose pour les jeunes religieux requis, question devant laquelle les opinions et les réponses sont très partagées. La Curie généralice a fui Rome déjà en 1939. Ses membres sont séparés selon les zones. Les communications sont très surveillées; les restrictions pèsent sur toute la population, mais particulièrement sur les jeunes et les personnes âgés. L’année 1943 correspond à un temps de repli et d’isolement de l’espace européen occidental parce que la guerre s’est déplacée en Afrique du Nord et sur le front russe. L’année 1944 apportera avec la joie de la Libération ses heures d’angoisses, de destructions et de divisions.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Nouvelles de la Famille occupée, n° 24, 17 octobre 1943. Lettre du Frère Dieudonné Marmeys au P. Gervais Quenard, Les Essarts, 3 septembre 1937.