Dominique (Jan Bernard) KOK – 1905-1998

Derniers jours.
Le 26 octobre 1998, le Frère Jan est allé à la rencontre de son Seigneur en
toute tranquillité et en pleine conscience. J’ai eu une belle vie et de
beaux vieux jours. Cette fois c’est terminé, cela a été bien. A Molenweide,
le Frère Jan s’est senti tout à fait chez lui. A mon âge, on n’est nulle
part mieux qu’ici.
Pendant les trois mois où il y a vécus, il réussit à se faire accepter et
aimer. Il réussit à montrer aux autres non seulement comment vieillir mais
comment être vieux. Lorsqu’on doit lui annoncer que, gravement malade, il
est
l’heure de remettre sa vie, il a sur les lèvres le Nunc Dimittis. Entre tes
mains, Seigneur, je remets mon esprit. Le Frère Jan était un religieux
d’une foi profonde et un assomptionniste par toutes les
fibres de son être. Lui-même a dit. J’ai toujours été heureux d’être devenu
un assomptionniste et, dans mon cercueil, je veux mon costume bleu avec
l’emblème de l’Assomption sur mon revers. Le Frère Jan est mort en homme
heureux et comblé. La date de son décès est le 26 octobre 1998. Le 29,
depuis Molenweide, ses restes sont acheminés au cimetière de Boxtel, dans
le parc de Stapelen. Le corps mortel attend la résurrection du corps
glorieux.

Religieux de la Province des Pays-Bas. Les jeunes années.

Jean Bernard Kok est né à Genderingen le 26 mai 1905. il prend contact avec la maison de Boxtel où on l’invite à faire connaissance avec l’Assomption. Arrivé au château de Stapelen, il se sent tout de suite à l’aise. Quelques Frères et une classe d’élèves s’occupent alors de travaux de terrassement pour la construction de l’école apostolique. Cela lui convient. Deux mois plus tard, il fait ses valises pour de bon et est reçu à Boxtel: nous sommes en mai 1927. Le 6 janvier 1928, il prend l’habit religieux au noviciat de Taintegnies en Belgique, il s’appelle à partir de ce moment Frère Dominique et il commence sous ce nom son année de noviciat dans la Congrégation des Assomptionnistes. Les Pays-Bas font alors partie de la Province Belgo-Batave. Il prononce ses premiers v?ux à l’âge de 22 ans. C’est un choix auquel il a été préparé par ses parents, par la famille au sein de laquelle il a grandi, par l’entourage dans lequel il vit. Il a travaillé dans la fabrique de sabots de son oncle. Il a accompli ses obligations militaires. Il aime par la suite parler de cette période de sa vie, se souvenant des inondations entre les deux grands fleuves, période durant laquelle les soldats du contingent sont employés comme auxiliaires. C’est après ce temps de vie militaire, qu?il retrouve la vie religieuse. Cuisinier à Boxtel et au noviciat. Le 7 janvier 1929, le Frère Dominique prononce ses premiers v?ux à Taintegnies, pour se rendre ensuite à Boxtel où il est nommé cuisinier à l’école apostolique ‘Maison des Missions Sainte-Thérèse’. Malgré les restrictions qu’impose la guerre en 1940, il essaie comme cuisinier de réaliser son métier en satisfaisant ses confrères. Il sait se montrer très ingénieux et plus tard il dira que ces 18 premières années de sa vie dans le service de la cuisine ont été les plus importantes et les plus utiles de sa vie. Les élèves ne souffrent pas trop de la faim parce que le Frère Dominique qui redevient par la suite le Frère Jan, grâce à ses relations avec l’industrie de la boucherie, la N.C.B., peut se procurer de la viande de bonne qualité. Régulièrement il est approvisionné, car la cause qu’il sert est celle de la formation de futurs prêtres. Certes le travail est dur, presque jour et nuit. Il lui revient de prévoir ce qui est l’ordinaire de tous les jours. Jusqu’en 1962, le Frère Jan travaille à la cuisine de Boxtel. Après les fêtes de Noël de cette année 1962, il lui est demandé de se rendre à Steenbergen, au noviciat de la Province de Hollande, au service de la cuisine des Frères-novices. Il le fait avec grand c?ur: « je travaille pour une bonne cause, pour la formation de nouveaux prêtres du Royaume de Dieu ».

Dix ans durant le Frère Jan arrive presque à tirer le meilleur parti avec presque rien.

Woensdrecht.

En 1972, le Frère Jan part à la cure de Woensdrect, officiellement pour se reposer, mais il continue son service de cuisinier. La réputation qu’il s’est acquise dans ce domaine le précède et l’accompagne. Les habitants de la cure d’alors sont très heureux de sa venue et de son art. Avec lui au fourneau, on se sait entre de bonnes mains. Par la suite,à cause de son âge, un cuisinier est embauché, mais le Frère Jan veille toujours au grain. Il trouve encore la force de s’acquitter de nombreuses besognes. Sa part d’activité à la cuisine diminue, mais d’autres grandissent. le jardinage, la peinture, la tapisserie et la sacristie. Il fait la toilette de l’église de Woensdrecht, autant à l’intérieur qu’à l?extérieur. A l’âge de 75 ans, il a encore la force de doubler les vitraux de l’église après avoir monté lui-même les échafaudages sur lesquels, à l’étonnement et à l’appréhension de tout le monde, il se déplace. Toujours prêt à rendre de menus services aux habitants de Woensdrecht, il devient au cours des années une véritable figure légendaire parmi la population, faisant partie de l’inventaire, s’identifiant au pays.

A Boxtel et Molenweide.

A Woensdrecht/Hoogergheide, l’étonnement est grand quand on y apprend que le frère Jan va quitter les lieux. A cause de son âge, les supérieurs jugent préférable de lui faire rejoindre la communauté de Parkweg à Boxtel. Il a atteint l’âge de 78 ans. Mais là aussi il ne perd pas le sens de l’activité: il entreprend, il soigne, il range. Quand quelque chose ne lui plaît pas ou n’en vaut pas la chandelle, l’objet disparaît par incinération ou mise au rancart. Il est dans la nature du Frère Jan d’être actif et de se déplacer. Ne pouvoir sortir lui est une punition. Il aime aussi se plonger dans la lecture du journal ou faire des mots croisés. Entré dans la vie religieuse pour être missionnaire, il se sait envoyé vers les gens avec lesquels il vit au quotidien. Il tient auprès de ses confrères la place de la disponibilité de la prière et de la fidélité. Il passe ainsi ses vieux jours dans l’énergie et dans le service, grandement apprécié par tous. Il prévient lui-même: quand vous jugerez qu’il est temps pour moi d’entrer dans une maison de soins, vous me le direz car je ne veux encombrer personne. Jusqu’au milieu de l’année 1998, tout se passe bien, mais, après une intervention chirurgicale, l’état de santé du Frère Jan laisse à désirer. Il s’en aperçoit lui-même et il sait prendre l’initiative: ‘je veux recevoir le sacrement des malades et je veux aller le plus tôt possible à la maison de repos pour y mourir’. Sa décision est bien arrêtée. Il veut lui-même régler toutes ses affaires et prendre ses dispositions, sachant que l’heure du Seigneur approche. Il n’aime pas traîner après avoir pris une décision, penser et faire sont deux catégories chez lui fortement connectées. Et cependant personne n’ose le croire quand il parle de mourir. ‘je n’ai pas peur de mourrir tant qu’on ne me rendra pas la chose trop difficile! ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VIII) 1998-1999, p. 59-62. De Schakel, décembre 1999, p. 56-67..