Domnin (Joseph) DEMENUS – 1900-1918

Jour de prise d’habit.
« Ce dimanche 15 septembre
[1918], à 7h15 commence la grande messe pendant laquelle
15 postulants venus de Bure, 6 de Zepperen, 1 de Sart-les- Moines, prennent
l’habit. Le Père Possidius préside. Le Père Eustache Pruvost nous adresse
la parole sur la fête du jour [Notre-Dame des Sept Douleurs]. Il fait un
parallèle entre les joies et les douleurs de la Vierge, les douleurs et
les joies du religieux dans le présent et à l’avenir. Cette cérémonie s’est
effectuée dans l’ancienne chapelle des étudiants pour permettre aux parents
de certains postulants d’y assister. A l’issue de la cérémonie, on s’est
rendu, comme d’ordinaire, dans la salle du chapitre. Peu après, vers
10h.30, a lieu le déjeuner. Pour nous permettre de participer davantage à
la joie des novices, le P. Possidius nous autorise à fusionner avec eux. Au
cours du repas de midi, plusieurs Frères
étudiants félicitent les nouveaux novices. On donne la cantate ‘Les martyrs
aux arènes’, avec paroles de circonstance. A 15h.45, nous chantons les
Vêpres et à la fin du Salut du Saint Sacrement, motet:’Isti sunt agni
novelli». Le scribe-archiviste de Louvain.

Domnin (Joseph) DEMENUS

1900-1918

Religieux français.

D’après une note de la maison Saint-Augustin de Louvain.

Né le 3 novembre 1900 aux environs de Belfort, diocèse de Besançon, Joseph Demenus entre à l’alumnat de Bure en septembre 1913 et y fait ses études de grammaire puis de rhétorique (1913-1918). Sans être malade, il ne jouit pas d’une santé bien florissante. Une maladie de cœur, assez tôt décelée, le rend incapable de faire des promenades ou d’autres exercices physiques d’endurance. Venu avec ses condisciples de l’alumnat de Bure au noviciat de Louvain en septembre 1918, il y prend l’habit religieux le 15 sous le nom de Frère Joseph qu’il ne va d’ailleurs porter qu’un mois. La terrible grippe ‘dite espagnole’ fait des ravages dans les rangs de la population affaiblie par quatre années de privation. Sa faible constitution ne peut en porter le choc. Le Frère Domnin rend le dernier soupir à l’aurore du 4 novembre 1918, au lendemain même de son anniversaire des 18 ans. Cette mort qui aurait pu déprimer les nombreux malades de la maison de Louvain leur est cachée provisoirement. Pour comprendre cette remarque, il suffit de lire le Registre des Ephémiérides de Louvain:

« Dimanche 3 novembre 1918: les premiers jours de novembre 1918, la maison de Louvain ressemble à un vaste hôpital: 117 religieux sur 130 environ sont pris par la grippe. Les vaillants sont fort réduits. Vers midi, le P. Ubald arrive de Gempe et repart peu après, laissant à la dérobée quelques nouvelles. Le Père Médard qui a été atteint d’une pneumonie est presque rétabli. Une centaine d’Allemands se sont établis dans notre maison de campagne (Gempe), aussi bien dans le château qu’à la ferme et ont réquisitionné couvertures, draps, tables du réfectoire.

Les Allemands ne nous laissent pas davantage en paix ici: à 20.heures, 5 ou 6 coups de sonnette très expressifs annoncent leur présence. Ils viennent déposer de la paille dans les locaux qu’ils ont préparés et amènent également leurs cuisinières. Dans la nuit, on a donné les derniers sacrements au Frère Domnin, novice, dont l’état de santé inspire de fortes inquiétudes.

Lundi 4 novembre 1918: à 5h.30, le Fère Domnin meurt d’une façon très douce. jusqu’à ses derniers moments, il reste maître de ses facultés. Son corps est exposé dans le ‘parloir du Cardinal’, partie généralice du couvent. La veillée n’a pas lieu en raison du petit nombre de religieux encore vaillants. Aujourd’hui 18 Frères se sont levés. Les journaux du jour annoncent une grande nouvelle: l’Autriche a accepté et signé l’armistice. Les hostilités ont cessé sur ce front à 15 heures.

Mardi 5 novembre: enterrement du Frère Domnin. A 7 h., la messe de Requiem est chantée par le Père Possidius Dauby, en présence de la dépouille mortelle, dans l’ancienne chapelle. Une dizaine de Frères seulement accompagnent le convoi mortuaire. Le corps est enterré au cimetière de Park, dans un nouvel endroit situé immédiatement à droite de la Grotte de Lourdes. La salle Saint Ambroise, étant trop petite pour contenir le nombre croissant des convalescents, est abandonnée. Le lieu de concentration est désormais la salle d’études. Dans la matinée 300 Allemands viennent s’installer dans notre maison. Ils occupent la menuiserie, le parloir et toute l’aile Nord du couvent, moins le dortoir et les chambres qui lui font suite jusqu’à la chambre Saint janvier. ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Notice biographique du Frère Domnin par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Lettre à la Dispersion 1918, n° 545, p. 401. Nouvelles de la Famille, n° 266, p. 425. Lettre à la Dispersion (L’Assomption aux armées), 1919, n° 553, p. 34. Nouvelles de la Famille 1919, n° 282, p. 50 (lettre du Frère Guy Finaert, Louvain, 17 novembre 1918). Notices Biographiques