Donat (Pierre-Marcel-Joseph) TEISSIER – 1898-1970

Portrait.
« Jeune prêtre, le P. Donat est envoyé à l’alumnat Saint-Roch
de Poussan où la classe de 6ème lui est confiée. D’emblée, il s’avère bon
pédagogue, doué
des qualités qui seront les siennes durant toute sa carrière. Sans
prétention à l’intellectualité pure, enseignant réaliste, sensé, très
proche de ses élèves, il excelle en français à compléter et à fixer la
formation souvent lacunaire de ses élèves et en latin à leur faire acquérir
de
solides bases. Le Père se montre clair, méthodique et progressif, patient
aussi mais exigeant, à la fois craint et aimé. C’est sur
cette réputation que le P. Didier s’attache ses services en 1931 pour une
maison de vocations tardives. Quand 18 ans après, le P. Donat rengage dans
les alumnats, c’est pour reprendre la même classe de 6ème et pour y faire
preuve des mêmes
qualités, affinées et enrichies par l’expérience. Ainsi partout
où il passe, à Chanac, à Soisy, à Davézieux même si, dans cette dernière
maison, la reprise est plus difficile à 64 ans. Il souffre d’hypertension:
ni les médicaments ni les restrictions alimentaires n’en font baisser le
taux et la présence bruyante des jeunes lui devient pénible … ». D’après
P. Vandepitte.

Religieux de la Province de Paris. Temps de formation. Pierre-Marcel-Joseph Teissier voit le jour le 23 octobre 1898 à Chasseradès (Lozère), dans le hameau du Mas, piqué sur la falaise surplombant le Chassezac. Il achève ses études primaires à l’école du hameau quand le rencontre le P. Didier Nègre, alors supérieur de l’alumnat de Vinovo près de Turin (Italie). C’est ainsi qu’en septembre 1910, le petit Marcel part pour le lointain Piémont où il est scolarisé jusqu’en 1913, année où il passe à Ascona (Suisse), pour deux ans (1913-1915). C’est à Vinovo qu’en raison de la guerre qui maintient le noviciat de Limpertsberg (Luxembourg) dans l’isolement, que le jeune Marcel prend l’habit religieux, le 26 juillet 1915, sous le nom de Frère Donat. C’est un noviciat itinérant. Quelques cas de fièvre typhoïde obligent à le transporter à Rome, piazza d’Ara Coeli en septembre-octobre 1915, puis à partir du mois de mai 1916 à Notre-Dame de Lumières (Vaucluse) où il prononce ses premiers vœux, le 26 juillet 1916. Ajourné par un conseil de révision, le Frère Donat, plus heureux que 12 de ses compagnons rappelés par leurs obligations militaires, peut achever sur place sa deuxième année de noviciat. De septembre 1917 à juillet 1919, il suit les cours de philosophie à Bourville (Seine-Maritime), dans ce modeste scolasticat provisoire pour jeunes religieux non encore mobilisés. En août 1919, le Frère Donat est envoyé comme surveillant au collège de l’Assomption à Worcester (U.S.A.). Mais l’armée ne l’a pas oublié: il est mobilisé en novembre 1920 à Hussein-Day en Algérie. Début janvier 1922, le Frère Donat, libéré, gagne Louvain pour les études théologiques. Profès perpétuel à Zepperen le 28 août 1923, il est ordonné prêtre le 26 juillet 1925 à Louvain, par Mgr Lagae, dominicain missionnaire au Congo. Page : 33/33 Le service des alumnats. Le P. Donat s’est consacré pendant plus de 35 ans au service des alumnats. De 1925 à 1931, il est nommé professeur de la classe de 6ème à Poussan (Hérault); de 1931 à 1935, il est affecté à la maison des vocations tardives de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis); de 1935 à 1937, il est nommé à l’alumnat de Chanac (Lozère). De 1937 à 1948, il assure le développement de l’alumnat de Montéchor (Pas-de-Calais); de 1948 à 1951, il revient enseigner à Chanac; de 1951 à 1954, il assure un enseignement à l’alumnat de Soisy-sur-Seine (Essonne). Il passe ensuite quatre années à Vérargues, ancien alumnat dont il assure la garde et la vente (1954- 1958). Il revient encore à Chanac où il est supérieur (1958-1962). Les supérieurs lui confient un enseignement à Davézieux (Ardèche), de 1962 à 1964. Chanac se transforme en maison de repos. Il y est nommé supérieur en 1964. C’est là qu’à Noël 1964, il subit une première congestion cérébrale qui le laisse à demi paralysé, du côté droit. Il n’est bientôt plus qu’un malade chez qui plusieurs autres accidents accroissent une impotence fonctionnelle. Il perd sa bonne humeur et son entrain habituel. S’aidant d’une canne et du bras d’un compagnon, il marche à petits pas. Mais le moment vient où il ne peut plus se suffire en rien. Il doit être conduit en fauteuil roulant, être habillé et nourri comme un enfant. Aux premiers jours de l’année 1970, son état s’aggrave encore. Il ne peut plus célébrer la messe, même assis, mais doit se contenter de participer à la célébration d’un confrère. Ses seules distractions sont des promenades accompagnées, la récitation du chapelet, le plaisir d’une cigarette et l’écoute des informations, soit au poste radio soit à la télévision. Les journées s’écoulent lentes à ce rythme, dans un détachement et un désintérêt progressifs pour tout. Il sait que ses jours sont comptés. Le dimanche 22 février 1970, il meurt frappé d’une nouvelle congestion cérébrale, s’affaissant brusquement la tête renversée sur son fauteuil. Les obsèques du P. Donat sont célébrées le 24 février suivant. Son corps est inhumé provisoirement dans le caveau d’une famille amie, en attendant que, dans le nouveau cimetière de Vals, soit élevé un nouveau monument propre à l’Assomption. Page : 34/34 Religieux de la Province de Lyon. Premiers départs.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. novembre 1970, p. 143. L’Assomption et ses ceuvres, 1970, no 563, p. 26. Paris-Assomption, mai 1970, no 122 (article du P. Manuel Vandepitte, 6 pages). Dans les ACR, du P. Donat Teissier, rapports sur Montéchor (1938-1949), sur Vérargues (1954-1958), sur Chanac (1959-1961), correspondances (1916-1962).