Dorothée (Théodore) PEETERS – 1919-1999

Pinhal, 1964.
« Les religieux de Pinhal sont aidés par trois professeurs laïcs qui
assurent avec eux toutes les classes de la semaine. Ces professeurs laïcs
font preuve d’un grand désintéressement en se consacrant gratuitement à la
formation de futurs prêtres, considérant leur travail
comme un apostolat. Mais en même temps ils témoignent d’un grand réalisme,
car ils
comprennent que dans un pays où le manque de vocations est si sensible, les
laïcs doivent remplacer le prêtre pour certaines activités. On ne veut pas
dire par là que le rôle des religieux à Pinhal est réduit au strict
minimum. D’abord ce sont eux qui donnent le plus grand nombre de cours.
Puis en dehors des cours, ils exercent la plus grande influence. Le seul
religieux
qui soit libre pour se consacrer totalement aux enfants est le Supérieur,
le P. Dorotheus Peters. Les PP. Anselmus Winder et Johannes
Bonekamp assurent, en dehors des cours et surveillances, le ministère
paroissial dans plusieurs stations. Le P. Christophoor Stofelen est en plus
économe de la maison et s’occupe de l’achèvement de la nouvelle maison. Le
P. Damiaan Van Der Zanden est recruteur et procureur; son surnom de
‘foguete’ dépeint sa personne … ».
Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province des Pays-Bas, en mission au Brésil. Une belle figure de missionnaire. Théodore Peeters est né à Marem, près de Kesel dans le Brabant septentrional, le 26 octobre 1919. Il est l’aîné de quatre frères. Son père meurt de bonne heure, laissant une veuve et 5 enfants. La profession de la maman, sage-femme, permet de subvenir aux besoins de la famille. En 1934, Théo se rend à l’alumnat de Boxtel. On lui donne le surnom de Pilleke, ‘petite pilule’, en raison de sa petite taille et de son caractère combattit. Il fait son noviciat au château de Boxtel et choisit le nom de Dorothée. Au Brésil, par la suite, Théodore reprendra son prénom de baptême sous la forme portugaise, Teodoro ou Teodorino, abrégée aussi en Teo. Il prononce ses vœux à Boxtel le 23 septembre 1941. A Bergeijk, il étudie la philosophie puis la théologie et il y est ordonné prêtre le 5 décembre 1948. Au Brésil, supérieur, professeur, en activité Pastorale. En 1949, le P. Teo part pour le Brésil. Il est d’abordnommé au collège Saint-Antoine, à Mar de Espanha dans l’Etat de Minas Gerais, près de Alèm Paraiba où les Assomptionnistes ont une paroisse. Il reste au collège jusqu’en 1953, l’année où il rejoint la communauté de Sao Paulo à la paroisse Nossa Senhora do Bom Parto, Notre-Dame de la Bonne Naissance, et il prend la responsabilité de la chapelle près de la Plaça Silvio Romero qui plus tard deviendra une grande église paroissiale. Il y reste jusqu’en 1956, l’année de sa nomination comme professeur au séminaire du diocèse de Sao José de Rio Preto pour y enseigner l’histoire et le latin. Plus tard il remplace le recteur, le P. Emmanuel Van Der Stappen. C’est alors que les Religieux achètent une ferme à Fsperito Santo do Pinhal pour y bâtir un alumnat. Pendant la construction, les cours commencent dans une grande maison louée au centre de Pinhal. A la fin de l’année 1960, le P. Teo, devenu Teodoro, toujours disponible, déménage de Sao José de Rio pour Pinhal. En 1962, l’alumnat est inauguré: il y enseigne l’histoire universelle, l’histoire du Brésil et le latin et il en est le supérieur jusqu’en 1966. Après son mandat de supérieur, il reste encore à Pinhal pendant dix ans, exerçant des fonctions différentes. Il y déploie ses nombreux talents, parlant le portugais à la perfection, de formation autodidacte pour la connaissance de l’histoire du Brésil ou de l’histoire universelle et parfait latiniste. Comme tous les professeurs, il accomplit du ministère paroissial à Pinhal. Dans les faubourgs de la ville, il rend de nombreux services pastoraux, chez les Sœurs de Jésus crucifié, au collège des Sœurs du Sacré-Cœur, dans le home et à l’hôpital des Filles de Santa Anna. A.A Il accompagne également des mouvements de jeunes et la Légion de Marie pour les adultes. En 1968, il lance la J.E.U. pour les étudiants de l’Université. En 1972, il dessert les centres de culte des faubourgs de Pinhal, Villa S.-Pedro et Villa S.-Cruz, devenus aujourd’hui des communautés florissantes. Il aide de ses conseils les communautés et stimule la participation des laïcs à la liturgie et à la pastorale. Après le décès du P. Matteus Van Herkhuizen, il se charge de la grosse communauté d’italiens de Santa Luzia. Il devient aussi reporter à la Radio pour l’émission ‘La prière à 18 heures’, une demi-heure qui possède une grande audience tant en ville qu’à la campagne. Il propage sur les ondes le Mobral, un cours d’alphabétisation subventionné par l’Etat. Ses programmes sont soigneusement préparés par écrit. Il y met tout son cœur, même s’il travaille trop en solitaire et n’apprécie pas suffisamment le travail en équipe. En 1979, on lui attribue le titre et la distinction de ‘Citoyen d’honneur de Pinhal’ pour sa présence active dans tous les mouvements en faveur des masses populaires et particulièrement des pauvres. En 1987, il travaille dans la paroisse Saint Jude Tadeu comme secrétaire et animateur de la jeunesse pour les sports, le théâtre, le chant, l’organisation de soirées récréatives. Il traduit en portugais le livre ‘Burgraaf in habijt’, biographie consacrée au P. d’Alzon. Homme infatigable, aimant les bons repas, savourant sa cigarette, ne trouvant un peu de repos que pendant les vacances, il est un supporter fervent de son équipe de football. Personnalité humaine et spirituelle. Le P. Teodoro porte une attention particulière aux gens simples, aux pauvres, aux analphabètes et aux marginaux de la société. Il trouve le temps de s’occuper d’eux en dehors du temps consacré à ses activités habituelles. Il est de par sa nature très communicatif, tant par la parole que par l’écriture. Il aime profondément le Brésil dont il fait sa deuxième patrie. Aussi son retour aux Pays-Bas n’est-il pas évident et lorsqu’il devient nécessaire, le P. Teodoro éprouve quelque difficulté à se réadapter. En 1990, pendant des vacances aux Pays-Bas, il est victime, la veille de la fête de Saint-Nicolas, d’une légère congestion cérébrale. Il récupère mais lentement. De retour au Brésil, il s’occupe à Sao Paulo de traductions et de rédactions de documents au service de la Congrégation. Il collabore à la rédaction de la revue Assomptionniste brésilienne, U.N.A., Unis dans l’Assomption. Ses articles y sont signés Petepé (Pe. Teodorino Peeters). Après ses vacances aux Pays-Bas en 1994, il retourne encore au Brésil, mais cette fois en fauteuil roulant électrique. Le 29 avril 1996, alors qu’il compose un article pour U.N.A., il est à nouveau victime d’une congestion cérébrale, mais cette fois plus sérieuse. Il revient de l’hôpital paralysé du côté gauche. Avec son frère Pierre, en visite au Brésil, il décide de rentrer au pays natal. C’est ainsi qu’il arrive à Schiphol le 21 mai 1996, après un séjour fructueux de 47 ans au Brésil. Après quelques semaines au château de Stapelen, il se rend à la maison de soins Sainte Lidwina à Boxtel. Le dimanche 25 juillet 1999, il tombe dans un état comateux. Le 26 il reçoit l’Extrême-Onction et le samedi 31 juillet, à 20 heures, il achève son parcours terrestre. Il est inhumé à Stapelen le mercredi 4 août. Religieux de la Province de Lyon. Parcours de vie.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VIII) 1998-1999, 1999, p. 125-128. De Schakel, 1999. De Schakel, juli 1963, n° 10, p. 7-11 (Pater Dorotheus Peeters). U.N.A. 1999, n° 18. Pinhal 1964, extrait de La Lettre à la Famille, 1964, nO 369, p. 547-548. Du P. Teodoro Peeters, dans les ACR, rapports sur Rio Preto (1955-1956), rapport sur Pinhal (1963). on doit au P. Emanuel Van Der Stappen un fascicule contenant une petite notice sur tous les Assomptionnistes défunts qui ont muvré au Brésil, de 1935 à 1997, sait, à cette dernière date, 27 Néerlandais, 7 Français, 1 Belge et 1 Espagnol. Notices Biographiques