Edmond BARTHEZ – 1916-1973

Portrait.

« Il m’a été donné de vivre en communauté avec le P. Edmond pendant neuf
ans. Je l’ai beaucoup apprécié et aimé. Son sens de l’esprit de pauvreté,
sa serviabilité, sa prévenance étaient remarquables. il se montrait enjoué,
taquin à l’occasion. D’un tempérament vif, d’un esprit méticuleux,
travailleur, avare de son temps, il savait se maîtriser et entrer en
dialogue avec qui que ce fût… Un jour le médecin lui recommande de
ménager ses yeux, ne plus pouvoir lire autant c’était pour lui ne pouvoir
lire assez. A
son labeur professionnel et malgré la détérioration de sa vue, il ajoute
des travaux que lui inspire son amour de l’Assomption en préparation
du chapitre général de 1969. Il s’agit de déterminer, puisque nous sommes
une Congrégation apostolique, à quelles conditions doit se réaliser chez
nous la synthèse de la vie religieuse et de la vie apostolique conformément
à l’intuition du P. d’Alzon, selon les exigences actuelles d’une
spiritualité d’inclusion.

Religieux de la Province de Paris.

L’Assomption, une seconde famille.

Edmond naît le 14 février 1916 à Albi dans le Tarn. Très jeune orphelin de père, il passe dans les alumnats de Poussan (Hérault) de 1927 à 1932 et à Scy-Chazelles (Moselle) en 1933. Il entre au noviciat des Essarts (Seine-Maritime) le 2 octobre 1932 sous la conduite du P. Léonide Guyo qui le décrit de nature généreuse, vive et délicate. Il perd sa mère pendant son année de noviciat et surmonte cette seconde épreuve. Après sa première profession, le 3 octobre 1933, il retourne à Scy-Chazelles, maison Saint- Jean, pour terminer le baccalauréat et faire deux années de philosophie (1933-1936). Son supérieur, le P. Athanase Sage le tient en grande estime: excellent sujet à tous point s de vue. Il est appelé au service militaire, accompli à Montpellier (1936-1938). Amoureux de la polémique, il taille de nombreuses croupières sur les questions religieuses avec des instituteurs laïques du bataillon. En octobre 1938, il commence ses études de théologie à Rome, mais la guerre le mobilise et il connaît la longue épreuve de la capitivité dans un stalag au Hanovre jusqu’à la libération en 1945. Le 18 janvier 1940, il a pu prononcer ses vœux perpétuels à Saint-Omer (Pas-de-Calais). Il reprend le cours de ses études à Lormoy (Essonne) et à l’Institut catholique de Paris (1945-1948). C’est Mgr Roncalli qui l’ordonne prêtre le 30 juin 1947. Le P. Raphael Pélegry, son condisciple, reconnaît que parmi eux ‘sa maturité humaine, intellectuelle, spirituelle tranchait avec notre jeunesse; sa piété profonde, régulière nous paraissait exemplaire, quoiqu’un peu tendue et crispée’.

Une ‘carrière’ de formateur à l’Assomption de 1950 à 1953, Notices Biographiques A.ADe 1948 à 1950 il devient professeur

Pages denses, truffées de citations, riches de doctrine, fruit d’un dépouillement méthodique de la littérature religieuse contemporaine, don de synthèse et de claire expression ».

P. Montembault.

Page : 167/167 à 36 ans, jeune maître des novices aux Essarts. C’est pour lui, de tempérament nerveux, inquiet de perfection, pourvu d’un sens aigu des responsabilités, une période d’adaptation pénible et douloureuse que par la suite il se refuse à évoquer. Pendant un an, il est affecté à la paroisse de l’Assomption de Méons, quartier de Saint-Etienne (Loire), avant de préparer à Rome et à Jérusalem une licence à l’Institut biblique (1934-1956). Il enseigne la Bible à Lormoy de 1956 à 1959, puis à Lyon-Valpré (Rhône) avant de gagner le scolasticat de Layrac de 1960 à 1969. C’est là qu’il donne toute sa mesure de formation à de jeunes religieux futurs prêtres, s’y montrant comme pour lui-même exigeant, précis et soucieux d’aggiornamento. Il apporte dans sa tâche cette détermination lucide et réaliste qui consiste à avoir le courage d’ enseigner mais aussi d’écouter les aspirations de plus jeunes, quitte à décanter leurs aspirations souvent marquées du goût du jour. La fermeture du scolasticat dans l’été 1969 amène le P. Edmond à Montpellier où il va conduire une activité démultipliée: charges pastorales à Sainte-Thérèse, formateur sur place de jeunes religieux, enseignement et direction spirituelle au grand séminaire. Elu conseiller de la Province de Paris en 1970, il est aussi appelé à donner quelques cours de christologie à l’éphémère noviciat de Saint-Denis en banlieue parisienne. Il donne à cet enseignement une allure plus ouverte, toute aussi doctrinale que par le passé, mais avide d’intégrer des perspectives plus nouvelles.

A l’heure avancée de l’évidement de soi.

Fêtant le 30 juin 1972 ses 25 années de vie sacerdotale, le P. Edmond projette en pensée l’heure où il faut commencer à songer plier bagages, à choisir la mort avec lucidité et décision. Il ne se doute pas que trois ans plus tard, la maladie du cancer va le clouer sur un lit d’hôpital pendant 13 mois, immobilisé de la tête aux pieds dans une coquille de plâtre. Amaigri, assumant une souffrance qu’il porte dans une conscience pleinement lucide jusqu’à la fin, il prépare lui-rnême la cérémonie de ses obsèques. Il meurt le 2 octobre 1973.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1974, p. 233. L’Assomption et ses (Euvres, 1974, n° 577, p. 11. Père Edmond Barthez 1916-1973, 5 pages rassemblées par le P. Vandepitte. Le P. Barthez a contribué à la rédaction de l’ouvrage: Approches et Recherches (1968). Il a également écrit des articles de spiritualité dans la revue ‘Semeuse de Rosesl(bulletin de la paroisse de Montpellier) et dix entretiens pour une récollection sur la vie religieuse (1970). Les archives de Rome gardent un petit nombre de correspondance du P. Barthez entre 1940 et 1950 dont quelques lettres de sa captivité ainsi que ses cours donnés au noviciat des Essarts.