Edward SHEA – 1928-1951

Souvenir d’un frère.
« Le Frère Edward restera longtemps dans la mémoire de tous ceux qui l’ont
connu. Il a été un religieux heureux et joyeux, caractérisé par une grande
franchise dans le service de Dieu et dans l’observance de ses obligations
religieuses. Il avait le désir fervent de devenir un jour prêtre. Très
exact et fidèle dans l’accomplissement de ses exercices spirituels même
durant son temps de maladie où il récitait son bréviaire dans son fauteuil
roulant, il appréciait très fort le chant grégorien. Il vouait une grande
affection à ses frères en religion. Il a déployé pour eux beaucoup de
générosité et de désintéressement lorsqu’il pouvait accomplir ses services
communautaires. Mais on a mieux compris encore la grandeur de son âme
lorsqu’il est devenu malade. Il a continué à s’intéresser à ce qui faisait
la vie des autres, leur demandant où ils étaient sur le
plan de leurs études. Parfois sa parole se précipitait à cause de la
souffrance et il demandait
de bien vouloir l’en excuser. Nous avons tous remarqué son grand amour
envers la Sainte Vierge, il récitait fidèlement
son chapelet; de même sa dévotion envers Sainte Thérèse de Lisieux l’a
soutenu dans son combat ». Vincent Murrin.

Notices Biographiques A.A

Edward O’SHEA Religieux de la Province d’Angleterre. Une vie au goût inachevé. Né le 11 novembre 1928 à Woking (diocèse de Southwark), de père inconnu et de Joan O’Shea, le jeune Edward a la chance de pouvoir faire ses études secondaires au collège Saint-Michel à Hitchin. Il prend l’habit le 24 décembre 1946 au noviciat à Bindon (1). Le P. Austin Treamer, son maître des novices, est heureux de le présenter à la première profession, le 25 décembre 1947« Le Frère Edward a donné toute satisfaction. On a constaté chez lui un grand changement pendant l’année de son noviciat. Son caractère est bon et pliable. S’il est bien encadré et bien dirigé, il sera un bon religieux ». Selon les usages du droit en vigueur, une dispense pour naissance illégitime est jointe au dossier d’admission. Le Frère Edward est envoyé à la maison d’études anglaise de Nutfield où il suit les cours de philosophie pendant deux ans (1947-1949), sous la direction du P. Terence O’Pacanaim qui instruit à son sujet un dossier médical inquiétant: « Le Frère OShea souffre d’une maladie incurable, la maladie de Hodgkin (2). Les médecins sont unanimes à déclarer qu’il a peu de temps à vivre. U ne pourra jamais, humainement, continuer des études. Il a déjà perdu toute énergie et peut à peine se lever. Son état présent peut s’améliorer mais ce ne sera que temporairement ». En février 1950, le Frère doit interrompre toute forme d’étude. On comprend dès lors la perplexité de la communauté formatrice confrontée à un cas extrêmement douloureux. Le Conseil de la maison est unanime à donner un avis favorable pour admettre le Frère Edward à la profession perpétuelle au terme de ses trois ans de vœux temporaires. Les avis divergent cependant sur l’opportunité d’une décision à prendre à plus ou moins brève échéance le P. Austin Treamer serait en faveur d’une admission immédiate, Page : 105/105 le P. Georges Tavard pencherait pour une prolongation des vœux temporaires, le P. Terence O’Pacanaim reconnaît que comme religieux, ce Frère peut parfaitement être admis à la profession perpétuelle, mais qu’en raison du contexte de sa maladie grave, du genre de vie qu’il a à envisager, il y aurait lieu de différer la cérémonie fixée au 25 décembre 1950, de façon à ce que le malade puisse bien se préparer humainement et spirituellement en tout état de cause à ce qui l’attend. Le P. Provincial, le P. James Whitworth, consulté en dernier ressort, tranche en faveur d’une admission rapide à la profession perpétuelle.« Le motif de la santé du Frère Edward, pour retarder son admission, n’est pas valide. La Faculté médicale pense que la maladie va emporter dans quelques mois le Frère. Qu’il mette à profit ce temps de préparation à la mort, avec ferveur et résignation, avec le soutien d’un choix de vie confirmé ». En septembre 1950, le Frère Edward est conduit en pèlerinage à Lourdes. Une neuvaine de prière accompagne son déplacement pour demander à la Vierge sa guérison. Le Conseil généralice entérine l’avis du P. Provincial et de son conseil, unanime, pour accorder la profession perpétuelle. Au dernier trimestre de l’année 1950, le Frère Edward est conduit à l’hôpital Guy’s pour suivre un traitement spécifique, ce qui a pour objet de différer la date retenue pour la profession perpétuelle. Le 4 janvier 1951, le P. Austin Treamer se rend à l’hôpital: le Frère Edward prononce simplement des vœux temporaires en prolongation de ses vœux temporaires échus. Finalement le frère Edward prononce le 14 février 1951 sur son lit de malade ses vœux perpétuels. Il meurt le 7 mars 1951 à Nutfield, à l’âge de 23 ans. (1) Rappelons, pour éviter toute confusion ou ambiguïté dans l’emploi des noms de lieux concernant le noviciat anglais de cette époque, qu’il est situé à Langford-Budville, Bindon, dans le Somerset et qu’il lui a été choisi le nom de ‘couvent Sainte Monique’. (2) On appelle la maladie de Hodgkin en termes médicaux une lymphogranulomatose qui touche les ganglions lymphatiques, la rate, puis les viscères. Cette affection se manifeste par de la fièvre, par des démangeaisons et par une atteinte de l’état général. Les moyens thérapeutiques, chimiothérapie et radiothérapie, n’autorisent guère de chances de guérison à l’époque. Page : 106/106

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Dossier personnel (ACR). Lettre du P. Austin Treamer au P. Gervais Quenard pour accompagner la demande de profession perpétuelle du Frère Edward O’Shea, Bethnal Green, 12 janvier 1951. The Assumptionist, 1951, n° 1, p. 26-29 (témoignage du Frère Vincent Murrin). [Curieusement La lettre à la Famille, souvent bavarde et circonstanciée sur les défunts de l’Assomption, ne fait aucun écho à la mort de ce religieux anglais et ne lui consacre aucune ligne biographique]. Notices Biographiques