Elie (Ernest) BICQUEMARD – 1863-1950

Grâce à l’intercession du P, d’Alzon.
« Dieu soit loué. Me voilà enfin en paix. Mes affaires de famille sont
enfin arrangées. Mon père devenu aveugle ne pouvait plus travailler et ma
sœur, voyant que je voulais me faire religieux, m’écrivait des lettres
pleines d’injures. L’anniversaire de la mort de notre fondateur me donna
une idée: faire une neuvaine au P. d’Alzon.
Deux jours après, arrive une lettre de ma sœur datée du 21 novembre, elle a
changé d’idée et me proposait de se charger de notre père à condition que
je lui abandonne les quelques terres auxquelles j’avais droit. Le jour même
j’écris la chose au P. Picard qui me répond d’accepter tout et de me
préparer à ma profession. La lettre du P. Picard arriva au moment même où
je finissais cette neuvaine, de sorte que tout a été fait pendant cette
neuvaine. La chose est évidente, c’est le P. d’Alzon
qui a tout fait de la manière la plus inattendue. Il ne me reste maintenant
qu’à le remercier et à me préparer au grand acte auquel j’espère bientôt
être appelé. Le P. Picard me dit de vous écrire et de vous prier de faire
le rapport sur le temps que j’ai passé à Osma..».
Fr. Elie au P. E. Bailly, Nice, le 30 novembre 1884.

Religieux français, assistant général en 1929.

Des bords de la Loire aux bords de la Maritza.

Ernest est né le 22 novembre 1863 à Chenonceaux (Indre-et-Loire), à l’ombre du célèbre château. Par un concours de circonstances, son curé entre en relation avec le P. Joseph Maubon qui accepte le jeune Ernest à l’alumnat d’Arras (1875-1876), puis à celui de Clairmarais (1876-1881). Ernest doit vaincre les résistances de sa famille, son père veuf étant pris en charge par sa soeur. A 18 ans, le P. Picard l’envoie professeur à Nice (1881-1882). Admis à l’Assomption, Ernest devient Frère Elie en prenant l’habit à Osma (Espagne) le 6 août 1882. Au bout d’un an, toujours novice, il est envoyé comme professeur à Notre-Dame des Châteaux (Savoie) de 1882 à 1883, puis à Nice (1884-1885). Le P. Picard reçoit sa profession perpétuelle à Cannes, le 30 mars 1885. De 1885 à 1887, Fr. Elie fait ses études de théologie à Rome. Ordonné prêtre le 17 décembre 1887 à Arras, il retourne à Clairmarais pour enseigner (1887- 1889) et fait un remplacement annuel au collège de Plovdiv (1889-1890). Le P. Elie peut enfin préparer dans de bonnes conditions son baccalauréat-ès-sciences à Paris, en suivant les cours du collège Stanislas. Le P. Picard envoie de nouveau le P. Elie à Plovidv comme professeur de sciences (1891-1893). Ce dernier devient très vite supérieur de ce collège (1893-1908) qu’il organise et développe au mieux sur les bords de la Maritza: règlements, horaires, programmes et nouveaux locaux réalisés par l’architecte Pernigoni. Il est fait officier d’Académie. En 1908, le P. Elie cède la place au P. Gervais Quenard et part économe à Rome (1908-1909).

De nouveau sur les chemins en Europe.

Le P. Emmanuel Bailly envoie le P. Elie ouvrir un collège à Locarno en Suisse sous le patronage de San Carlo (1909-1916).

Le collège dure 4 ans, la guerre dispersant le corps enseignant. En 1916, le P. Elie se rend à Lumières (Vaucluse) pour préparer l’accueil des novices transférés de Vinovo et tenir la paroisse de Goult sans prêtre. En 1918, après une charge de vicaire six mois à Lyon, le P. Elie doit rejoindre Locarno, maison abandonnée depuis la guerre, à remettre en état. L’obéissance le conduit encore en juillet 1919 à Taintegnies (Belgique) pour y enseigner les sciences quand il lui est demandé en août 1920 de prendre possession de la propriété des Essarts (Seine- Maritime) pour y fonder une maison de vocations d’aînés. En mai 1923, le P. Gervais Quenard le convoque d’urgence, sans explication, à Rome.

Premier Provincial de Lyon (1923-1929).

Les Constitutions de 1923, enfin approuvées par Rome, décentralisent la Congrégation en 4 provinces avec pour centres: Bordeaux, Bruxelles, Lyon et Paris. Le P. Elie est nommé pour Lyon. Il s’agit de mettre sur pied et d’organiser la vie d’une Province, à commencer par l’acquisition d’une résidence provinciale, deux villas voisines à Choulans. Le P. Elie visite l’Orient qu’il connaît bien et prend l’initiative de nouvelles fondations en Roumanie et à Belgrade.

Deuxième assistant général et archiviste (1929-1946).

Nommé assistant général au chapitre de 1929, le P. Elie reprend son manteau de pèlerin pour Rome, s’intéressant plus particulièrement dans le conseil aux affaires économiques, aux questions d’économat et de gestion. Mais son domaine de prédilection, ce sont les archives, accumulées dans deux pièces de la résidence de l’Ara Coeli. Le P. Gélase Uginet et le Fr. Joseph Biendiné avaient bien essayé d’apporter de l’ordre à ce chantier, mais il revient au P. Elie pendant 10 ans d’avoir classé une montagne de papiers, travail qui reste inachevé à cause de la guerre dispersant la Curie généralice. Après 1946 le P. Elie ne faisant plus partie de la nouvelle Curie reçoit comme résidence la maison de Douvaine (Haute-Savoie). Opéré, il doit gagner Lorgues (Var) où il meurt le 5 juillet 1950 à 87 ans et où il est inhumé.

Bibliographies

Bibliographie et documentation : Lettre à la Famille 1950, n° 102, p. 69-70@ Curriculum vitae par lui-même (No 109). Les Archives de Rome conservent une volumineuse correspondance du P. Elie Bicquemard de 1883 à 1946, ainsi que de très nombreux rapports sur toutes les mai- sons où il a été supérieur de 1893 à 1916, les communautés de la Province de Lyon dont il a été Supérieur Provincial (1923-1923) et sur la congrégation en tant qu’assistant général (1929-1946).