Elpide (Iannis) STEPHANOU – 1896-1978

Athènes, 1961.
« On vient de m’annoncer la prochaine session plénière de notre commission
préparatoire des Eglises Orientales pour le
22 juin. Elle se prolongerait jusqu’au ler juillet. Si la Congrégation
accepte de me payer les frais de voyage, je m’y rends, mais je n’ai pas
bougé pour les sessions de février et d’avril, me contentant de répondre
par écrit aux questions posées. Je ne veux pas faire porter les frais de
voyage à la communauté d’Athènes. L’église en construction
absorbe toutes ses économies. Nous sommes en train de résoudre le problème
de l’étanchéité de la crypte qui a été envahie par l’eau en octobre dernier
et transformée en bassin. La municipalité d’Athènes nous a permis de
canaliser les eaux dans les égouts environnants et ces jours-ci les
ouvriers ouvrent une tranchée profonde tout le long de la rue Heptanissou.
Le travail ne tardera pas à être
fini et nous sommes enchantés de pouvoir enfin redevenir les maîtres de
notre crypte. Le seul problème, c’est de savoir qui, sainte Thérèse ou
sainte Rita, a fait le miracle. Si l’Imitation ne défendait pas
expressément de comparer les saints du ciel, je serais tenté de pencher
plutôt en faveur de sainte Rita, la sainte des impossibles ».

Notices Biographiques A.A

Religieux grec de la Province de France. Un pilier de l’Assomption grecque. lannis Stephanou est né en Grèce, dans une île des Cyclades, Syra, à Anachora, le 8 janvier 1896. Il est baptisé quelques jours plus tard en l’église de Saint- Sébastien. Il fait 5 ans d’études primaires à Hermoupolis, chef-lieu de Syra. En septembre 1908, il part pour Constantinople. Dans le vieux quartier de Stamboui, près de Sainte-Sophie, les Assomptionnistes ont fondé, quelques années plus tôt, un petit séminaire où de jeunes adolescents font des études secondaires en grec et en français. lannis y reste jusqu’en 1914. La première guerre mondiale oblige les religieux à quitter la Turquie et à demander asile en Grèce. Mgr Louis Petit, archevêque latin d’Athènes, assomptionniste, cède provisoirement aux religieux une propriété de l’archevêché à Héraklion, à 12 km d’Athènes, où les jeunes peuvent continuer leurs études. Malgré les difficultés et l’atmosphère de guerre, cinq parmi eux réussissent à les terminer. Le 23 novembre 1916, le P. Emmanuel Bailly donne l’habit religieux au noviciat de Lumières (Vaucluse) à lannis qui devient le Frère Elpide. Ce dernier prononce ses premiers vœux à Lumières le 29 novembre 1917. Au mois de juillet 1918, il est rappelé en Grèce pour ses obligations militaires qu’il accomplit en Grèce du Nord, à Athènes puis en Asie Mineure pendant 4 ans. Pendant son séjour à Athènes, il a l’occasion de rendre visite au séminaire d’Héraklion et d’y rencontrer Georges Sommaripa, le futur Père Théoctiste. En 1922, le Frère Elpide et le Frère Nicéphore Dounavis peuvent se rendre à l’abbaye de Saint-Gérard en Belgique. Ils gagnent en 1923 la communauté de Taintegnies pour une première année de philosophie, la seconde se faisant à Louvain. C’est dans cette dernière ville qu’il peut accomplir tout son parcours théologique. A.A Profès perpétuel depuis le 13 septembre 1924, le Frère Elpide est ordonné prêtre le 29 juillet 1928. Après son ordination, il est envoyé à Kadi-Keuï (Constantinople, rive asiatique) où il va rester jusqu’en 1935. Il travaille à la bibliothèque byzantine fondée par le P. Louis Petit, collaborant aux Echos d’Orient. Depuis 1934, quatre religieux grecs, les PP. Athanase Raymoundos, Basile Roussos, Nicéphore Dounavis et Théoctiste Sommaripa, se sont installés à Athènes, à la rue Heptanissou. Ils ont pour activité l’aumônerie des Frères des Ecoles chrétiennes, des Sœurs de Saint-Joseph (Le Pirée), des Frères Maristes à Patissia et Héraklion. Le 3 octobre 1935, le P. Elpide arrive à son tour à Athènes, comme supérieur. Il a la joie de pouvoir fonder un petit alumnat-séminaire dont un des premiers élèves est le jeune Antoine Varthalitis, devenu archevêque de Corfou. En 1938, le P. Elpide a l’intuition de fonder une Congrégation féminine qu’il nomme Sœurs de la Croix (1). Durant tout son séjour à la rue Heptanissou, il a en charge la construction de la chapelle Sainte-Thérèse et l’animation spirituelle de sa fondation religieuse. A partir de 1965, après une courte responsabilité de supérieur régional en Orient, c’est chez elles qu’il demeure de façon permanente. L’action apostolique du Père Elpide s’est étendue non seulement au diocèse d’Athènes, mais encore au bénéfice de toutes les communautés catholiques de Grèce. Il rend en particulier de grands services à la hiérarchie catholique grecque par ses profondes connaissances théologiques, donnant de nombreuses retraites aux communautés religieuses et au clergé diocésain. il participe à la préparation du concile Vatican Il, entretenant de bonnes relations avec plusieurs métropolites et théologiens orthodoxes qui l’estiment grandement à cause de son esprit de dialogue et de ses dispositions spirituelles. Le 4 janvier 1978, le P. Elpide meurt à la communauté athénienne des Sœurs de la Croix, rue Aghia Paraskevi, après une longue maladie qui pendant plus de trois mois l’a obligé à rester alité. Il s’éteint comme une chandelle consumée. Une heure auparavant, le P. Jean Gad a célébré l’Eucharistie dans la chambre du malade, unissant tous les amis du Père dans cette assemblée priant pour leur directeur spirituel. (1) Dizionario degli Istituti du perfezione, Roma, t. IX (1997), col. 240 (Stephanou) et t. VIII (1988), col. 649 (Sœurs de la Croix).

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (1) 1975-1980, p. 52. Lyon-Assomption, février 1978, n° 58, p. 11-12. Lettre du P. Elpide Stephanou au P. Wilfrid Dufault, Athènes, le 31 mai 1961. Dans les ACR, du P. Elpide Stephanou, correspondances (1918-1968), rapports sur Athènes (1962-1963), sur l’Assomption en Grèce (1952,1957,1962-1963), sur des événements importants de l’Eglise orthodoxe grecque, des rencontres OEcuméniques, la Conférence panorthodoxe de Rhodes (1964), le 11ème centenaire des sts Cyrille et Méthode (1967), l’alumnat d’Athènes (1937, 1960), sur les publications grecques des religieux assomptionnistes (1946). Le Père Elpide a donné de nombreux articles d’information, notamment dans les deux revues: Missions des Aug-ustins de l’Assomption et L’Assomption et: ses OEuvres. ampt on en Grèce: Missions des Augustins de l’Assomption, 1952, n° 18, p. 955, n° 34, P. 76-77.. Notices Biographiques