Emile (Charles-Emile) PELAT – 1873-1894

Faire-part.
« Nous avons appris par dépêche, hier dimanche, que le Frère Emile [Pelat],
convers, venait de s’éteindre à Jérusalem. Parti l’année dernière [1893],
avec le pèlerinage de Noël, le mal qui le minait déjà fit, dès son arrivée,
de rapides progrès. Vers le milieu de mai, le Frère Emile reçut l’habit
religieux et fut confirmé par Mgr
Appodia. Depuis, il a fait sa profession in articulo mortis. Pendant tout
le temps de sa maladie, il a été pour la communauté de Jérusalem un vrai
modèle de patience et de douceur. Nous avons donné son portrait dans un
groupe paru au n°166 des Souvenirs.

Souvenirs, 1894, n° 176, p.
137.

« Hier, les catacombes de Saint-Pierre, près du Cénacle, se sont ouvertes
pour recevoir le corps du Frère Emile Pelat, le premier religieux de
l’Assomption qui reposera dans ce lieu vénérable. Ses frères viendront
souvent s’agenouiller devant ce
cercueil qui renferme les restes d’un jeune religieux, novice convers.
C’était une fleur transportée de Livry».

Chanoine Galeran.

Notices Biographiques A.A

Religieux français, profès in articulo mortes. Un religieux presque inconnu. Nous ne connaissons pas grand’chose de l’histoire de ce religieux, né le 7 février 1873 à Rueil (Hauts- de-Seine) et mort prématurément de tuberculose à Jérusalem, le 7 juillet 1894 à l’âge de 21 ans. Il ne vient qu’assez tard à l’Assomption comme religieux coadjuteur. jeune encore, il perd sa mère, Marie- Renée Dechâtre. Peu aimé dans le nouveau foyer reconstruit par son père, Jean-Baptiste-Adolphe, il doit gagner péniblement de village en village sa vie comme maréchal-ferrant chez des employeurs d’occasion. Il recherche surtout une situation ou une profession qui lui permette de pratiquer plus librement ses devoirs religieux. C’est alors qu’il décide d’entrer dans la vie religieuse, après être passé par de rudes épreuves physiques et morales. Il vient frapper à la porte du noviciat de Livry (Seine- Saint-Denis). Déjà atteint de tuberculose, il est envoyé comme postulant à Notre-Dame de France à Jérusalem durant l’hiver 1893 parce que l’on espère pour lui une guérison à cause du climat plus favorable de l’Orient, mais le mal est déjà trop avancé. Le 3 mai 1894, il reçoit l’habit religieux. Le 6 juillet, il prononce ses vœux in articulo mortes. Il meurt le lendemain 7 juillet, à l’âge de 21 ans. Son corps est inhumé au caveau de Saint-Pierre de Gallicante à Jérusalem. C’est le premier religieux de l’Assomption mort à Jérusalem. D’une correspondance du P. Germer-Durand. « Comme je vous l’ ai annoncé par un télégramme, le Frère Emile Pelat est passé à une meilleure vie le samedi 7 juillet dernier. La veille, il avait reçu les sacrements et prononcé ses vœux in extremis en présence de toute la communauté. Cette mort prématurée, mais non inattendue, a été et sera, je n’en doute pas, A.A une bénédiction pour la maison de Notre-Dame de France. Le Frère Emile n’avait que vingt et un ans, il n’a passé que six mois parmi nous, mais ces six mois ont été remplis d’édification. Sa patience dans la maladie, son esprit surnaturel ne se sont pas démentis un instant. Son seul regret était de ne pouvoir travailler pour se rendre utile à la communauté, et ensuite de donner de la peine aux Frères qui le soignaient. Ceux-ci, en effet, ne se ménageaient point, et leur dévouement nous a tous édifiés. Notre cher défunt était déjà atteint de l’implacable maladie de poitrine qui l’a enlevé, quand il est venu à Jérusalem avec le pèlerinage de Noël. Nous espérions que le climat lui serait plus favorable que celui de France, mais le mal était avancé. Néanmoins nous n’avons pas hésité à lui donner l’habit qu’il était si digne et si désireux de porter. La cérémonie eut lieu le 3 mai, jour de l’Ascension. Le jour de la Pentecôte, il put encore sortir et venir célébrer la fête près du Cenacle. Pendant l’octave, Mgr Appodia voulut bien venir lui donner le sacrement de Confirmation qu’il n’avait pas encore reçu. Son père qui s’était opposé à sa vocation jusqu’à sa majorité, n’avait pas pris le soin de le faire confirmer. Ce détail laisse entrevoir les souffrances de ce cher enfant qui avait perdu sa mère et quitta un foyer où il ne se sentait pas aimé. Son père s’était remarié… Le samedi matin, 7 juillet, jour de la Sainte Vierge, la respiration du malade devenait plus difficile et le râle commençait. La communauté s’est réunie de nouveau pour les dernières prières. On venait de les terminer quand, dans un suprême effort, il a rendu l’âme pendant que je lui appliquais l’indulgence plénière in articulo mortis. Les funérailles ont eu lieu le dimanche matin. Toutes les communautés de Jérusalem y étaient représentées. Quelques-unes avec un groupe nombreux d’élèves ou d’orphelines. Le P. Urbain-Marie, vicaire custodial, et plusieurs prêtres du patriarcat latin y assistaient. Nous avons chanté la messe, corps présent, dans notre chapelle et un Père du couvent de Saint-Sauveur, délégué par le curé, a fait l’absoute et présidé l’enterrement. Le cortège était nombreux et bien ordonné. Nos Frères chantaient les psaumes Miserere et De Profundis. Les catholiques indigènes portaient le cercueil en récitant le chapelet en arabe, suivant l’usage du pays. Notre défunt repose dans notre catacombe à Saint-Pierre où il occupe le quatrième loculus à côté de celui de l’abbé Villerèle ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Souvenirs, 1894, n° 176, p. 137; n° 179, p. 174. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Lettre du P. Germer-Durand au P. Picard, Jérusalem, 10 juillet 1894. Notices Biographiques