Emilian INDREA – 1899-1988

Une vie sur la croix. Emilian Indrea est né le 8
septembre 1899 à Vezendiu en
Roumanie, au diocèse
d’Oradea Mare (Transylvanie). Il y fait ses classes primaires
(1905-1910), il prend l’habit le
12 juillet 1927 à Beius et y prononce ses premiers vœux, le 13 juillet
1928. Profès perpétuel le 13 juillet 1931, il remplit l’office de cuisinier
à Blaj de 1929 à 1936, puis à l’Institut Saint-Augustin de Bucarest. En
1943, il est à nouveau nommé à Beius et y reste jusqu’à la dispersion des
religieux en 1948. Mis à la retraite en 1965, il est aidé et soigné, avec
un dévouement fraternel, par le P. Bernard Stef qui annonce le décès du
frère avant Noël 1988: « Mon cher Frère Emilian est décédé pieusement hier
le 11 décembre [1988] à 13h30. Toute sa vie, il a été un excellent
religieux. Il nous a beaucoup édifiés par sa capacité de souffrir ». Neuf
prêtres ont pu assister à son enterrement [Lascud], le 13 décembre suivant.
Ils ont entouré son cercueil et récité en deux chœurs les prières
prévues pour l’enterrement des moines. Tout le monde fut touché par la
liturgie et les paroles du prêtre officiant
[Gheorghe Surdu], ancien alumniste de Blaj, frère d’un assomptionniste
décédé A Lorgues en 1933.

Religieux roumain de la Province de France.

Aux débuts de l’Assomption roumaine à Blaj et à Beius.

Grâce à une longue relation du P. Austin Treamer, nous connaissons par un témoin direct les débuts de l’Assomption à Blaj (Roumanie): « En compagnie du P. Adhémar Merckx et de l’abbé Vasile Altenié, professeurs au grand séminaire de Blaj, j’arrivais en septembre 1929 dans cette petite ville historique, centre de l’Eglise Roumaine Unie (1), en Transylvanie. J’y trouvais le P. Evrard Evrard, fondateur, et aussi le Frère Emilian, venu peu auparavant du noviciat de Beius. Le moment était venu de renforcer la petite communauté sur place, comme dans plusieurs autres localités importantes de l’Eglise Unie. Le P. Léandre Gayraud, du rite byzantin, était venu de Constantinople et s’occupa de l’alumnat qui abritait un petit nombre d’élèves choisis parmi les lycéens diocésains. Une belle église était en construction, à côté de la maison. Le P. Gayraud avait été envoyé à Lugoj, siège de Mgr Nicolescu, pour diriger l’internat diocésain, avec l’aide du P. Florian Griesemer, alsacien, ancien de Scheidegg. Blaj, petite ville à l’époque, était le centre de l’Eglise Unie, avec la résidence du Métropolite, du grand séminaire, des écoles pour garçons et filles, centre de publication de deux journaux hebdomadaires. Le P. Evrard avait donc acheté, à l’extrémité de la ville, une maison assez grande, une belle propriété élargie plus tard, et avait commencé la construction de l’église. Le Frère Emilian venait du département de Mures, au nord- ouest de la Transylvanie. Il était entré au service de son évêque d’Oradea Mare, Mgr Frentiu, ami et bienfaiteur des A.A. Ce dernier voulait les avoir dans son diocèse et le P. Louis Barrai fut envoyé de Constantinople avec le P. Juste Bonnet, celui-ci depuis longtemps de rite grec, comme professeur de français au lycée diocésain dans la petite ville de Beius.

Mgr Frentiu leur confia la direction de l’internat contigu au lycée diocésain. les deux religieux furent aidés par l’arrivée du P. Wladimir Malfatti de Bulgarie et du vibrant P. Irénée Merloz, d’Elorrio. A l’internat, on organisa une chapelle du rite avec une chorale dirigée par le P. Malfatti. Le P. Barral, dynamique, obtint l’érection canonique d’un noviciat roumain, sous la direction du P. Tiburce Donche, vieux constantinopolitain, versé dans la connaissance du rite grec. Au grand désir de Mgr Frentiu, les Oblates rejoignirent les religieux et prirent après quelque temps la direction d’un internat de filles. Les Sœurs établirent un groupe de postulantes qui allaient faire leur noviciat en France. Dans les deux maisons où j’ai vécu avec le Frère Emilian, à Blaj d’abord et ensuite à Bucarest, j’ai pu constater les effets de la formation spirituelle et religieuse solide reçue au noviciat sous le P. Tiburce. Ce Frère, pieux, très fidèle à ses exercices religieux et leur donnant la priorité sur toutes les autres occupations, travailleur infatigable, a été une aide précieuse comme cuisinier à Blaj, tout en portant plus largement le souci des affaires économiques. Toujours à Blaj, il s’occupait de la grande propriété, entretenait un potager, soignait une vigne et plantait des arbres fruitiers. c’est dans notre belle église de Blaj qu’il fit sa profesion perpétuelle selon un cérémonial adapté du Typicon byzantin, arrangé avec des résonances augustiniennes. Nommé maître des novices à la place du P. Tiburce, j’ai rencontré le Frère Emilian, puis plus tard à Bucarest, dans la fondation amorcée par le P. Barral. Le Frère Emilian était toujours le même, pieux, sérieux, serviable, rendant tous les services matériels de ce foyer d’étudiants. Nous devons au Frère Emilian une excellente recrue, le Frère Petru Barsan, cuisinier comme lui. Vous connaissez la suite: la guerre en 1939, la cession d’une portion de la Transylvanie à la Hongrie, l’entrée brutale des Soviets en Bessarabie qui la transformèrent en République de Moldavie et la ‘Felix Dacia’ devenue république populaire avec la dispersion des religieux ». (1) En Roumanie, on utilise de préférence l’expression ‘gréco-catholique’, pour désigner cette Eglise de rite oriental unie à Rome.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p. 42-43. Assomption-France, Nécrologie année 1988, p. 151. Relation du P. Austin Treamer, Nottingham, 17 janvier 1989. Lettre du P. Bernard Stef, Lascud, 18 décembre 1988.