Emilien (Eugène) RAUSCHER – 1908-1969

Untergroningen, 1956.
« Vos fils d’Allemagne se souviennent eux-aussi que le 12 octobre vous
célébrez votre fête onomastique. lis ne voudraient pas être en retard cette
année pour leurs vœux. Nos prières voudraient contribuer à obtenir
à la Congrégation des grâces de rénovation et de ferveur. Je crains que
nous soyons les derniers, nous vos fils d’Allemagne, à observer fidèlement
toutes vos consignes concernant la fidélité à nos devoirs de vie
religieuse, non
pas que vos circulaires nous atteignent en retard ou ne soient pas lues par
nous. C’est plutôt le cadre d’une communauté régulière qui nous manque, du
fait que le 3ème membre de la communauté mène la vie religieuse à part, à
sa façon. Le Frère Grégor Holzner, assimilable dans une communauté en terre
allemande, vient de nous rejoindre en coup de vent, sans attendre la fin de
ses 6 mois de repos, du simple fait qu’il a appris notre dessein
de trouver une bonne qui le remplacerait. Il est revenu bien retapé et
capable de travailler. L’hiver dans notre château peu chauffable lui sera
fatal à nouveau et ce sera la rechute inévitable. J’en ai parlé au
Provincial. Nous continuons à nous dévouer à l’avènement du Royaume dans le
ministère des âmes». P. Emilien R.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Lyon. Deux Frères à l’Assomption. Né le 2 avril 1908 à Scheibenhard (Bas-Rhin), Eugène Rauscher est le frère de Charles, également assomptionniste sous le nom de P. Nicolas. Il commence ses études secondaires à l’alumnat de Scherwiller (Bas-Rhin), de 1920 à 1924, et les poursuit à Miribel-les-Echelles (Isère), de 1924 à 1926. Le 31 octobre 1926, il prend l’habit à Saint- Gérard en Belgique, sous le nom de Frère Enùlien et poursuit son noviciat à Taintegnies (Belgique), sous la conduite du P. Savinien Dewaele. Il prononce ses premiers vœux à ScyChazelles (Moselle), le 6 novembre 1927. jovial, doux, surnommé ‘Milou’ par ses confrères, il retourne à Saint-Gérard pour ses études de philosophie (1927-1930). Il accomplit son temps de service militaire et enseigne une année à l’alumnat de Scy-Chazelles avant de gagner Rome pour ses études de théologie (193.2-1936). Profès perpétuel le 23 octobre 1932 à Scherwiller, il est ordonné prêtre le 7 mars 1936 à Rome. Cette même année, il est envoyé à Miribel-les-Echelles comme professeur. En 1938, il est envoyé en renfort au P. Privat Bélard à Belgrade (Yougoslavie). La guerre l’y surprend. Son amour de la patrie le rend peut- être imprudent au point de lui attirer des ennuis de la part des Allemands qui l’emprisonnent à Belgrade d’abord, puis à Vienne (Autriche). Relâché en 1942, il peut rentrer en France. Revenu à Miribel-les- Echelles comme professeur et vicaire (1942-1945), il est affecté en 1945 à l’alumnat de Scy-Chazelles pour en prendre la direction. Il S’y dévoue pendant six ans (1945-1951), mettant à profit ce temps pour réparer les dégâts occasionnés par la guerre. En 1951, on cherche un religieux à envoyer à Saint- Louis des Français à Moscou pour remplacer le P. Jean de Matha Thomas, expulsé. Le P. Emilien est désigné pour ce poste exposé, A.A mais il ne peut le rejoindre parce que l’Union Soviétique lui refuse le visa. Ce sont des religieux de l’Assomption de la Province d’Amérique du Nord, aumôniers de l’ambassade américaine, qui prennent la relève. Réimplantation de l’Assomption en Allemagne. Rendu libre au moment même où la Congrégation cherche à s’établir en Allemagne (1), le Père Emilien gagne Untergrôningen dans le Würtemberg. Il y passe 6 ans (1952-1958) comme prêtre desservant, gagnant la sympathie du clergé local. En 1958, on offre à l’Assomption un poste plus important, à Comburg, dont l’église est une ancienne construction abbatiale. Trois religieux forment une petite communauté (1958-1962), en collaboration avec la paroisse de Steinbach. Le projet est cependant de fonder une implantation stable qui permettrait un recrutement local. C’est alors que s’offre l’occasion de construire un internat à Mayen, non loin de Coblence où l’on peut utiliser les fonds bloqués lors de la liquidation de l’ancienne maison de Scheidegg en Bavière. On fait encore appel au P. Emilien pour lancer l’entreprise. Une fois l’internat organisé, il unit à sa charge d’économe celle de professeur de religion à la Realschule et celle de vicaire dominical dans les environs. Peut-être a-t-il présumé de ses forces, car il ressent une forte fatigue à l’automne 1968. Il doit prendre un temps de repos absolu après une attaque subite. Durant neuf semaines, à partir du mois de janvier 1969, il est paralysé de façon progressive. Soigné à Strasbourg (Bas-Rhin), à la clinique des Sœurs de la Toussaint pour une thrombose cérébrale, il y meurt dans la nuit du 21 au 22 mars 1969, à l’âge de 61 ans. Le 25 mars suivant, il est inhumé au cimetière du Nord de Strasbourg. Un temps maussade et pluvieux ajoute une note de tristesse à la séparation finale avec ce religieux sympathique, dévoué toute sa vie à l’Eglise et à l’Assomption qu’il sut aimer d’un amour indéfectible, à la veille de l’ouverture du chapitre général de 1969. (1) Une tentative semblable est faite par la Province des Pays-Bas, en Rhénanie-du-Nord (Westphalie).

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. novembre 1970, p. 139. Lyon-Assomption, mars 1969, n° 18, p. 10-12. Lettre du P. Emilien Rauscher au P. Wilfrid Dufault, Untergrôningen, 10 octobre 1956. Du P. Emilien Rauscher, dans les ACR, rapports sur Scy-Chazelles (1945-1951), sur Untergrôningen (1955-1957), sur Comburg (1958-1961), correspondances (1932- 1963). L’Assomption en Allemagne dans Missions Assomptionnistes, 1963, n° 559, p. 38-43 et l’Assomption et ses CEuvres, 1963, n° 534, p. 18-20. Notices Biographiques