Emilius (Auguste) VANDEPUTTE – 1897-1970

Tamines.
« Voici 3 mois, le P. Rodrigue Moors, notre nouveau Provincial, me
signifiait par
une lettre que le Doyen de La Louvière qualifia de brutale et de cruelle,
mon changement pour Tamines. J’ai attendu pour vous écrire et vous dire ma
pensée afin de ne pas paraître agir sous l’emprise de l’emportement. On
parle beaucoup de charité chez nous, mais on peut se
demander si elle existe encore. Sans avertissement, parce que je n’ai pas
répondu à une première lettre, je reçois un changement! On me reproche de
graves fautes commises contre tout le monde! Je reconnais bien n’être pas
parfait ni infaillible. Au cours
de mes dix ans de ministère paroissial, j’ai pu me tromper, faire des faux
pas en certaines circonstances, mais en conscience je n’ai pas à me
reprocher des fautes graves contre l’évêché, les paroissiens, la
congrégation et les confrères. Le P. Rodrigue n’a pas la manière de traiter
ses religieux qui restent
malgré tout des hommes. Je vous le dis franchement que le P. Rodrigue ne
profite pas de son autorité actuelle pour assouvir d’anciennes rancunes que
nous savons tenaces chez lui… ».
P. E. Vandeputte.

Religieux de la Province de Belgique-Sud. Curriculum vitae. Auguste Vandeputte est né le 26 mars 1897 à Roulers en Belgique, dans le diocèse de Bruges. Il fait ses études de grammaire au Bizet de 1910 à 1913, celles d’humanités à Taintegnies de 1913 à 1915. Il prend l’habit religieux à Sart-les-Moines le 4 juin 1916, sous le nom de Frère Emilius et sous la conduite du Père Eustache Pruvost, mais il ne peut prononcer ses premiers vœux que le 19 mai 1918, à Louvain. Les études de philosophie se déroulent pour lui d’abord sur place à Louvain (1918-1919), puis à Taintegnies (1919-1920). Il revient à Louvain pour les études de théologie (1921-1925), après une année d’enseignement à Zepperen (1920-1921) où il est reçu à la profession perpétuelle, le 22 mai 1921. Le Frère Emilius est ordonné prêtre à Louvain le 26 juillet 1925. Ses différentes obédiences le conduisent d’abord dans la voie de l’enseignement: à Zepperen (19251926), à Sart-les-Moines (1926- 1927), à Boxtel (1927-1931) et une nouvelle fois à Zepperen (1931-1936). La seconde partie de sa vie ministérielle est plutôt ordonnée à l’apostolat paroissial: le P. Emilius est curé de Haine-Saint- Pierre et supérieur de la communauté, de 1936 à 1946. De 1946 à 1963, il est professeur à l’école moyenne de Fleurus, avec rattachement soit à la communauté de Tamines, soit à celle de Sart-les- Moines ou encore à celle de Jumet-Hamendes dont il est nommé supérieur en 1962. De 1963 à 1969, il est aumônier chez les Sœurs de Callenelle. A partir de 1969, il est hospitalisé au Home tenu par les Sœurs de Templeuve. C’est là qu’il meurt le 18 juillet 1970. Depuis quelques années, il vivait avec sa sœur Berthe à laquelle il était très lié. Celle-ci mourut quelques heures seulement avant lui. Tous deux sont inhumés dans la concession des Religieux de l’Assomption au cimetière de Taintegnies, le 20 juillet 1970. Page :171/171 Témoignage du P. Jean Lieffring. « Je voudrais vous dire quelques mots du Père Emillus tel que je l’ai connu, non pas dans ses jours en pleine force comme professeur de religion ou prédicateur de renom, mais dans l’épreuve de la maladie qui l’a terrassé en moins de deux ans. Arrivé à Froyennes en avril 1968, j’ai fait sa connaissance en allant dîner chez lui à Callenelle avec le Père Hendrik [Van Aken] C’était encore un bel homme,, fort, bien distingué, aimable avec une certaine solennité, au langage châtié. Hélas, peu de temps après, je le trouve à la clinique de Tournai. En moins d’un mois, c’est un autre homme que j »ai devant moi, brisé, cloué au lit quatre mois à la suite d’une opération qui n’a donné aucun résultat positif mais a ruiné sa santé qui avait toujours été solide. Sans doute l’artériosclérose existait déjà chez lui, mais, chose étonnante, elle a progressé si rapidement que sa sœur Berthe eut du mal à s’en convaincre. Le ressort était brisé définitivement et sans l’énergie et les soins de sa sœur, il nous aurait quitté déjà depuis bien longtemps. Ayant dû quitter son aumônerie, ils trouvèrent une place au home paisible de Templeuve où ils furent soignés avec bonté et compétence par les Sœurs de Saint-Joseph dont le Père Hendrik est l’aumônier. Ils se sentirent ainsi moins seuls, car depuis Noël 1968, le Père Emilius n’était plus capable de célébrer sa messe. Puis sa sœur est tombée malade et la gangrène en moins de deux mois l’a emportée après queue ait supportée avec un courage admirable des douleurs atroces. Quand on allait la visiter, on sentait que sa sœur était tout pour lui, car elle le soignait comme un petit enfant. A ma dernière visite, le lundi avant sa mort, sa sœur était depuis deux semaines à la clinique. Il ne parlait que d’elle et il l’attendait avec impatience. Car si le. Père était souvent perdu et inerte, il avait des moments bien lucides. Que de fois ne m’a-t-il pas dit qu’il se sentait inutile, une charge pour sa sœur et que le bon Dieu devrait le reprendre. Que de fois n’a-t-il pas répété: ‘Que c’est dur et humiliant!’ … ». Page :172/172

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. novembre 1970, p. 150-151. Belgique-Sud Assomption, septembre 1970, no 48, p. 1578-1581. Lettre du P. Emilius Vandeputte au P. Gervais Quenard, Tamines, 24 janvier 1947 Du P. Emilius Vandeputte, dans les ACR, rapports sur Haine-Saint-Pierre (1936-1940), sur Jumet-Hamendes (1962).