Emilius (Francois-Marie) BLANCHE – 1894-1914

Louvain juillet 1914. Règlement des vacances.

5 h 30: lever, prime, méditation messe.

7h 30: déjeuner
7 h 45: légumes, récréation obligatoire
9 h: charges, étude, travaux manuels facultatifs mais en silence!
10 h 30: sortie facultative dans le parc, en silence!

11 h 30: petites heures

12 h: dîner

14 h: vêpres et complies

14 h 15 temps libre (silence)!
16 h: goûter, récréation

17 h: office
17 h 45: temps libre. Etude: silence! Travaux manuels facultatifs.
Promenade.

18 h 45: récréation facultative

19 h 15: chapelet en commun dans le parc

19 h 30: souper, récréation

20 h 45: obéissance, adoration, coucher.

D’après les Ephémérides de
Louvain.

Religieux français.

Une vie fauchée au ‘plein midi des jours’.

François-Marie voit le jour le 4 février 1894 à Blond (Morbihan) dans le diocèse de Vannes, de Pierre Marie et Jeanne, née Théant [Theam?]. Alumniste à Bure en Belgique de 1906 à 1909, puis à Taintegnies de 1909 à 1911, il prend l’habit à Gempe le 11 août 1911 sous le nom de Fr. Emilius. Le noviciat à l’époque dure deux ans, la première année dite canonique se déroule dans le cadre d’une maison formée et érigée en ce sens et la seconde peut se dérouler dans une maison d’œuvres: alumnat, collège tant en Europe qu’à l’Orient. On sait par les chroniques du temps que la maison de Gempe en Belgique, noviciat provisoire qui est venue décharger la grande communauté de Louvain en 1906, change d’affectation en septembre 1912: elle devient prioritairement un noviciat pour les frères convers et, provisoirement, un alumnat (dit de la Sainte Famille) tandis que Limpersberg au Luxembourg, noviciat érigé en 1912, est réservé à la formation des novices de chœur, en première année. Fr. Emilius prononce ses vœux perpétuels le 15 août 1913 à Limperstberg et se rend donc ensuite à Louvain pour commencer ses études de philosophie. Mais la guerre éclate avec son cortège de réfugiés, de blessés et, pour les civils, de pénuries. On lit dans les éphémérides de Louvain que depuis le début octobre [19141, le Fr. Emilius, malade, ne peut suivre les cours. Suivons la chronologie des jours et la plume de l’archiviste qui nous donnent simultanément l’air et le goût du temps:

Mardi 3 novembre 1914.

« Le Fr. Emilius va plus mal, son état s’est subitement aggravé. Le médecin est très pessimiste à son sujet. Peut -être même ne pourra-t-il passer la nuit.

Par précaution, on va lui conférer l’extrême-onction cette nuit. Le P. Simon nous recommande de prier pour lui. Le P. François-Xavier, venant à Louvain, nous apporte des journaux: on n’y trouve presque rien comme nouvelles sinon que la marche en avant des armées allemandes est progressive mais lente. Il est à noter que ces journaux sont allemands, mais il est vrai rédigés en français. La canonnade continue, on se bat entre Ypres et Gand.

Mercredi 4 novembre 1914.

Fête de Saint Charles Borromée. Le Fr. Emilius a rendu le dernier soupir à une heure du matin. Sa mort a été douce et édifiante. Nous récitons l’office des morts à 8h 1-5 et le P. Possidius chante la messe pour le repos de son âme; après la messe a lieu l’absoute dans la chapelle ardente (salle des peintures). Le Père nous adresse quelques paroles et nous invite à profiter de ces circonstances pour nous amender. Il paraît que les Allemands ont été battus à Ypres et qu’ils remontent vers Gand. On annonce beaucoup de nouvelles, les unes plus invraisemblables que les autres. Il y aurait un religieux blessé au front et même décoré, les autres mobilisés sont pour l’instant en bonne santé.

jeudi 5 novembre 1914, jour de retraite.

Nous nous levons en retard à 6h. à cause de la veillée nocturne. À 9h. on chante la messe des morts, à 14h. vêpres et complies (sic). A 15h. mise en bière du Fr. Emilius. A 15h15 levée du corps et absoute à la chapelle. Après l’absoute, on conduit le Frère dans sa dernière demeure, côte à côte avec le Frère Eftymès. A 16h30 office, à 19h15 seconde méditation et salut. A 19h30 souper. Le P. Lambert est parti en Hollande chercher des nouvelles et expédier du courrier. Le P. J. Antoine nous quitte aussi, on ne sait pour ou. Nous avons aussi deux frères convers venus à Louvain pour assister aux obsèques.. On entend le canon aussi fort qu’hier. Le temps se maintient au beau ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Ephémérides de Gempe (1912-1913): E 22. Ephémérides de Louvain (1905-1914): H Il. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy.