Emmanuel (Charles) KRAHENBUHL – 1899-1973

Religieux suisse de la Province de Lyon.

Des origines suisses.

Charles Krahenbühl (1) est né à Soyhières, le 6 septembre 1899, dans le Jura bernois (Suisse), d’une famille musicienne. Très doué pour la musique, il doit à sa mère, Suzanne Steiner, son intérêt musical et à Mlle Hélène Joray son initiation instrumentale au piano et à l’orgue. Le père de famille, Charles, est contremaître à la fabrique de ciment de Bellerive. Charles junior a deux soeurs. Il est d’abord scolarisé au gymnase de Delémont. C’est au cours d’un voyage en train qu’il rencontre à 13 ans le P. Marie-Auguste Leclerc, recruteur breton de vocations, dévoué et original. Il entre à l’alumnat du Bizet en Belgique (1912-1914). Il est évacué à cause de la guerre à Vinovo au Piémont (Italie) où il ne reste qu’un an (1914-1915), puis à Ascona en Suisse (1915-1917). Il prend l’habit au noviciat de Lumières (Vaucluse), le 6 août 1917, sous le nom de Frère Tarcisius, changé ensuite en Frère Emmanuel. Il fait profession le 8 septembre 1918. À Taintegnies, il étudie la philosophie (1919-1921) et, à Louvain, la théologie (1921-1925). Profès perpétuel le 8 septembre 1921, il est ordonné prêtre le 26 juillet 1925. Professeur et musicien à Plovdiv (1925-1948). Le P. Emmanuel rejoint son premier poste en septembre 1925, le collège Saint-Augustin de Plovdiv (Bulgarie). On lui demande d’enseigner les mathématiques, matière pour laquelle il n’est pas du tout préparé. Il passe assez vite à l’enseignement du français, de l’histoire et de la musique (1932). Outre les classes de musique, il remplace le P. Hermann Gisler à la tête de la fanfare du collège, très recherchée pour les fêtes nationales et patriotiques. Sous sa férule, celle du collège atteint très vite une grande notoriété. Le collège dispose aussi d’un orchestre dont s’occupe le P. Emmanuel, pour toutes les séances récréatives et les fêtes religieuses. Il puise dans le riche répertoire folklorique du pays et entraîne les chants à la messe dite en rite slave par le P. Diniitri Yanev.

Il s’entraîne tous les matins au piano et se sent assez sûr de lui pour donner des concerts à Sofia devant les membres des ambassades et de la haute société de la capitale. Il donne même des concerts d’orgue : il est le seul à savoir jouer de l’unique instrument dont dispose le pays, dans un hôtel de Sofia. Fermé à double serrure, cet orgue n’est accessible qu’en présence de deux gardiens-surveillants. Le gouvernement bulgare récompense la virtuosité du P. Emmanuel en lui décernant une décoration nationale. En 1937, lors de l’inauguration de la basilique de Lisieux par le cardinal-légat Pacelli, futur Pie XII, on fait appel au P. Emmanuel pour tenir les orgues durant les cérémonies. En France (1948-1973). C’est la mort dans l’âme qu’en 1948 le P. Emmanuel doit quitter la Bulgarie. Il passe sa première année en France à Nîmes (Gard). En 1949, il est affecté à Lyon et enseigne l’histoire aux étudiants à Valpré (Rhône), tout en se dévouant comme aumônier chez les Religieuses de l’Assomption au pensionnat Bellevue de La Mulatière. En 1959, le P. Emmanuel est envoyé à l’alumnat de Miribel-les-Echelles (Isère). En 1969, l’alumnat de Miribel est fermé après ses 86 ans d’existence. Le P. Emmanuel est alors envoyé à Douvaine (Haute-Savoie). Le 21 mars 1973, il est découvert au matin inanimé dans sa chambre, victime d’une rupture d’anévrisme. Les obsèques sont célébrées à Douvaine le vendredi 23 mars. Il est inhumé au cimetière de la paroisse où reposent déjà avant lui cinq assomptionnistes. En trois jours, la Province de Lyon perd trois religieux : le P. Blanc-Garin à Strasbourg, le P. Emmanuel Krâhenbühl à Douvaine et le Frère Robert Garcenot à Lorgues.

(1) Telle est l’orthographe correcte de son nom, souvent transformé en Kraehenbùhl. 

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1974, p. 230-231. ART Informations, 1973, n° 40, p. 5. Lyon-Assomption, juin 1973, n° 37, p. 3-6. Le Pays (journal suisse), 24-25 mars 1973 Dans les ACR, du P. Emmanuel Krâhenbühl, quelques correspondances (1950-1962) . Aucune de ses compositions musicales ne figure dans le répertoire à Rome. Lettre du P. Emmanuel au P. Gervais Quenard, Lyon, 4 septembre 1950.