Emmanuel-Marie (E.-Jules-Oscar) VIVIEN – 1900-1986

Les Essarts, 1962.
« Il me reste aux yeux de la coutume dix jours pour vous présenter mes
voeux de nouvel an. Je ne cherche pas d’excuse à mon retard. Votre aimable
lettre m’a cependant fait grand plaisir; elle a confirmé d’autres
témoignages, à savoir que le choix de notre maison pour la probation n’a
pas déçu, que nous pouvons être de quelque utilité pour la Congrégation.
Avec le rodage, nous espérons pouvoir garder cette confiance et avoir le
plaisir de vous
revoir chaque année. Le mouvement est lancé. Le 5 juillet nous aurons la
retraite de tous les Frères coadjuteurs de France et à la fin du mois
d’août une retraite des Pères de la Province. Toutes ces visites
et la bénédiction du bon Dieu ne peuvent que faciliter le recrutement de
notre oeuvre pour de futurs Frères. Au moment de la grande épreuve pour
notre maison en 1953, vous m’avez encouragé à la défendre. La confiance a
porté ses fruits. Indépendamment
des frais exceptionnels d’aménagement acquis pour l’avenir, nous sommes
rentrés dans nos frais. Tous les Provinciaux ont rapidement et sans
difficulté soldé leur note. J’attends seulement le règlement pour le séjour
du P. Goulven (Amérique du Sud). Dois-je laisser tomber? ». P. E.M.

Religieux de la Province de France. Une vocation tardive. Né à Orville (Pas-de-Calais), le 7 décembre 1900, Emmanuel-Jules-Oscar Vivien est initié dès l’âge de douze ans au métier de menuisier. Il reçoit l’appel du Seigneur après son temps de service militaire (1920-1922). Il commence des études secondaires à l’alumnat d’Arras (Pas-de-Calais), de 1922 à 1924, puis à Lorgues (Var) de 1924 à 1926, enfin à Saint- Denis au nord de Paris (1926-1927). Il prend l’habit au noviciat de Scy-Chazelles (Moselle), le 30 octobre 1927, sous le nom de Frère Emmanuel- Marie, là où son frère Louis prononce ses premiers vœux quelques jours plus tard. Profès annuel le ler novembre 1928, il gagne la Belgique pour ses études de philosophie, à Saint-Gérard (19281930), suivies de celles de la théologie à Louvain (1930- 1934). Il devient profès perpétuel le ler novembre 1931 et il est ordonné prêtre à Louvain également, le 30 avril 1934. Le P. Emmanuel-Marie apportera dans son travail une grande application et un fort dévouement, même si sa santé restera toujours délicate. Une vie donnée en trois lieux. Trois noms de lieux suffisent à évoquer, par le P. Jean-Pierre Dehouck, toute la suite de la vie du P. Emmanuel-Marie: Lormoy (Essonne) pendant douze ans, Les Essarts (Seine-Maritime) durant vingt-quatre ans et Cassel enfin (Nord), pendant seize ans, autant d’années de service et de fidélité: «Lormoy tout d’abord. c’est le commencement d’une longue responsabilité de la vie matérielle des communautés. On imagine aisément le souci, le tracas, le travail d’aménagement d’une maison susceptible d’accueillir une centaine d’étudiants assomptionnistes. Certes, il n’est pas seul, car sa famille est venue prêter main-forte. Page :347/347 Qu’il me soit permis de dire un grand merci à la famille du Père Emmanuel et du Père Louis pour tout ce que ses membres, tant défunts que vivants ont réalisé avec l’Assomption. Quelques années après l’installation en 1934, c’est la période difficile de la guerre, avec l’occupation et les restrictions. Ce n’est pas une sinécure de fournir à tous ces jeunes hommes la nourriture, le chauffage et l’habillement. Après Lormoy, à partir de 1946, c’est au tour des Essarts en Normandie de recevoir le P. Emmanuel-Mahe comme économe avec encore la responsabilité matérielle de cette maison alors noviciat où les jeunes s’initient à la vie religieuse: il faut encore nourrir, habiller, chauffer et trouver les fonds pour faire vivre tout ce monde. Il a fallu au P. Emmanuel toute sa foi et son amour de la Vierge Marie pour demeurer fidèle à la vie religieuse au milieu de ces tracas et soucis. De ce que le P. Emmanuel-Marie a vécu à Cassel comme aumônier de la maison Saint-Joseph, dans la disponibilité pour rendre service aux paroisses d’alentour,.d’autres que moi ont été les témoins tout proches, les bénéficiaires aussi .. » (1) Homélie de M. Vandewalle, curé-doyen. « ‘Notre Dieu est plus grand que notre cœur. Cette affirmation de saint Jean est devenue la conviction de notre cher Père Emmanuel-Marie Vivien. Quand il se confie et laisse parier son cœur, nous sommes heureusement surpris de la simplicité de relation qu’il entretient avec son Dieu en même temps que de la grande admiration qu’il lui porte. Il ne sait comment remercier le Seigneur qui a la grande délicatesse de l’appeler un jour à être prêtre. A douze ans, il termine ses études primaires et il commence déjà à s’orienter vers la vie ouvrière, sous la conduite de parents admirables d’une foi éclairante et sanctifiante. C’est dix ans plus tard que le Seigneur lui signifie son appel. C’est pour lui l’occasion d’une ouverture plus grande à l’action de l’Esprit Saint qui élimine un à un tous ses doutes et le conforte dans le don total de sa personne à son Dieu et à son Eglise. Quand il quitte son atelier pour l’Assomption, quand il lui faut troquer son marteau, son rabot, son établi pour un léger porte-plume, c’est alors qu’il mesure le grand changement de vie qui s’impose à lui. Cela lui coûte beaucoup d’efforts de sacrifices et même de souffrances, bien souvent cachées. Il a l’immense chance de rencontrer des prêtres délicats, compréhensifs, dévoués qui lui font confiance et l’encouragent. Quelle joie l’inonde quand il est ordonné prêtre! Désormais le P. Emmanuel n’a plus qu’une motivation: être prêtre toute sa vie, prendre le même chemin que Jésus, mettre ses pas dans les siens, se laisser pénétrer de la pensée de son Maître et surtout se laisser habiter et animer par le même élan, par le même souffle, celui qui faisait vivre Jésus… Le Père Emmanuel vit parmi tous comme un pauvre. Il se sait ‘pauvre’ et ne cache pas ses limites. Mais il respire la bonté, la douceur, la patience, la miséricorde … ». (2). Sans que rien ne le laisse prévoir, le P. Emmanuel meurt dans la nuit du 2 au 3 décembre 1986 à Cassel où ses obsèques sont célébrées le 6. (1) Présentation par le P. Jean-Pierre Dehouck. (2) Extrait de l’homélie. Page :348/348

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (Ili) 1984-1986, p. 145-146. Assomption-France, Nécrologie n° 5, année 1986, p. 119-120. Dans les ACR, du P. Emmanuel-Marie Vivien, rapports sur Les Essarts (1952-1969), correspondances (1936-1964). Lettre du P. Emmanuel-Marie-Vivien au P. Saint-Martin, Les Essarts, 21 janvier 1962. Comme Procureur aux Essarts, le P. Enunanuel-Marie Vivien est à l’origine de plusieurs documents sur Madagascar dont un musée constitué avec des objets rapportés par les missionnaires et un film présentant la mission de l’Assomption dans la Grande-Ile.