Ephrem (Jacques-Marie) JUBERT – 1898-1987

Biens de famille.

« Avec l’accord de mon Supérieur Provincial, je viens vous demander votre
autorisation pour l’opération suivante: faire cession à mes frères et
soeurs (MM. Pierre, Jean, André Jubert, Mme Vve Maurice Moreaux née Marie-
Thérèse Jubert et Mme Jacques Henry, née Jeanne Jubert) de mes parts dans
la société Jubert-Moreaux.

Ce faisant, j’éviterai à mes héritiers toutes difficultés lors de ma
succession, ennuis pratiquement insurmontables en raison de changements
survenus depuis 1926. D’accord avec mon frère, le P. Alphonse Marie (Edmond
Jubert) qui fait la même
démarche auprès de vous, mon testament qui s’est trouvé annulé par les
circonstances, pourra être rédigé à nouveau lorsque la cession aura été
effective, en accord avec le droit civil et le droit
canonique. Il ne semble pas que cette opération dépasse la compétence du
Supérieur Général en son Conseil. De même la nouvelle rédaction du
testament ne semble pas devoir exiger un recours au Saint-Siège.

Ephrem Jubert, Paris, 14
novembre 1960.

Religieux de la Province de France.

Curriculum vitae.

Avant de retracer le curriculum du P. Ephrem, un fait plus que centenaire mérite d’être relevé: le 1er mai 1889 se trouve de passage à Millau (Aveyron) un industriel ardennais, M. Paul Jubert, en voyage d’affaires. Marié depuis 5 ans, père de trois enfants déjà, il pense à l’avenir et écrit à son épouse, Marie Michaux: « Dieu commence à nous donner charge d’âmes. Que nos enfants réussissent physiquement et moralement, qu’ils restent chastes et purs. Dieu, nous vous prions de permettre que nous connaissions leur vocation, de manière que nous ne la dérangions jamais en rien qui ne vous soit agréable. Nous vous demandons que plusieurs d’entre eux embrassent la vie religieuse ». Cette prière allait être exaucée dans le foyer puisque trois enfants allaient embrasser la vie religieuse. Jacques- Marie Jubert est né le 9 août 1898 à Charleville (Ardennes), au diocèse de Reims. Il fait ses études au collège diocésain Saint-Rémi à Charleville (1905-1916). Survient la guerre de 1914-1918. Les Ardennes sont totalement occupées par les Allemands et coupées de la ville épiscopale de Reims. Pour échapper à de possibles réquisitions pour le travail, déjà pratiquées par les occupants d’alors, et pour répondre à sa vocation, Jacques passe en Belgique, entre au séminaire de Floreffe, au diocèse de Namur. Il y rencontre d’anciens alumnistes de Bure qui lui font connaître l’Assomption. Le 16 juillet 1917, il reçoit l’habit religieux à Louvain et prend le nom de Frère Ephrem. Il fait sa profession le 17 juillet 1918 en présence de son plus jeune frère, venu le rejoindre à l’Assomption, le futur P. Alphonse-Marie. Après deux années de service militaire à Dijon et Paris, après deux années d’études à Taintegnies près de Tournai où il prononce ses v?ux perpétuels le 15 août 1922,

enfin après quatre ans de théologie à Louvain, le Frère Ephrem est ordonné prêtre par Mgr Louis Petit, le 25 juillet 1926.

Activités apostoliques.

A Nîmes, pendant quatre ans (1926-1930), le P. Ephrem est professeur au collège de l’Assomption où il anime également un groupe de la toute jeune Croisade Eucharistique. Puis il est envoyé comme économe au très ancien collège de Pontlevoy (Loir-et-Cher) où la cohabitation entre religieux de l’Assomption et disciples de Mgr Dupanloup ne résiste pas à l’épreuve plus de deux ans (1930-1932)! A l’automne 1932, le P. Ephrem entre à la maison de la Bonne Presse qui prendra le nom de Bayard Presse en 1969. Pendant vingt ans, d’abord avec le P. Ambroise Jacquot, puis avec le P. Séraphin Protin, il collabore à la direction des services administratifs, particulièrement chargé des services féminins de l’entreprise alors dirigés par tout un encadrement de S?urs Oblates qui y sont plus de quarante. A partir de 1954, et pendant une quinzaine d’années, le P. Ephrem fait partie de la communauté de la rue François ler, d’abord sous-prieur et aide-chapelain à Notre-Dame de Salut, puis économe en 1956. A l’exercice de cette fonction s’ajoute en 1960 celle de secrétaire de la section 206 de la Mutuelle Saint-Martin. Le P. Ephrem est apprécié pour sa serviabilité, son accueil des hôtes, toujours empressé et souriant. Puis vient le temps où il faut faire place à de plus jeunes et, en décembre 1968, il arrive en la maison de Lorgues (Var) où vont s’écouler en compagnie de son frère les dernières années de son existence. Aux débuts de ses années de présence à Lorgues, le P. Ephrem peut encore rendre quelques services paroissiaux dans la région. Le 1er décembre 1984, il subit un petit accident vasculaire: c’est le début d’une longue et pénible maladie qui va l’éprouver durant 31 mois! Le P. Ephrem décède à Lorgues le samedi 4 juillet 1987, vers une heure du matin. Ses obsèques sont célébrées le lundi 6 juillet. Son frère, le P. Alphonse-Marie, évoque sa longue vie tandis que le P. Jean-Daniel Gullung, économe vice-provincial de l’Est, invite les participants à prier à partir des textes de la liturgie: Paul aux Romains 8, 14-17 et Matthieu 11, 25-28, mettant en valeur la révélation de la paternité de Dieu, cette révélation qui permet aux hommes de devenir ‘fils dans le Fils’.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption (IV) 1987-1990, p. 11-12. Assomption-France, Nécrologie, année 1987, p. 130-131. Dans les ACR, du P. Ephrem Jubert, correspondances (1919-1960). Lettre au P. Wilfrid Dufault, Paris, 14 novembre 1960. A Paris, après la deuxième guerre mondiale, le P. Ephrem est le rédacteur de la La Lettre à la Famille qui collecte les correspondances et les nouvelles pour les faire paraître dans le délai le plus rapide.