Ephrem (Louis) DESCHAMPS – 1865-1886

Oasis monastique de
1’Assomption : Osma,
« La communauté d’Osma, installée dans son vieux couvent à longs cloîtres
ou corridors flanqués d’une multitude de charmantes petites cellules
vraiment religieuses et recueillies, présente toute la physionomie d’un
vieux monastère; le nombre même des religieux
prête à cette impression, qui se renouvelle au chœur, au réfectoire, à la
salle de communauté. Nous sommes
34, autant qu’à notre réunion de Lourdes avant la dispersion. Jamais la vie
de la
Congrégation ne s’était révélée à nous, au point de vue de la sève
monastique et féconde de la vie régulière, avec un ensemble aussi complet,
aussi consolant, aussi imposant. Est- ce la germination qui se
produit avec l’aurore d’une vie nouvelle sur la tombe des saints
Fondateurs? Est-ce l’heureuse réunion des éléments de l’avenir et d’une
famille qui se réforme, plus forte et plus nombreuse, à la faveur de la
dispersion, qui croyait, en la persécutant et en l’exilant, la détruire?
Toujours est-il que nous sommes tous pénétrés d’une profonde impression
d’admiration en face des miséricordes divines et de la protection céleste
très sensible qui s’étend sur notre famille religieuse … ». 1881

Ephrem (Louis) DESCHAMPS

1865-1886

Religieux français, novice.

Un parcours de formation improvisé.

Louis Deschamps, fils de Joseph et de Bénédicte née Baimain, est né le 21 octobre 1865 à Tramoyes dans l’Ain, au diocèse de Belley. On sait seulement qu’il est entré le 8 septembre 1884 au noviciat à Paris, sous le nom de Frère Ephrem. Il reçoit l’habit des mains du P. François Picard. La cérémonie se déroule chez les Religieuses de l’Assomption au n° 6 rue de Lubeck (Paris), la chapelle de la rue François 1er étant toujours interdite au culte et sous les scellés. La fiche de vêture, n° 39 des Procès-Verbaux des vétures et professions de Paris, est signée par l’intéressé, le P. Picard, le P. Pernet, le P. Michel Romanet et le P. Marie-Edmond Bouvy. On sait qu’à cette date les novices français commençants ne peuvent temporairement rejoindre le noviciat d’Osma (Espagne), en raison d’une épidémie de choléra qui a fait fermer la frontière entre les deux pays. Le P. Alfred Mariage remplit provisoirement les fonctions de maître des novices. Le P. Maxime Viallet, arrivé depuis peu de Notre-Dame des Châteaux où il est allé respirer l’air pur des montagnes, est chargé du cours des psaumes tandis que P. Stéphane Chaboud initie les novices à la liturgie. En ce même mois de septembre 1884, le noviciat d’Osma n’est pas épargné par les épreuves: la plupart des religieux sont malades; le Frère Ennemond Genest succombe, le Frère Polycarpe Hudry s’est fait saisir par les douaniers espagnols et emprisonner à Silos.

De Paris à Osma (1884-1886).

Enfin le 4 novembre 1884, les novices parisiens dont le Frère Ephrem, prennent le chemin de l’Espagne, accompagnés par les PP. Alfred Mariage et Maxime Viallet où ils arrivent le 7 novembre. Le voyage s’est fait en chemin de fer jusqu’à la frontière,

à Irun, puis, à partir d’Aranda dans un coche tiré par des mules. Tout au long des haltes, les religieux distribuent médailles et images à la population intriguée par ce grand équipage. L’hiver et le printemps sont rudes sur ce plateau de Vieille-Castille. Pour se réchauffer pendant les récréations les novices jouent à la ‘main chaude’ en se frappant mutuellement sur les mains! En mai 1886, les chroniques du noviciat d’Osma précise que le Frère Ephrem, obligé de recourir à des soins médicaux spéciaux, doit rentrer en France dans sa famille parce qu’il est malade du cœur et de la poitrine. Il meurt à Tramoyes le 29 juillet 1886, à l’âge de 21 ans. Il a obtenu, selon l’usage du temps, de pouvoir prononcer ses vœux perpétuels ‘in articulo mortis’.

D’Osma à Livry.

Le noviciat d’Osma vit ses derniers instants. Profitant de l’acalmie politique qui règne en France, le P. Picard a en effet décidé au chapitre général du mois d’août de procéder au transfert du noviciat d’Osma à l’abbaye de Livry, dans la proche banlieue parisienne. Après quelques réparations de première urgence faites dans l’été, les novices prennent possession des lieux les 5 et 7 octobre 1886, non sans avoir obtenu, avant leur départ définitif de la terre espagnole, un grand pèlerinage à Salamanque et Avila. Osma va rester, dans l’imaginaire assomptionniste, le modèle même du noviciat de type monastique, constitué de forts bataillons religieux distingués entre novices et scolastiques. L’abbaye de Livry prend la relève pour une quinzaine d’années (1886-1900) dans la même ‘aura monastique’, mais sans cet effet, à la fois dramatisant et nostalgique, d’un ‘exil’ consenti. Sur place en Espagne, l’inculturation assomptionniste donne lieu à une forme de prolongement, par l’intermédiaire d’un collège tant à Madrid qu’à Calahorra; mais ces fondations sont de courte durée. Il faut attendre l’autre ‘exil’, celui consécutif aux années 1900-1902, pour que l’Assomption française, provoquée dans son ensemble au ‘grand large’ déjà en Orient, reprenne le chemin de nouvelles formes d’internationalisation.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Souvenirs 1886, n° 50, p. 321. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Collection des Souvenirs, 1884-1886, passim. Notices Biographiques