Estanislao (Stanislas) PYTKO – 1922-1984

Los Andes, 1957.
« Après bien des ajournements, le noviciat s’est transporté définitivement
à Los Andes. Le lundi 4 février,
dans un brûlant soleil d’été, les
12 novices avec leur maître ont pris le train vers la Cordillère. Les
premiers jours ont été durs et le changement pour le barrio alto a été
senti par tous. La maison et le jardin ont été préparés par le Provincial
et arrosés de ses sueurs et de son sang. Il reste beaucoup à aménager et à
nettoyer, il faut repeindre tous les murs construits en terre, sable et
paille hachée. Nous comptons sur l’aide de toutes les maisons dont l’ancien
noviciat de Santiago El Golf. Les jours passent vite,
partagés entre les préparatifs à la profession, le traité des vœux et le
travail manuel.
Neuf novices ont été admis à la première profession, deux
autres ajournés, 6 frères profès philosophes du Golf sont
venus ici faire leur retraite annuelle et renouveler leurs vœux. Nous avons
reçu le P. Georges Neusch, de Valparaiso, le P. Joachim Duret, de Mendoza,
le P. Floridor Vargas, du Golf: beaucoup d’honneur pour le noviciat, mais
surtout un appui et un encouragement. Voilà 9 ans que je suis au Chili, je
vais aller faire un tour en France le
7 juin prochain».

Notices Biographiques A.A

Religieux polonais de la Province de Bordeaux, transféré à celle de l’Amérique du Sud. Un religieux polonais au Chili. Né le 8 décembre 1922 à Ruda, Stanislas Pytko est baptisé le même jour à Polaniec, diocèse de Sandomierz-Radom en Pologne. Ses parents ayant émigré en France, ü fait ses études primaires à Potigny (Calvados) et à Voutré (Mayenne), puis il entre à l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire), de 1934 à 1937, et achève ses humanités à Cavalerie (Dordogne), de 1937 à 1940. Le 27 octobre 1940, il prend l’habit au noviciat de Pont-l’Abbé d’Amoult (Charente-Maritime), sous le même nom de Frère Stanislas et ü y prononce ses premiers vœux le 28 octobre 1941. le P. Régis Escoubas, son maître des novices, le dit un excellent sujet qui a encore à lutter contre sa trop forte sensibilité, mais qui a l’étoffe d’une vertu solide. Il va à Lormoy (Essonne) étudier la philosophie (19411943) et commencer ses études de théologie qu’il achève à Layrac (Lot-et-Garonne). Le P. Athanase Sage le présente comme une bonne et sérieuse vocation, bien à l’aise dans la vie communautaire. Le Frère s’est dévoué à la cordonneile pendant les années de guerre et ses résultats dans les études sont tout à fait satisfaisants. Profès perpétuel à Lormoy le 28 octobre 1944, il est ordonné prêtre à Layrac, le ler mars 1947. Après un an de professorat au collège Saint-Caprais d’Agen (Lot-et-Garonne), le P. Stanislas s’embarque pour l’Amérique du Sud en 1948. Il fait quelques mois de ministère à Saint-Martin de Tours à Buenos-Aires (Argentine), puis il gagne Santiago du Chili pour être affecté à la maison de formation de Nostra Segnora de Los Angeles (Santiago-El Golf) où il est professeur, puis maître des novices, fonction qu’il exerce depuis 1954 à Santiago et, de 1957 à 1962, à Los Andes. Il prend le nom de Père Estanislao. A.A Il y est au début maître des novices et curé de la paroisse, niais en 1959 les deux charges sont dissociées, le P. Christain Le Meur prenant la responsabilité de la paroisse. La juxtaposition des deux entités n’est guère favorable à la vie du noviciat. Par la suite des difficultés surviennent dans cette région entre le clergé et l’évêque de San Felipe, quant à certaines prises de position sociales et politiques du clergé favorable à des réformes agraires immédiates. Bien des raisons militent en faveur d’un changement de lieu pour le noviciat. Revenu à la maison de formation comme préfet des études pendant trois ans (1962-1965), il est de nouveau choisi comme maître des novices, cette fois à Las Condes pendant deux ans (1965-1967): il est le premier supérieur de cette nouvelle fondation. Ayant ainsi passé 17 ans au service de la formation assomptionniste, il revient en France suivre en 1967 un semestre pastoral à l’Institut Catholique de Paris. En février 1968, il s’embarque à Barcelone pour le Chili, voisinant avec quatre religieuses qui s’adonnent avec grande animation au jeu de cartes pour passer le temps, dans une atmosphè.re joyeuse et détendue. Il retrouve avec joie le Chili, résidant à Valparaiso d’abord et, en 1970, à Santiago, à la paroisse de Notre-Dame de Lourdes. Là il S’adonne à la formation des laïcs par des réunions et des contacts personnels. Ses homélies du dimanche, prononcées soit à la Grotte, soit à la Basilique, portent une dénonciation courageuse des injustices. A la suite d’un premier infarctus, ressenti en 1974, le Père Estanislao doit apporter un rythme plus lent à ses activités. Au début de l’année 1984, étant venu passer quelques jours à Valparaiso, alors qu’on l’attend pour la célébration d’une messe à 20 heures, on le trouve mort sur son lit, ayant entre les mains le texte de l’homélie qu’il devait prononcer. On y lit cette espérance de foi, très appropriée, empruntée au prophète Isaïe: ‘Pour les peuples qui marchent dans l’obscurité a brillé une grande lumière’. C’est le samedi 21 janvier 1984, le P. Estanislao a atteint l’âge de 62 ans. Sa dépouille est transportée à Santiago pour la cérémonie des obsèques. Religieux, amis et paroissiens expriment dans les larmes la grande affection qu’ils ont pour lui. Le Père est inhumé dans le caveau de l’Assomption, à Santiago.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 8-9. Asuncion Chile-Argentina, enero-febrero 1984, p. 10-18. Lettre du P. Stanislas Pytko au P. Wilfrid Oufault, Las Andes, 24 mars 1957. Dans les ACR, du P. Stanislas Pytko, rapports sur Santiago-El Golf (1952-1956), correspondances (1945-1968). Notices Biographiques