Eudes (Paul-Francois) HANHART – 1899-1992

Vers l’avenir.
« Les anniversaires et jubilés sont de très heureuses occasions de
témoigner nos sentiments. En cette 57ème année de mon sacerdoce, je suis
heureux de vous assurer de ma prière, garante de mon fidèle souvenir, et de
ma joie de savoir que vous assurez la direction de notre chère Assomption.
Je me suis penché sur les statistiques, j’ai fait des graphiques, ces
tableaux qui ont la caractéristique de présenter le passé et même l’avenir,
à vue humaine. La ligne descendante
prévoit, dans des circonstances inchangées, après 1059 religieux en 1987,
719
religieux en 1997 et 500 en
2007. En 2007, la moitié des religieux sera zaïroise. J’espère voir la
situation se relever, par diverses mesures que l’Esprit Saint nous
suggérera. Je vous en signale
une, l’ouverture de maisons de recrutement pour notre époque. Il y a
toujours des vocations. Autrefois on accuellait des vocations dites
tardives où huit en moyenne sur 10 arrivaient à la prêtrise. Pour ma part,
je suis le seul de mon année, comme Job, pour venir en témoigner. Dans une
maison genre vocations tardives, d’une tenue de haute qualité, alimentée
par la publicité dans La Croix, on veillera à s’occuper personnellement de
chaque jeune… »

Religieux de la Province de France, économe général de 1944 à 1964.

Parcours de formation ‘sui generis’.

Paul-François Hanhart est né le 7 août 1899 à Lyon (Rhône), avec la double nationalité française et suisse. Employé de banque au Crédit lyonnais (1912-1922), il fait son service militaire à Versailles et Grenoble (1918-1921), puis entre à la maison de vocations tardives de Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) en 1922, puis à Lorgues (Var) en 1923- 1924. Bien qu’il pense à la vie religieuse, il choisit d’aller au grand séminaire d’Annecy (Haute-Savoie) en 1924-1925. Il commence son noviciat à Taintegnies en Belgique, le 31 octobre 1925, sous le nom de Frère Eudes et prononce ses premiers v?ux le 1er novembre 1926. Après avoir complété ses études de philosophie à Saint-Gérard, il rejoint le scolasticat de théologie à Louvain où le 1er novembre 1929 il prononce ses v?ux perpétuels et où il est ordonné prêtre le 31 mai 1931. Sa première obédience l’envoie au noviciat de Nozeroy (Jura) pour être économe. Les novices l’apprécient. Plusieurs lui doivent d’avoir persévéré.

Economat général (1935-1964).

En septembre 1935, je suis affecté par le P. Gervais Quenard ad opera generalitia, avec résidence à Paris, avenue Bosquet. Le jour de mon arrivée, le P. Gervais me précise lui-même mes attributions, dans une énumération plutôt éblouissante. Je devais être, et aussitôt, l’adjoint du directeur des pèlerinages, le P. Charles Vitel, et l’adjoint de l’économe général, le P. Antonin Coggia. Ces deux Pères pensaient que je serais à leur disposition complète. Il leur fallut déchanter dès le départ. Des deux charges, c’est surtout la seconde qui occupe le P. Eudes, jusqu’à ce que la mobilisation l’enlève à ses employeurs.

Il revient à l’avenue Bosquet en 1940. En 1944, il devient économe général. Il réside désormais à la rue François ler. A l’époque, la Curie généralice passe une partie de l’année à Paris. La Bonne Presse est la grande affaire de l’économe général et du supérieur général. Les ressources de la Congrégation viennent essentiellement de la Bonne Presse. Depuis on a distingué les caisses et trouvé d’autres ressources. L’économe doit suivre de très près la santé financière de la maison, et c’est pour cela qu’il réside à Paris, jusqu’en 1960. Le Chapitre de 1952 reconduit le Père Eudes dans ses fonctions. En 1954, il retourne à l’avenue Bosquet. Il s’établit à Neuilly en 1958, à Rome en 1960. Le Chapitre de 1964 lui donne un successeur, le P. Henri Moquin. Le P. Wilfrid Dufault rappelle ainsi les circonstances: « comme économe général pendant mon premier mandat (1952-1964), le P. Eudes remplit ses fonctions avec un dévouement total. Les anciens se souviendront peut-être de sa discrétion extrême. Elle cadrait sans doute avec son tempérament lyonnais, mais elle avait été renforcée au contact du P. Antonin Coggia qui avait dû la pratiquer rigoureusement à l’époque des lois anti-congrégations. Le P. Eudes en avait retenu la tendance à tenir les comptes d’une façon qui les rendait difficiles à comprendre par autrui, ce qui rendit sa succession laborieuse jusqu’à ce qu’on ait réussi à tout déchiffrer et à constater que tout était bien en ordre. Le P. Eudes me semble avoir été si préoccupé d’observer cette discrétion qu’il lui était difficile de présenter un compte rendu détaillé et complet, surtout là où il devait s’adresser à un groupe, tel le Chapitre général. Pourtant je suis convaincu que son administration était probe et compétente, donc qu’il n’avait rien à cacher. N’empêche que l’apparence le rendit probablement quelque peu suspect aux yeux de ses confrères. Par la suite, beaucoup n’ont pu se rendre compte du dévouement et de la compétence avec lesquels le P. Eudes a servi la Congrégation. Aussi me semble-t-il que l’on n’a pas assez reconnu ses mérites. Il dut en souffrir. En tout cas, il se retira avec sa discrétion habituelle, avec son affabilité de toujours. C’est la disposition que je lui ai trouvée vingt ans après, lorsque j’eus le plaisir de le revoir..

Pérégrinations 1964-1992.

Le P. Eudes passe l’année 1964-1965 à Neuilly. L’année suivante il est à Valpré (Rhône) un peu égaré parmi les étudiants. Il aspire au silence, à la solitude, à la prière. En 1966, il est aumônier à Saint-Rambert en Bugey (Ain). En 1975 une autre expérience lui est proposée, en Belgique, à Ghoy, près de Bruges, aumônier des S?urs Ermites de la sanctification universelle. En novembre 1976, le voici à Coudrecieux (Sarthe), aumônier du Foyer Sainte-Elisabeth. Il lit beaucoup, rédige ses souvenirs. En juillet 1984, il rejoint la maison de repos de Layrac (Lot-et- Garonne) où il meurt le vendredi 13 mars 1992, nonagénaire, dernier assomptionniste né au XIXème siècle. Il est inhumé à Layrac, le 16.

Bibliographies

?Bibliographie et documentation:

Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 57-60. Assomption-France, Nécrologie années 1992-1993, p. 245-246. A Travers la Province (paris), 1992, n°87, p.13. Du P. Eudes Hanhart dans les ACR, rapports et comptes généraux (1937-1964), correspondances (1935-1988), dossiers d’études et de présentation sur Bayard-Presse. Lettre du P. Eudes Hanhart au P. Claude Maréchal, Layrac, 24 mars 1988. Notes autobiographiques du P. Eudes Hanart sur les PP. Antonin Coggia et Ernest Baudouy. En 1984, à 85 ans, le P. Eudes Hanhart rédige une analyse des faveurs attribuées au P. d’Alzon et rapportées par le bulletin de Layrac, Voulez-vous? (cf Dossier Vie et Vertus du P. d’Alzon, Documentation biographique II, p?. 1032-1033.