Eugène (Eugène-Victor-Joseph) DEOM – 1928-1990

Religieux-diacre permanent.

« La communauté du diaconat de Belgique m’ayant demandé d’écrire un article
sur le diacre religieux, je me suis exécuté. Mais avant de l’envoyer, je
désire connaître votre avis, aussi je vous envoie un double afin que vous
fassiez les remarques nécessaires, si jamais je n’avais pas suivi la ligne
droite. C’est sur la base des lectures que j’ai faites et de mes idées
personnelles que j’ai écrit cet article. Je sais que c’est incomplet et que
l’on pourrait dire encore bien des choses. Il me semble
cependant que l’essentiel y est. A vous de juger. Comme vous le savez, la
communauté du diaconat a sa session solennelle au début de mai à
Saint-Gérard, j’espère que le Fr. Aloys [Van Veen] a reçu son invitation.
Nous sommes toujours en attente. M. Vanesse espère que nos difficultés
seront aplanies sous peu car, dit-il, nous avons besoin de diacres aussi
chez les religieux. Ce serait pour moi une grande déception si cet appel ne
devait pas se réaliser. J’avais presque envie d’écrire au Général pour lui
dire le fond de ma pensée, mais je ne sais trop s’il faut
garder sa souffrance pour soi…
».
Fr. Eugène. 1970.

Eugène (Eugène-Victor-Joseph) DEOM

1928-1990

Religieux de la Province de Belgique-Sud.

Un premier parcours de religieux-frère.

Eugène Déom est né à Lamouline en Belgique, au diocèse de Namur, le 17 avril 1928, dans une famille très chrétienne et très unie. Une de ses sœurs choisit la vie religieuse missionnaire en Equateur. En 1939, Eugène entre à l’alumnat de Bure (1939-1943). Il prend l’habit religieux le 28 septembre 1948 à Taintegnies et prononce ses premiers vœux le 29 septembre 1949: « De caractère un peu vif, mais dévoué et se donnant de tout cœur, agréable de compagnie, c’est un excellent frère qui donne à tous une impression excellente ». C’est à Bure qu’il prononce ses vœux perpétuels le 29 septembre 1952.

Au service des communautés de Belgique-Sud.

La vie religieuse du frère Eugène se déroule en trois principaux lieux: à Bruxelles, de 1950 à 1958, où il est chargé de l’entretien de la chapelle de La Madeleine, près de la gare centrale, pour le service de la sacristie et de l’accueil; à Gosselies, au collège Saint-Michel, de 1938 à 1962, où il est responsable du service de l’entretien, notamment auprès des jeunes étrangers venus de Suisse travailler ‘au pair’; enfin à Saint-Gérard, de 1962 à 1990, pendant 28 ans, d’abord de 1961 à 1968 à l’abbaye comme cuisinier. Quand l’abbaye, vendue en 1974, devient une ‘auberge de jeunesse’, il assure la transition nécessaire auprès de cet organisme. Il est souvent appelé en renfort pour organiser un accueil devenu pluraliste. Il passe ensuite au service de la communauté, installée à côté, dans le prieuré Notre-Dame des Gràces où il réside à partir de 1976, après un court séjour de trois mois à Bambois. Bon confrères spontané, prompt au service et attentionné, le Frère Eugène sait manier avec équilibre humour et sérieux, gravité et plaisanterie, action concrète et idéal intact.

Un peu centralisateur et un brin autoritaire, il donne parfois prise à l’image traditionnelle de l’Ardennais têtu. Sa foi simple et solide, au service de l’action en faveur de l’Eglise, aime transiter par l’itinéraire conseillé, la dévotion à Marie qu’il invoque et prie sans se lasser.

Une rareté à l’Assomption, un Frère-diacre permanent.

Religieux-Frère, Eugène a toujours nourri le désir d’une vie apostolique dans des services ministériels. Le concile de Vatican II promeut à nouveau dans l’Eglise latine la fonction de diacre permanent à laquelle le Frère Eugène demande de préparer. Il reçoit l’ordination diaconale le 4 octobre 1970 et est appelé à rendre de nombreux services dans l’accueil paroissial, la catéchèse des jeunes, les patronages, les fonctions de ministre ordonné pour le baptême et les funérailles, remplissant ce qu’il nomme ‘le service de Dieu dans les autres’. Devenu l’un des premiers diacres du diocèse, il garde constamment le souci de participer à des activités pastorales et à des rencontres de diacres. Cette grâce du diaconat lui inspire une nouvelle ferveur et une grande générosité dans les différentes tâches qui lui sont confiées.

Viens partager la joie de l’éternité.

En 1989, les capacités respiratoires du Frère Eugène se réduisent fortement. Il est maintes fois hospitalisé. Le mardi 15 mai 1990, il reçoit en communauté le sacrement des malades. Une ambulance le transporte peu après à la clinique de Mont-Godinne où il meurt le jeudi 17 mai 1990, vers 10 heures. Une religieuse, Sœur Gertrude est témoin de ses derniers moments: « Le Frère Eugène vit vraiment sa maladie en union avec le Christ. Il y a comme une zone sacrée autour de lui comme une sacralisation de la souffrance ». Le 21 mai, les obsèques sont célébrées à Saint-Gérard par le P. Vincent Vandermeerschen qui sait rappeler les grandes étapes de la vie de ce frère. L’animateur paroissial du lieu, Jean-Claude Genard, souligne pour sa part les qualités apostoliques du Frère Eugène dont le corps est inhumé dans la propriété des religieux à Saint-Gérard, jouxtant le cimetière..

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p. 92-93. Belgique-Sud Assomption 1990, n° 205, p. 2580-2581. Le Frère Eugène Déom est l’auteur d’un article-témoignage sur son choix de religieux diacre-permanent, Saint-Gérard, mars 1970, 3 pages. Notices Biographiques